5 œuvres culturelles pour mieux se familiariser avec les peuples autochtones | Bible urbaine

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5 œuvres culturelles pour mieux se familiariser avec les peuples autochtones

5 œuvres culturelles pour mieux se familiariser avec les peuples autochtones

Pour décoloniser notre histoire

Publié le 8 octobre 2020 par Clara Mercier

Crédit photo : Tout droits réservés

Dans la foulée des évènements entourant la mort tragique de Joyce Echaquan, une Atikamekw de la communauté de Manawan, les réactions ont été très fortes et avec raison. Plusieurs se sont rendu compte de l’omniprésence du racisme systémique dans nos institutions, ce qui a apporté une bonne dose de remise en question et de débats sur la place publique. Pour en apprendre davantage sur les différents enjeux de cette histoire tronquée et pour mieux comprendre les fondements des relations complexes entre Autochtone et non-Autochtone, je vous présente cinq initiatives provenant de la sphère culturelle québécoise qui, comme moi, vous aidera à développer votre sens critique tout en rendant hommage à la vie culturelle autochtone.

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«Laissez-nous raconter: L’histoire crochie» (balado)

La découverte de ce balado, dans le cadre d’un cours d’introduction aux mondes autochtones, a eu l’effet d’une douche froide sur mon esprit colonisé par des livres d’histoire tronquée.

Laissez-nous raconter: L’histoire crochie, produit par la compagnie de production documentaire Terre Innue, en collaboration avec Radio-Canada, passe le bâton de parole aux Premiers Peuples afin d’entendre leur point de vue de l’histoire, «crochie» par une vision purement colonialiste.

Animé par la poétesse innue Marie-Andrée Gill, chacun des onze épisodes s’attarde sur la décolonisation d’un mot, lourd de préjugés, en y partageant des entrevues effectuées auprès d’Autochtones de différentes régions et générations.

Au final, on y découvre un visage différent du récit colonial qui vient ébranler notre rapport à l’histoire, et ce documentaire a le don de nous ouvrir les yeux sur un peuple qui a tout autant sa place que nous.

«Je m’appelle humain» de Kim O’Bomsawin (documentaire)

Ce long métrage documentaire, réalisé par la réalisatrice d’origine abénakise Kim O’Bomsawin, est sorti tout récemment. En effet, il a été présenté en première mondiale le 18 septembre 2020 au Festival de cinéma de la ville de Québec.

Ce documentaire nous emmène à découvrir l’histoire d’un peuple vieux de plusieurs milliers d’années. Ce voyage se fait aux côtés de la poétesse innue Joséphine Bacon qui, par l’écriture, se fait porte-parole de ses ancêtres, participant ainsi à la survie de son patrimoine: «Je me suis faite belle, pour qu’on remarque la moelle de mes os, survivante d’un récit qu’on ne raconte pas». On y découvre l’histoire d’une culture pour laquelle un peuple se bat afin qu’elle ne sombre point dans l’oubli.

C’est sans retenue que je vous invite à visionner ce documentaire!

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«Shuni» de Naomi Fontaine (roman)

Aussi, je vous invite à découvrir le roman Shuni de la romancière innue Naomi Fontaine.

Ce livre prend la forme d’une longue lettre à l’intention de Shuni, une jeune Québécoise venue en aide aux Innus dans la communauté même de l’autrice. Elle y peint les paysages, les visages et le doute qui forgent l’histoire et l’actualité du peuple colonisé.

Le souffle de cette lettre porte la force et le désir de briser les préjugés en faisant la lumière sur la réalité et la complexité des peuples autochtones.

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«The Ballad of the Runaway Girl» d’Elisapie Isaac (album)

Peut-être connaissez-vous déjà l’autrice-compositrice-interprète Inuk Elisapie Isaac, qui a sorti l’album The Ballad of the Runaway Girl en 2018?

Cet opus contraste avec ses œuvres précédentes en ce qu’il navigue dans le «ressenti» plus que dans «l’intellectualisation». En fait, il s’incarne dans un contexte de grandes remises en question de la part de l’artiste tout en étant un retour aux sources.

La découverte de cette œuvre en langue inuktitute apporte un souffle nouveau à mon répertoire musical et émotif. Je vous invite à vous laisser porter et habiter par cet univers de sons, de mots et de poésie.

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«La survie de nos enfants» d’Alanis Obomsawin (documentaire)

C’est dans le cadre d’un cours à l’université que j’ai découvert le documentaire La survie de nos enfants de la cinéaste d’origine abénakise Alanis Obomsawin.

Ce dernier est disponible sur le site de l’Office national du film du Canada. Ce long métrage nous fait découvrir une problématique historique au cœur de la relation entre le colonisateur et les Premiers Peuples: la question des droits ancestraux. On y démontre la détermination du peuple mi’gmaq de Listuguj qui cherche à défendre ses droits fonciers qui lui permettent de gérer lui-même les ressources naturelles de son territoire traditionnel.

Voilà une oeuvre cinématographique très pertinente pour mieux comprendre la lutte des Premières Nations!

Ce survol terriblement incomplet des différentes initiatives culturelles au service de la prise de parole des Autochtones démontre bien la tempête qui gronde sous le semblant de calme et de normalité, perçu par les Allochtones.

Je vous invite à sortir des sentiers battus par une logique colonialiste, parsemée d’angles morts, et à découvrir une réalité trop longtemps ignorée, et surtout, incomprise…

Je vous souhaite une bonne lecture… et-ou un bon visionnement!

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