Entrevue avec Lévi Doré, Tristan Dubois et Biz, artisans de «La chute de Sparte» | Bible urbaine

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Entrevue avec Lévi Doré, Tristan Dubois et Biz, artisans de «La chute de Sparte»

Entrevue avec Lévi Doré, Tristan Dubois et Biz, artisans de «La chute de Sparte»

Des talents complémentaires

Publié le 9 juin 2018 par Maude Rodrigue

Crédit photo : Filmoption International. Photo à la une: Lévi Doré

Le coup de cœur du réalisateur Tristan Dubois pour l’intrigue du roman de Biz, son ami de longue date, a été immédiat. Au terme d’un travail d’adaptation qui s’est échelonné sur cinq ans, le tandem de créateurs présente La chute de Sparte. Le film pivote autour du personnage de Steeve, un adolescent marginal qui pose un regard acéré sur la société. Bible urbaine s’est entretenu avec Tristan Dubois, réalisateur du film, Biz, auteur du roman ayant inspiré le film, et Lévi Doré, acteur principal.

Il ne s’agit pas de la première collaboration entre Dubois et Biz. Leur rencontre remonte à il y a plusieurs années, alors que Dubois était le colocataire de Batlam, membre de Loco Locass. À l’occasion du tournage de deux vidéoclips pour la formation hip-hop, Biz a mesuré combien Dubois savait «gérer». Le réalisateur a l’étoffe d’un «capitaine», illustre-t-il, «le pied sur le gouvernail en pleine tempête».

Suite à ce que Biz lui ait fait part de l’intrigue du roman sur lequel il travaillait, Dubois a souhaité l’adapter. Et à plus forte raison après avoir dévoré le roman sitôt qu’il fut achevé: «Biz a une écriture très visuelle. Ça fait que quand tu le lis, tu le vois tout de suite!», affirme-t-il.

Deux esprits complémentaires

Les deux amis se sont éventuellement découvert une remarquable complémentarité. «On s’est vraiment mis au diapason, on avait la même vision. J’avais même pas besoin d’être là, je lui faisais 100 000% confiance», affirme à ce titre Biz.

«Lui [Biz] a une espèce de fond, pis moi je suis allé l’accoter avec ma forme», renchérit Dubois que l’écriture à quatre mains avait pourtant rebuté jusque-là. «J’y ai jamais cru, moi, écrire à quatre mains. C’est comme jouer du piano à quatre mains: tu vois ça au cirque là, parce que c’est le fun. Mais là, vraiment, on se complète à merveille. Moi, j’ai un côté peut-être plus structure ou technique, pis faut que je fasse attention parce que le jour où il va me rejoindre, il aura plus besoin de moi! Pis moi j’ai besoin de lui – pour son vocabulaire, pour ses idées…»

Tandis que Dubois connaissait ses aptitudes au niveau de la forme, il était heureux de poser ses nombreux «outils» sur la structure solide du roman de Biz: «Au cinéma, au niveau visuel, on essaie de mettre des couches. C’est pas juste filmer un acteur: c’est de lui mettre des vêtements qui vont dire quelque chose, c’est de faire un plan de caméra qui va dire quelque chose. Et dans le roman de Biz, c’est multicouche. C’est d’une richesse, mais… incommensurable».

Le jeu de l’acteur, un «bijou»

L’équipe a été unanime quant au choix de l’acteur qui incarnerait le personnage de Steeve. En dépit d’un casting de «petit frisé rayon de soleil» correspondant plus ou moins au personnage du roman, la performance de Lévi Doré a convaincu l’équipe. Ils ne tarissent pas d’éloges en se remémorant l’audition du jeune homme: «Lévi nous a jetés à terre, littéralement. On a été comme dix minutes de silence après qu’il soit parti», affirme Dubois. Le film reposant largement sur ce personnage, la «colonne vertébrale» illustre Biz, l’erreur n’était pas admissible.

Qui plus est, le jeu de Lévi était d’autant plus naturel qu’il était du même âge que le personnage de Steeve au moment du tournage. «Ça m’a vraiment permis de rejoindre le personnage, de vivre mon secondaire 5 sous la face cachée d’un autre», mentionne Lévi. Au passage, Biz et Tristan s’enquièrent d’ailleurs du parcours académique du jeune protagoniste. Celui-ci a eu la piqûre pour le travail derrière la caméra pendant le tournage. «On les aime les acteurs, pis on s’intéresse à eux. Faque on surveille leur parcours! Faut pas lâcher la patate, hein!», semonce avec bienveillance Biz.

Dubois ayant été comédien, Lévi considère que ce bagage dote le réalisateur d’une aisance au niveau de la direction d’acteurs. «Un de ses points les plus forts, c’est qu’il sait exactement ce qu’il veut, il sait exactement quoi dire pour que tu arrives là. Il sait par où t’amener, il sait quoi te dire pour t’amener à ce chemin-là, pis je pense que c’est ça que justement, parfois, les réalisateurs ont de la misère: parce qu’ils ne jouent pas».

Le jeu d’acteur est d’ailleurs précisément ce qui émerveille le plus Dubois lorsqu’il regarde un film. Or, «l’acteur étant le bijou, quand tu le mets dans un écrin ou même mieux dans un collier, là il va prendre sa valeur», affirme Biz. «Donc tout ce qu’il y a autour, c’est super important. Et Tristan, c’est un maniaque des plans».

Le souci d’être accessible

En dépit d’un talent manifeste et de certaines «ambitions artistiques», Dubois et Biz ont le souci de demeurer accessibles, d’autant plus que leur film, écrit «à odeur d’ado», s’adresse surtout à un public adolescent. «Moi pis Tristan, on est des gens qui ne renient absolument pas le fait de s’adresser au plus grand nombre. Mais tu peux donner de la nourriture qui goûte bon, mais qui est nutritive aussi», nuance Biz.

Les gens qui verront le film en conviendront: les enjeux sur lesquels porte La chute de Sparte rejoignent non seulement les jeunes, mais tous-tes ceux-celles qui l’ont été jadis. C’est d’ailleurs à une mouture revampée de l’intrigue du roman de Biz, moins politisée, mais surtout «moins moralisatrice», «améliorée», que le public a droit.

Les artisans du film «La chute de Sparte»

Par Courtoisie

  • Entrevue avec Lévi Doré, Tristan Dubois et Biz, artisans de «La chute de Sparte»
    Tristan Dubois, réalisateur
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    Biz, auteur
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    Lévi Doré, acteur

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