«Infinity III» de HeeWon Lee à la Cinémathèque québécoise | Bible urbaine

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«Infinity III» de HeeWon Lee à la Cinémathèque québécoise

«Infinity III» de HeeWon Lee à la Cinémathèque québécoise

Le spect-(acteur) ou comment nous couper du monde réel

Publié le 21 mai 2014 par David Bigonnesse

Crédit photo : You Jin Chung

Se plonger dans une œuvre, voilà probablement un des plus grands désirs des artistes vis-à-vis le public. On le disait et on le dit encore à propos de la peinture, même si le plongeon était plutôt sensoriel et visuel que corporel, quoique... Avec Infinity III de l’artiste sud-coréen HeeWon Lee, pas de doute, le corps du spectateur est sollicité de toutes parts. Un véritable exutoire cette installation, comme l’art sait si bien le faire.

C’est dans la salle Norman-McLaren de la Cinémathèque québécoise que le spectateur, friand d’aventures ou non, est prié d’enfiler des chaussettes blanches par-dessus ses souliers. Avant d’arriver devant l’attraction principale de la salle complètement noire, plusieurs questions traversent l’esprit de celui ou celle qui veut découvrir l’œuvre de Lee. Quel est mon degré de participation? Est-ce si captivant que le prétend la description de mon «guide-programmation» de la BIAN 2014? Que vais-je voir au juste? La curiosité l’emporte sur la frilosité du spectateur, habitué aux créations de l’industrie culturelle prémâchées et prêtes à gober, et il découvrira cette installation qui se trouve à droite au fond.

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Des images sont projetées sur le mur et au sol, dans un cadre délimité. Pour entrer dans la création, il faut se mettre sur la zone circonscrite du sol, sans craindre de piétiner cet espace de projection. Des images d’oiseaux migrateurs apparaissent lentement pour amener à un rythme plus effréné une pluie de volatiles. L’accélération des images crée des flashs déstabilisants qui nous gardent paradoxalement statiques. En fixant et en acceptant de jouer le jeu du spect-(acteur), nous sommes complètement captivé par les sons et les images. Comme l’indique le titre de l’œuvre, c’est l’infini qui guide l’immersion en réussissant à nous couper du monde réel.

La réussite d’Infinity III réside dans la capacité du regardeur à ne plus penser qu’à cette vague d’oiseaux, à ces sons puissants scandés en chœur ainsi qu’à cet espace immersif irréel et fascinant. Il faut d’ailleurs préciser que cette œuvre fait partie d’une série d’installations ayant pour titre, évidemment, Infinity. L’artiste qui vit et travaille en France «s’intéresse aux cycles de la nature en lien avec les perceptions humaines», tel que l’indique la programmation de la BIAN 2014. Tout laisse croire que sa compréhension du corps du spectateur dans l’œuvre – qui est en fait la participation du regardeur – et de ses possibles réactions, n’est pas à remettre en question. Elle est plutôt à souligner. L’art comme exutoire nous disions.

Critique-Infinity-III-HeeWon-Lee-Biennale-internationale-art-numerique-2014.jpg - copie

L’installation Infinity III de HeeWon Lee est présentée dans le cadre de la Biennale internationale d’art numérique 2014 à la Cinémathèque québécoise jusqu’au 29 juin 2014. Pour toutes informations, veuillez consulter le bianmontreal.ca.

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