«Hardwired...To Self-Destruct» de Metallica | Bible urbaine

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«Hardwired…To Self-Destruct» de Metallica

«Hardwired…To Self-Destruct» de Metallica

Le retour des géants du thrash

Publié le 22 novembre 2016 par Isabelle Lareau

Crédit photo : Blackened

Le groupe culte a fait paraître un nouvel opus le 18 novembre dernier, le premier en huit ans. Contrairement à ce que le titre laisse sous-entendre, ce disque est le fruit d’un travail réfléchi; il ne s’agit d’aucunement de l’implosion de Metallica. Les admirateurs attendaient avec anticipation de nouvelles chansons, quelque chose qui soit davantage dans la veine de St. Anger (2003) que de Death Magnetic (2008).

Les fans verront leur patience récompensée. Bien qu’inégale, cette offrande est solide et possède quelques morceaux vraiment intéressants. Il y a les extraits «Moth Into Flame» et «Here Comes Revenge» qui contiennent des jeux de guitare et des solos lacérants, bien que les paroles soient simplistes, ennuyeuses. Les excellentes «Hardwired» et «Atlas, Rise!» ressemblent à que ce que Metallica a l’habitude d’offrir, le rythme est rapide et très thrash. La chanson «Confusion», au contraire, est très lente, bien que dense, et peu inspirée.

«ManUNkind» et «Now That We’re Dead» sont quelque peu édulcorées, prévisibles et manquent de puissance. «Halo On Fire» se distingue du son habituel de Metallica. C’est également le cas de «Dream No More» (qui fait penser à «Sad But True») et «I Am Savage», qui présentent une saveur plus rock que métal, bien que l’on parvienne à entendre des notes rappelant la musique de Black Sabbath.

Ce disque n’est pas une réinvention et il contient certains des éléments typiques que l’on associe à Metallica. Par contre, les guitares se sont affinées, mais la batterie s’essouffle. Peut-être est-ce dû au travail du réalisateur Greg Fidelman (Slayer, Slipknot, System of a Down…), car le son de la batterie semble amoindri, voire isolé. De plus, Hetfield chante davantage, alors qu’auparavant, il criait, utilisant une voix plus grave. Certaines chansons présentent des sonorités dignes de leurs débuts, telles que «Lords Of Summer» et «Murder One» (la vidéo pour ce titre est un dessin animé qui rend hommage au regretté Lemmy de Motörhead). En ce qui a trait aux textes cependant, on remarque une certaine lacune, Hetfield et Ulrich optant pour la facilité et préférant les clichés.

Ce disque double plaira aux admirateurs. Cependant, il faut écouter Hardwired…To Self-Destruct à quelques reprises pour l’apprécier. L’auditeur sera peut-être prisonnier du souvenir qu’il avait de la pesanteur du quatuor qui, à l’époque, constituait une fracture avec la musique populaire. Aujourd’hui, plusieurs groupes métal ont eu l’occasion de peaufiner l’art de la musique rapide, lourde et sombre, l’effet de nouveauté par rapport au son heavy s’est estompé. Cela pourrait expliquer pourquoi la première impression de cet album peut se traduire ainsi: «les gars ont perdu leur mordant», alors que ce n’est pas nécessairement le cas. Par ailleurs, il y a fort à parier que ces nouvelles chansons fonctionneront très bien lorsque jouées sur scène puisqu’elles dégagent beaucoup d’énergie.

Par ailleurs, le groupe de Los Angeles a pris soin de mettre en place une campagne marketing importante; quelques nouvelles flèches sont décochées à l’égard de Napster, bien que leur discographie soit désormais disponible sur la plateforme, chaque titre de ce nouvel opus a eu droit à un clip, quelques concerts pour les membres du fan club ont été offerts (le 29 novembre, 1000 Torontois pourront ainsi les voir à l’Opera House)… De plus, Hardwired… To Self Destruct fut commercialisé en tant qu’album double, alors que l’opus ne contient que douze chansons (treize sur la version de luxe). Et il y a l’hilarante reprise d’«Enter Sandman» avec Jimmy Fallon et The Roots.

L’ombre du monstre

Cette offrande est accompagnée d’une rediffusion du documentaire Some Kind of Monster (réalisé par Joe Berlinger et Bruce Sinofsky). Paru originalement en janvier 2004, celui-ci relate les évènements entourant la conception de St. Anger, entre 2001 et 2003. Jason Newsted avait quitté le groupe depuis peu et c’est le réalisateur Bob Rock qui a joué de la basse afin de compléter le disque. De plus, Metallica vivait une période difficile; Kirk, Lars et James engagèrent un thérapeute qui fût très présent pendant tout le processus d’enregistrement. Pourtant, sa contribution fut critiquée (et l’édition est peu objective: ses propos sont souvent présentés comme un bruit de fond et le son diminue lorsqu’il parle), les membres de la formation étaient conscients des tensions, mais se prêtaient à l’exercice dans le but de trouver une nouvelle façon de créer un album.

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C’est également dans cette optique qu’ils arrivèrent en studio sans avoir de matériel au préalable, afin que tous puissent contribuer aux différents aspects, que ce soit les paroles, la batterie, la guitare… Les spectateurs comprennent que le chanteur et batteur ont de fortes personnalités, ce qui a causé de nombreuses confrontations, tandis que Kirk a accepté le rôle du médiateur. Ce qui est étonnant par rapport à ce documentaire, c’est que le scandale entourant le partage gratuit, et sans la permission, de la musique du groupe sur le site Napster n’est presque pas abordé. Un accès sans précédent par rapport à certains moments intimes et difficiles, alors que des moments charnières sont absents.

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