Julie Blanche présente son premier album homonyme | Bible urbaine

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Julie Blanche présente son premier album homonyme

Julie Blanche présente son premier album homonyme

Heureuses collaborations

Publié le 30 mars 2015 par Alice Côté Dupuis

Crédit photo : Coyote Records et Julie Artacho

Peu de lumière pénètre dans les ambiances parfois éthérées et souvent sombres de Julie Blanche, qui a offert le 3 mars dernier son premier projet complet, un album homonyme, après un EP en 2013. Obscures sans pour autant être lourdes, les lentes ballades de Julie Blanche nous plongent dans un état apaisant, comme si le brouillard et la noirceur – celle des arrangements - ne pouvaient que faire place à la clarté: celle de sa voix.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit: une dichotomie entre l’univers mélancolique majoritairement en mineur et la voix claire et lumineuse de Julie Blanche qui, d’un seul coup, nous calme, ce qui est un atout majeur. Celle qui a terminé à la seconde place des Francouvertes en 2014 a parcouru du chemin depuis le concours, et si elle a repris sur son disque les trois pièces offertes sur son EP en 2013 («Comme un décor», «La maison d’hier» et «Presque»), sa meilleure décision aura malgré tout été de continuer ses précieuses collaborations.

Il n’y a pas de cachettes là: c’est Antoine Corriveau qui est derrière l’intégralité des textes de Julie Blanche, à l’exception du brillant cri du cœur aérien «La vie facile», offrande de Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque). On reconnaît tout de suite, dès le premier extrait «Deux visages», mais surtout sur des pièces comme la très jolie «Le fleuve au complet» qui comprend de douces envolées vocales et «La maison d’hier», le son et la plume de Corriveau. Sa voix grave et éraillée s’accorde d’ailleurs de très jolie façon avec celle de Julie Blanche, notamment sur «La maison d’hier». Mais il faut dire que l’appropriation des textes par la chanteuse et sa voix franche insufflent aux compositions graves un peu plus de lumière, du moins des lueurs d’espoir.

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Ses chansons révélatrices et très imagées, traitant beaucoup de la nature, mais aussi de relations amoureuses incertaines, sont majoritairement tissées d’un fil qui nous conduit d’un point à un autre, sans passer par un refrain qui viendrait encombrer le récit. Le tout est bien ficelé, mais il ne faut pas sous-estimer l’apport des tambours, batterie et autres percussions de Stefan Schneider et du cor français de Pietro Amato, qui apportent ici et là des touches singulières et hautement appréciées. «Presque» réussit à nous bercer tranquillement malgré les percussions variées et bien assurées, alors que la magnifique «Les amours immobiles» va chercher une sensibilité plus grande encore grâce au cor français. Les deux instruments se joignent à la toute fin de «Comme un décor», pour prouver toute leur force, en opposition avec la fragilité avouée de Blanche.

Julie Blanche n’a rien à envier à personne, mais il faut avouer que les collaborations que l’on retrouve sur son premier album, Julie Blanche, auxquelles s’ajoutent Mathieu Charbonneau à la réalisation, mais aussi aux orgues, synthétiseurs, wurlitzer, piano et baryton, et Cédric Dind-Lavoie à la contrebasse, basse électrique et percussions, ont permis de la faire sortir un peu des profondeurs des Ombres (longues) de son fidèle collaborateur et petit ami Corriveau, et de faire ressortir ce qu’il y avait de lumière en elle pour créer un mariage tout à fait heureux.

L’album homonyme de Julie Blanche est paru le 3 mars 2015 sous l’étiquette Coyote.

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