«Hunt for the Wilderpeople» de Taika Waititi présenté à Fantasia 2016 | Bible urbaine

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«Hunt for the Wilderpeople» de Taika Waititi présenté à Fantasia 2016

«Hunt for the Wilderpeople» de Taika Waititi présenté à Fantasia 2016

Bienvenue chez les Kiwis

Publié le 20 juillet 2016 par Alyssia Duval

Crédit photo : The Orchard

Ayant conquis à peu près tous les amateurs de cinéma de genre sur Terre grâce à son désopilant What We Do in the Shadows en 2014, Taika Waititi est un éternel chouchou du circuit des festivals. Bien que ce faux documentaire sur une bande de vampires franchement ringards (mais ô combien attachants!) corresponde un peu mieux aux inclinations habituelles des programmateurs de Fantasia, la toute dernière proposition du cinéaste néo-zélandais pourrait tout de même s’avérer la plus rafraîchissante qu’ils aient déniché cette année.

Hunt for the Wilderpeople débute alors que Ricky Baker, du haut de ses treize ans, est escorté jusqu’au beau milieu de la campagne pour s’installer, non pas sans dédain, chez une énième famille d’accueil. D’abord déterminé à fuguer dès la première occasion, il réalise assez rapidement que rien ne sert de courir lorsqu’il n’y a que forêts et montagnes à des kilomètres à la ronde. Lentement, mais sûrement, il prendra goût à la vie quotidienne avec Aunt Bella et Uncle Hec, jusqu’au jour où il devra s’enfuir dans les bois aux côtés de ce dernier pour éviter d’être à nouveau délogé par les services de la protection de l’enfance.

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D’après un roman de Barry Crump intitulé Wild Pork and Watercress (1986), ce quatrième long-métrage de Taika Waititi n’est rien de moins que du bonbon à l’état pur, autant pour l’âme que pour les yeux. S’appropriant à merveille les paysages majestueux de la Nouvelle-Zélande, il ferait d’ailleurs une excellente brochure touristique pour cette contrée enchanteresse qui n’a jamais si bien servi un film depuis la trilogie Lord of the Rings.

Avec son penchant pour la théâtralité, un montage réglé au quart de tour, la charmante insanité de ses (anti-)héros et leur fabuleux sens de la répartie, le réalisateur s’inspire visiblement de la griffe pourtant si singulière de Wes Anderson et de son inoubliable Moonrise Kingdom. S’élevant bien au-delà de la vulgaire imitation, cependant, Hunt for the Wilderpeople est ancré dans un univers bien à lui, débordant d’humour et d’un optimisme contagieux que l’on apprécie surtout par la présence d’une certaine mélancolie, saupoudrée çà et là au travers du récit.

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Cette œuvre a un cœur qui bat et un corps qui respire; ses deux poumons ayant pour noms Sam Neill et Julian Dennison. D’une part, l’acteur vétéran que l’on reconnait notamment pour son rôle emblématique dans les Jurassic Park n’a rien perdu de son aplomb et, d’une autre, son jeune acolyte brille de sa maîtrise irréfutable des airs blasés, sourcils froncés et autres attitudes caractéristiques d’un authentique wannabe-Kanye. Si le scénario d’une amitié improbable entre un vieil homme grincheux et un enfant inadapté n’a rien de spécialement original, celui-ci a le mérite de ne pas être tombé dans le piège des personnages unidimensionnels, soutenu par un duo d’énergumènes tellement drôles et adorables qu’on ne pourrait refuser d’assister à leur grande épopée.

Décidément, Taika Waititi est un véritable hurluberlu et le plus beau cadeau que la Nouvelle-Zélande ait pu offrir au cinéma depuis une bonne décennie, tout au moins… No offense, Mr. Peter Jackson!

Hunt for the Wilderpeople prend l’affiche à Montréal dès vendredi.

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