«Kurt Cobain: Montage of Heck» de Brett Morgen | Bible urbaine

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«Kurt Cobain: Montage of Heck» de Brett Morgen

«Kurt Cobain: Montage of Heck» de Brett Morgen

Incursion inconfortable

Publié le 4 juillet 2015 par Mathieu St-Hilaire

Crédit photo : vulture.com

Autre année, autre œuvre posthume sur la vie de Kurt Cobain. La forme sélectionnée ici est le documentaire et on y retrouve le réalisateur Brett Morgen aux commandes. Comment vendre cette dernière évaluation psychologique du chanteur tourmenté? Avec des scènes inédites provenant des archives personnelles de Cobain lui-même. Il faut aussi préciser qu’il s’agit du premier documentaire réalisé avec la collaboration de la famille de l’icône grunge.

Comme tout artiste plus-grand-que-nature nous ayant quitté trop tôt, la vie de Kurt Cobain a été passée au peigne fin depuis plus de vingt ans. Le nombre d’histoires, d’anecdotes et de rumeurs à son sujet est incalculable. On a écrit des biographies, fouillé dans ses journaux intimes, réalisé des documentaires, produit un long-métrage imaginant ce que ses derniers jours ont pu être, etc. Avec autant d’informations, il est devenu impossible de distinguer le vrai du faux, le mythe de la réalité. J’imagine que Morgen prétend raconter l’histoire définitive de Cobain avec son nouveau film. Malheureusement, je suis ressorti plus ou moins convaincu.

Le film débute en illustrant l’enfance de Cobain, où la famille du défunt mentionne à quel point il est passé d’un enfant énergique et adorable à un être introverti et déprimé. On met beaucoup l’accent sur le divorce de ses parents, ce qui a créé perturbations et rejets dès son jeune âge. Il ne se sentait accueilli nulle part. Morgen tente peut-être un peu trop de comprendre la «souffrance» de Cobain. Ainsi, on nous apprend que Kurt n’aimait pas l’école, qu’il avait des insuccès auprès des filles, qu’il n’était pas d’accord avec ses parents, qu’il avait des emplois merdiques, qu’il prenait de l’alcool et fumait du pot. Bref, on part de problèmes que vivent la plupart des adolescents aux quatre coins du monde depuis la nuit des temps pour tenter d’expliquer la singularité de Kurt Cobain.

La partie la plus intéressante du film est sans contredit lorsque la musique est mise à l’avant-plan, ce qui signifie pas très longtemps. On peut voir les membres de Nirvana jouer devant quelques personnes tout au plus. On voit Kurt Cobain tomber en amour avec le punk-rock et c’est à ce moment que l’on sent la naissance de l’artiste. Malheureusement, cette portion du film est relativement courte. Ayant suivi Nirvana pendant de nombreuses années, je sais que Cobain aimait davantage parler de ses groupes préférés qui l’ont influencé que de sa propre musique. Pour bien saisir Kurt Cobain, il est impératif de traiter des artistes qui l’ont influencé. Or, le documentaire ne va aucunement dans cette direction, préférant deviner ce qui se passe dans sa tête par des témoignages de sa famille et de son ancienne petite amie.

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