«Le garçon au visage disparu» de Larry Tremblay au Théâtre La Licorne | Bible urbaine

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«Le garçon au visage disparu» de Larry Tremblay au Théâtre La Licorne

«Le garçon au visage disparu» de Larry Tremblay au Théâtre La Licorne

Comme un film de peur, mais songé

Publié le 17 novembre 2016 par Alexandre Provencher

Crédit photo : Jean-Charles Labarre

Rien, rien, rien ne laissait présager une pièce où il allait être question de zombies, de vieille sorcière et d’exorcisme. Oscillant entre réalité et fantastique, humour et frayeur, Le garçon au visage disparu se penche sur l’adolescence, ses crises, mais surtout sur la construction de l’identité. C’est un sujet certes riche, mais traité de manière un peu légère puisqu’on est invité dans un film de peur pour ados…

Le garçon au visage disparu repose sur une intrigue simple: un matin durant lequel sa routine est brisée, une mère découvre son adolescent sans visage, dans sa chambre congelée. Elle ne peut rien faire. Prise de panique, elle cherche de l’aide auprès d’un policier borné, d’un médecin «Tanguy» et d’un prêtre apeuré de pratiquer un exorcisme (tous interprétés comiquement par Christian E. Roy).

Au gré de ces rencontres, on constate que la mère et le fils doivent composer seuls avec cette situation inextricable qui est liée, on le comprend rapidement, avec la disparition du père en Afrique. La pièce est parsemée de retours en arrière qui permettent de pénétrer dans l’univers singulier de cet ado fasciné par les zombies et les morts-vivants, et attiré par une morbidité peu familière.

Tout cet environnement, idéalisé et mis en mots par Larry Tremblay, s’agglutine autour d’un suspens à la fois caricatural, léger, caustique, mais peut-être un peu ardu. Dans un premier temps, bien que qualifiée de métaphorique, cette pièce est truffée d’un humour franc qui arrache aux spectateurs beaucoup de sourires ou de rires qui peuvent s’arrêter là.

Mais, dans un deuxième temps, elle renferme en elle-même une vision pertinente sur l’adolescence, sur la construction de l’identité, sur la technologie, sur les relations familiales: une métaphore pourtant peu facile à comprendre. C’est d’ailleurs, sur ce point que la maïeutique de Larry Tremblay fait défaut.

Tout comme un adolescent en pleine quête d’identité, le spectateur peut décrocher si on lui en demande trop.

La mise en scène de Benoît Vermulen s’articule autour de quelques points d’action ciblés qui sont modelés tout au long de la courte pièce. Effectivement, on découvre presque sept lieux différents en moins d’une heure, et ce, avec des éléments de décor fort simples.

Quant à sa direction des comédiens, elle est uniforme. Ils sont caricaturaux, presque trop, dans leur rôle. Et, malgré une nervosité bien palpable durant les cinq premières minutes, les quatre interprètes dosent bien les moments de grandes tensions.

Julie McClemens demeure constante et c’est à la scène finale qu’elle tire son épingle du jeu.

«Le garçon au visage disparu» est une pièce de Larry Tremblay, mise en scène par Benoît Vermeulen. Elle est présentée au Théâtre La Licorne jusqu’au 25 novembre 2016.

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