«Liberation Day» de Morten Traavik et Uģis Olte dans le cadre de Fantasia 2017 | Bible urbaine

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«Liberation Day» de Morten Traavik et Uģis Olte dans le cadre de Fantasia 2017

«Liberation Day» de Morten Traavik et Uģis Olte dans le cadre de Fantasia 2017

Une promesse auto-réalisatrice

Publié le 18 juillet 2017 par Justin Charbonneau

Crédit photo : www.fantasiafestival.com

L'artiste norvégien Morten Traavik réalise non seulement ce documentaire, présenté à l'occasion du Festival international de films Fantasia, sur la performance du groupe de musique industrielle Laibach en Corée du Nord, mais aussi sur l'ensemble de Pyongyang.

Le dramaturge Morten Traavik est connu pour ses actions artistiques et provocatrices qui ont toujours un aspect politique très fort en elles. Ses collaborations avec des artistes nord-coréens avaient provoqué un tollé dans la société norvégienne, mais Traavik était la liaison autorisée pour les affaires culturelles pour ce pays, donc il était le bon — et peut-être le seul — qui pouvait amener Laibach, band culte slovène, performer pour la toute première fois, et par un groupe occidental populaire, dans l’état totalitaire. Traavik est allé réaliser à la fois le spectacle de Pyongyang et, avec le réalisateur letton et rédacteur en chef Uģis Olte, le documentaire Liberation day qui relate cet évènement inusité.

Après une brève introduction par l’esthétique et le message politique de Laibach en début de film, qui est souvent qualifié de «fasciste» dans les médias occidentaux, Liberation day nous emmène avec le groupe et leur équipe technique à Pyongyang en Corée du Nord. Là-bas, ils sont reçus avec honneur, et les préparatifs pour le concert peuvent alors commencer. L’idée de Laibach est de jouer leurs arrangements de chansons à partir de The Sound of Music — un des rares films occidentaux autorisé et aimé dans le pays.

Liberations day 2

Alors que les Nord-Coréens semblent d’abord avides d’obtenir ce dont Laibach a besoin, il s’ensuit que de nombreux aspects du concert planifié sont problématiques: les visions tragiques, les parties de l’iconographie (particulièrement contentieuse est la marque de commerce du leader du groupe Milan Fras), et le fait que les paroles coréennes qu’ils ont décidé d’utiliser dans Life Is Life, au lieu des paroles allemandes, sont dans le dialecte du Sud, rarement entendues dans le Nord. Ajoutez à cela le niveau de technologie qu’ils ont à Pyongyang et la technologie dont Laibach a besoin pour leurs spectacles, et vous avez une configuration parfaite pour un film-documentaire politiquement aventureux.

Traavik est la figure principale ici, car il navigue dans les particularités de la société nord-coréenne via les «assistants» et les «surveillants» (parfois il y a jusqu’à trente hommes autour des répétitions, ne faisant rien en particulier) pour organiser le spectacle avec le groupe. Parallèlement, le film comprend des entrevues arrogantes avec l’idéologue du groupe, Ivan Jani Novak, le provocateur, qui nous rappelle que le groupe et la Corée du Nord sont faussement qualifiés de fascistes, et comme ils sont tous deux mal compris, ils font une correspondance parfaite.

Laibach en Corée du Nord? Une promesse auto-réalisatrice. Ces deux entités ont un message politique puissant à travers un langage très similaire mais à des fins complètement différentes. Alors que l’utilisation des symboles et de la propagande par la Corée du Nord est simple et directe, Laibach les a, pendant toute sa carrière, renversés afin de subvertir les idées des sociétés totalitaires. Donc, qu’est-ce que ce documentaire sur un concert du premier groupe rock occidental à Pyongyang nous apporte?

Quelque chose d’immensément attrayant, édité avec douceur (avec des influences claires de vidéoclips musicaux) et un récit très poli d’un évènement qui est devenu historique simplement en raison du fait qu’il a eu lieu.

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