«Dans la peau de...» Pierre Houle, scénariste, réalisateur et formateur à L'inis | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» Pierre Houle, scénariste, réalisateur et formateur à L’inis

«Dans la peau de…» Pierre Houle, scénariste, réalisateur et formateur à L’inis

Les gens que l'on rencontre créent les points tournants d'une carrière

Publié le 21 septembre 2018 par Éric Dumais

Crédit photo : L'inis et Stéphan Doe

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d'en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur de se glisser dans sa peau, l'espace d'un instant. Cette semaine, nous avons interviewé Pierre Houle, scénariste, réalisateur et formateur à L'inis, pour en savoir plus sur son parcours professionnel ainsi que sur les formations en écriture qui seront mises à l'honneur lors de la séance d'information du 11 octobre à 18h.

*Cet article a été commandité par L’inis.

1. Pierre, depuis tes balbutiements comme assistant-réalisateur à l’aube des années 1980 jusqu’à ton rôle de réalisateur émérite sur des séries populaires telles qu’Omerta, Scoop et Tag, force est d’admettre que tu as accumulé de multiples chapeaux en exerçant ton métier de cinéaste. Par hasard, est-ce que les moments charnières de ta carrière se résument en quelques lignes?

«J’ai commencé dans le département des photocopies dans des bureaux de production. Je ne pouvais pas être plus au bas de l’échelle que ça! J’ai ensuite fait plusieurs départements pour avoir une bonne vision de la façon dont on fait des films. J’ai commencé avec une plug, c’est toujours comme ça au cinéma; ça commence avec les personnes que tu rencontres.»

«Le premier point tournant c’est quand j’ai assisté Francis Mankiewicz, réalisateur des Bons débarras et Les portes tournantes. Il se cherchait un aide-réalisateur, et c’est moi qu’il est venu chercher. Je venais d’achever Les filles de Caleb. C’est d’ailleurs de lui que j’ai adopté ma méthode de travail. Ç’a été mon maître. J’ai beaucoup appris de lui. Et j’en ai vu des réalisateurs! Des Américains, des Français, des Québécois, des Canadiens anglais… de chacun tu apprends, mais ç’a été lui ma plus grande source d’inspiration.»

«Puis Robert Ménard (Cruising Bar 1 et 2) m’a donné ma première chance comme réalisateur. Il m’a demandé si je voulais prendre la relève de Georges Mihalka. Ce fut une chance fantastique! J’ai pu faire mes classes pratiques avec vingt-deux épisodes de Scoop. C’est ensuite que j’ai fait la rencontre de la productrice Francine Forest, aujourd’hui directrice du programme Écriture de long métrage à L’inis, et qui m’a alors demandé si je voulais réaliser Omerta. J’ai dit oui. On a travaillé 25 ans ensemble. Trouver une productrice comme ça, c’est comme trouver une mine d’or, une richesse, un alter ego

«Ce sont les gens que tu rencontres qui créent les points tournants de ta carrière.»

2. À un moment de ta carrière, tu as ressenti cette envie irrépressible de transmettre ton savoir à la relève de demain. Qu’est-ce qui t’a motivé à jouer ce rôle de formateur, voire de mentor, pour de jeunes passionnés du septième art comme toi?

«À un moment donné, dans ce métier, tu deviens un peu moins la saveur du mois. Aujourd’hui, sur les plateaux, c’est l’inverse de ce que j’ai connu quand moi j’étais jeune: on n’a plus le temps de montrer comment ça se fait un film. Le mot d’ordre, c’est qu’il faut que ça aille vite! Moi, on m’a montré, j’ai eu des mentors, des gens qui ont pris le temps de m’expliquer comment bien faire les choses. Et c’est essentiel. Aujourd’hui, j’ai 40 ans de métier, et ça serait un peu con de partir et de ne rien montrer de ce que j’ai appris!»

«L’inis fonctionne d’une façon différente des autres écoles, parce que l’apprentissage est plus pratique que théorique. À L’inis, c’est l’idée du transfert d’expérience de quelqu’un qui a les deux pieds dans le métier qui prédomine. Et c’est adapté à chacun, qu’il soit scénariste, producteur ou réalisateur. On a très peu d’élèves, on a donc le temps de bien les encadrer et de travailler sur leurs faiblesses. Leurs forces, bien sûr on les encourage, mais on peut aussi aller dans le très pointu dans l’apprentissage et le complément de leurs connaissances.» 

3. En plus d’être scénariste, réalisateur et script éditeur, tu es également formateur à L’inis, le centre de formation professionnelle par excellence du secteur de l’audiovisuel à Montréal. Peux-tu nous glisser quelques mots sur la qualité de l’enseignement à L’inis, surtout basée sur la pratique et les aléas des plateaux de tournage?

