Betty Bonifassi présente son album homonyme | Bible urbaine

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Betty Bonifassi présente son album homonyme

Betty Bonifassi présente son album homonyme

Un premier opus bordé par la grâce du passé

Publié le 23 septembre 2014 par Jim Chartrand

Crédit photo : http://l-abe.com/betty-bonifassi/

Bien habitée de ses trente années de carrière et des nombreux projets qui ont su charmer la planète, que ce soit les Triplettes de Belleville, son ex-groupe Beast ou sa collaboration avec DJ Champion, Betty Bonifassi s'émancipe finalement avec son premier album homonyme, qui porte en lui toute la force du passé qui a construit notre Amérique comme on la connaît aujourd'hui.

Les influences de la douce à la voix suave sont nombreuses et on se fait plaisir à découvrir la richesse de ses explorations. Librement et ambitieusement inspirée des chants des esclaves africains qu’a su archiver Alan Lomax, voilà que Betty Bonifassi insuffle tour à tour toute l’inventivité de sa créativité visionnaire.

Ainsi, on s’imagine aisément dans les champs de coton lors de la pièce d’ouverture «Prettiest Train», alors que l’électro swing de «Grizzly Bear» et le funk de «How Does it Feel» ont certainement l’éloquence nécessaire pour déhancher les foules comme seule Bonifassi en a d’ailleurs toujours eu le secret. Dans la même lignée d’éloges, que dire de l’envoûtant soul de «Working Down»? Tout simplement hypnotisant!

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Fort d’un travail de recherche qui découle d’un tout aussi long processus de création, on salue l’aisance qui se fait ressentir, celle-là même qu’affichait l’artiste lors de son magnifique spectacle Le tombeau des trottoirs, qui reprenait avec fougue d’immortels classiques de la musique française. En construisant et déconstruisant le passé à sa façon, Bonifassi fait le pont entre les époques et les générations et livre des chansons à la progression significativement percutante.

Parfait pour une époque post-12 Years a Slave, long-métrage triplement oscarisé qui a su chavirer Hollywood et tout le reste de la planète cette année, disons que cet album a entièrement sa place dans le paysage musical du moment. Après tout, si les douze pièces de l’album sont toutes plus splendides les unes que les autres, et ce, pour diverses raisons, une seule écoute de la sublime «No More My Lawrd» permet de saluer la quintessence d’une artiste exemplaire en pleine possession de ses moyens et qui est loin d’avoir dit son dernier mot.

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