«Les Diablogues» au Théâtre du Rideau Vert | Bible urbaine

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«Les Diablogues» au Théâtre du Rideau Vert

«Les Diablogues» au Théâtre du Rideau Vert

Une logique sans faille

Publié le 3 avril 2016 par Sara Thibault

Crédit photo : Jean-François Hamelin

Jusqu'au 23 avril, le Théâtre du Rideau Vert présente la pièce Les Diablogues, de Roland Dubillard, dans une mise en scène de Denis Marleau. Dans une quinzaine de dialogues loufoques et absurdes, six personnages discutent avec simplicité de sujets aussi tordus qu'existentiels.

S’étant frotté notamment aux textes de Beckett, de Jarry, de Tzara et de l’Oulipo, Denis Marleau poursuit son travail sur le théâtre de la parole où les malentendus, les quiproquos et les sophismes pullulent. En plus d’être acteur et auteur, notons que Daubillard était logicien, ce qui l’a amené à créer des univers où la parole et les mots occupent une place prépondérante. Marleau a d’ailleurs fait un travail minutieux de sélection parmi l’immense corpus que forment les Diablogues et les Nouveaux Diablogues pour n’en choisir qu’une quinzaine.

Pour incarner ces personnages, Marleau a fait appel à une équipe de complices: Sylvie Léonard, Carl Béchard, Bruno Marcil, Isabeau Blanche et Bernard Meney, à laquelle s’est ajouté Olivier Morin, qui joue également pour la première fois sur la scène du Théâtre du Rideau Vert. Tous les acteurs ont su mettre leur talent au service du texte de Dubillard et mettre en relief les névroses petites ou grandes de leur personnage. Sylvie Léonard est particulièrement hilarante dans ses multiples épisodes d’hypocondrie où elle peine à s’habituer au poids de son existence.

Si les costumes de Linda Brunelle et les coiffures d’Angelo Barsetti sont délicieusement straight pour tout le monde, Isabeau Blanche est certainement celle qui incarne le mieux le mauvais goût: souliers noirs et orange rappelant des bottes de caoutchouc, chaussettes bleu pâle, costume dans un dégradé de teintes de beige et cheveux aplatis et retenus sur le côté par une barrette…

Toutefois, le plus grand mérite du spectacle réside dans l’harmonie entre les projections vidéo de Stéphanie Jasmin, la scénographie de Stéphane Longpré et les éclairages de Marc Parent. Grâce à leur travail en étroite collaboration, ils sont arrivés à créer une atmosphère fort réaliste qui fait un agréable contrepoids à l’absurdité des personnages. Cette volonté de mettre au service des personnages l’intégration d’images projetées est d’ailleurs au cœur de la démarche du théâtre UBU.

Grâce à l’utilisation de la vidéo, les quinze tableaux des Diablogues figurent autant lieux propres à chacune des scènes d’énonciation. Alors que les images vidéo représentent les différents espaces – souvent des intérieurs d’appartements bourgeois – certains éléments se prolongent en trompe-l’œil dans le décor. Plusieurs tableaux présentent des fenêtres laissant voir un paysage extérieur où l’on peut observer le frémissement des feuilles au vent et le mouvement des nuages. Les éclairages appuient également cette illusion de réel en reproduisant artificiellement sur scène l’ombre des cadres de fenêtres et la lumière naturelle du jour.

Terminons finalement en mentionnant l’apport musical et sonore précieux de Jérôme Minière dans les transitions entre les tableaux. À partir de différentes onomatopées prononcées par les interprètes – parfois préenregistrés, parfois énoncés en direct – il s’est amusé à créer des courtes mélodies ludiques et enfantines qui s’harmonisent bien avec l’apparente simplicité des dialogues.

L'événement en photos

Par Jean-François Hamelin

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