«Peu importe ton niveau, peu importe ton programme, que ce soit l’écriture, la production, la réalisation, les jeux vidéo, le multimédia, c’est toujours la même philosophie: à L’inis, ce sont des gens du métier qui sont au fait de comment ça marche et qui viennent partager leurs connaissances. Les cours sont construits pour qu’il y ait place à énormément de dialogues et de critiques. Tout le monde parle du travail de tout le monde, sans rien de personnel, avec toujours ce désir fort de la part des enseignants de sortir les étudiants de leur zone de confort pour les emmener à aiguiser leur regard sur le monde.»

«C’est ça notre leitmotiv! On veut tous qu’ils se surpassent et qu’ils prennent conscience que chacun est différent, que chacun a un regard particulier sur le monde dans lequel il vit. Comment communiquer cette vision du monde? C’est au cœur de notre enseignement! En tant qu’enseignant, je me suis rendu compte que je verbalisais ce que je faisais inconsciemment. Je me suis rendu compte que c’est là mon métier et non seulement une fonction. C’est la raison pour laquelle j’en retire autant que j’en redonne!»

4. L’industrie du cinéma est en perpétuel mouvement depuis la montée fulgurante du web et des dérivés qui en ont découlé – on pense notamment à la websérie de fiction et au webdocumentaire. À travers tes yeux de cinéaste d’expérience, peux-tu nous expliquer ce que l’essor du web a apporté comme changements au niveau de l’écriture cinématographique?

«On vient de passer en mode sprint pour vrai! Sur le web, c’est souvent des histoires de trois, quatre, cinq minutes qu’on y retrouve. L’écriture n’est pas la même: on ne peut pas prendre le temps de bien présenter les personnages ou l’histoire. Il faut que ce soit des punchs! Ça reste un sprint: tu as cinq minutes pour raconter ce que tu as à raconter, donc il faut que ce soit efficace. Le format t’oblige à aller chercher la punch line, la petite patente qui accroche.»

«L’inis est une école qui met justement l’accent sur le contenu. Qu’est-ce que tu as à dire? Quelle est ta vision du monde? Que visent tes personnages? Au final, on veut tous raconter une histoire. C’est pourquoi L’inis a le désir de te montrer comment la raconter cette histoire, et surtout t’aider à bien la raconter. Il y a des façons de communiquer une histoire, et c’est là-dessus qu’on mise lors des cours.»

5. À L’inis, vous offrez diverses formations en écriture. Peux-tu nous parler brièvement des cours offerts à L’inis et convaincre nos lecteurs cinéphiles de venir assister à la séance d’information portant sur les formations en écriture prévue le 11 octobre à 18h?

«Oui, on offre divers cours axés sur l’écriture, je pense à Écriture de long métrage, Écriture d’une série de fiction, Auteur télévision, Scénariste cinéma, Scénarisation documentaire et Scénarisation d’une websérie».

«Vous voulez venir étudier à L’inis! À cause de l’esprit de travail en groupe qu’on a réussi à créer. À cause de l’esprit de fraternité qui existe aussi. Et tout le réseautage qu’on a mis en place. C’est ça le plus important quand tu veux faire du cinéma. Nous, on t’aide à ce que tu te crées un réseau, on incite les étudiants à travailler ensemble, à s’aider, à brasser des idées, à se regrouper. On les invite à se critiquer entre eux, à s’encourager.»

«Les sessions sont toujours très intenses mais valorisantes. Ce qu’on remarque, c’est que les étudiants prennent confiance en leur talent et en leur art. Quand tu sors d’un projet à L’inis, tu en ressors avec plein de confiance, car on est là pour l’encourager cette confiance-là. On va te pousser dans tes retranchements, on va beaucoup te challenger, te défier, toujours en demander plus, dans le but que tu réussisses à dire ce que tu as à dire, à faire ce que tu veux faire. Après, quand tu sors de L’inis, tu es équipé pour aller travailler.»

«Les diplômés, au cours de leur expérience à L’inis, vont avoir appris à pitcher leurs idées à des producteurs ou à des diffuseurs. Ils vont avoir appris à bâtir des documents de vente, ça va donc beaucoup plus loin que l’aspect de l’écriture ou de la réalisation. Plus t’es outillé, plus t’as de chance de percer, et plus t’as réussi à former un réseau solide, plus les gens vont penser à toi. Quand tu as ta carte de L’inis, tu as ta carte à vie. Si tu as besoin d’équipement, on va te le prêter. Si t’as réalisé un film, on peut t’aider à trouver du financement. L’inis, c’est une grande famille: quand tu y entres, tu n’en ressors plus!»

Qu’en dites-vous? Ça donne envie de vivre l’expérience, n’est-ce pas? Inscrivez-vous à la séance d’information du 11 octobre à 18h pour en savoir plus sur les formations en écriture offertes à L’inis! Vous ne pouvez pas y être? Ne ratez pas le Facebook Live en direct de leur page Facebook. Une belle aventure vous attend! C’est par ici pour vous inscrire: www.inis.qc.ca/seance-information-formation-ecriture.

Pour consulter nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le www.labibleurbaine.com/Dans+la+peau+de…

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