Natasha Kanapé Fontaine perce le silence et l’indifférence dans «NIN E TEPUEIAN – MON CRI» | Bible urbaine

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Natasha Kanapé Fontaine perce le silence et l’indifférence dans «NIN E TEPUEIAN – MON CRI»

Natasha Kanapé Fontaine perce le silence et l’indifférence dans «NIN E TEPUEIAN – MON CRI»

Entrevue avec l’artiste et militante innue engagée

Publié le 24 janvier 2020 par Mathilde Recly

Crédit photo : Tous droits réservés, Films du 3 Mars.

Ce 24 janvier, le documentaire NIN E TEPUEIAN – MON CRI sort en salle au Québec. Réalisé par Santiago Bertolino et distribué par Les Films du 3 Mars, ce long métrage de 82 minutes suit l’artiste multidisciplinaire et militante innue Natasha Kanapé Fontaine à travers son parcours de poète, de comédienne et d’activiste. Entrevue avec une passionnée et combattante qui cherche à redonner une voix à sa communauté, celle qu’on lui a volée.

L’art comme moyen d’expression

Comme artiste, Natasha a beaucoup de cordes à son arc. En constante ébullition, la jeune femme innue passe de la poésie au théâtre, de l’écriture à la peinture. Selon elle, «chaque médium offre une façon différente de s’exprimer.» Elle poursuit: «Par exemple, la peinture vient chercher le côté plutôt visuel en moi, mais aussi silencieux; contrairement à l’écriture ou au théâtre où on est plus dans les mots, dans l’usage de la langue et de la narration. Dans l’art visuel, je pars en quête de ce que la mémoire et l’inconscient me cachent. En peignant, j’ai retrouvé le côté nomade et en mouvement de mon peuple, il y a plusieurs générations. Je touche à la mémoire génétique, à l’histoire que je porte littéralement dans mes veines.»

Une voix, des valeurs

L’artiste sait qu’il y a encore du chemin à faire pour que les communautés autochtones – dont son peuple innu – puissent trouver leur place dans la société actuelle. Et c’est pour cela qu’elle se bat au quotidien: «Ce que je veux, c’est la vérité! Je veux qu’on raconte la vraie version de la colonisation et qu’on puisse percer le silence, l’indifférence et l’ignorance. Je veux dire qu’on existe et qu’on va exister en trouvant notre place pour contribuer à notre société tous ensemble.»

Elle admet aussi que la voie a été ouverte ces dernières années, et qu’elle est fière des changements amorcés pour que son peuple puisse se réapproprier son identité. «J’observe qu’il y a de plus en plus de jeunes qui prennent la parole, et à qui on donne la parole. Ça permet de multiplier les voix et les points de vue.»

«Dans les vingt dernières années, les jeunes Autochtones ont commencé à circuler, à se dire qu’ils en avaient le droit parce qu’ils appartiennent à ce monde. Ils ont voulu apporter des changements à la société parce qu’ils existent. Et la population est de plus en plus à l’écoute en général: on sent qu’il y a une ouverture, des initiatives prises dans les villes, dans les villages et dans les communautés autochtones. Il y a de plus en plus de conversations, de dialogues à différents niveaux, et une communication qui s’opère.»

Un documentaire comme expérience de vie

Alors, pour quelqu’un qui a tant à vivre et à défendre, un documentaire comme NIN E TEPUEIAN – MON CRI s’avère une précieuse tribune. Même si cette opportunité n’a pas été saisie sans hésitation, sans questionnement: «J’ai eu l’impression de vivre quelque chose de fort pendant le tournage. Garder des souvenirs de ma quête personnelle et identitaire était très important pour moi. Certains moments étaient difficiles, car j’avais peur de trop me dévoiler ou de trop perdre de mon intimité. Mais Santiago a vraiment été à l’écoute quand je lui disais ce qui pouvait être gardé ou non. J’ai appris à me laisser aller et à faire confiance à quelqu’un.»

Pour l’instant, ce projet documentaire semble avoir été une réussite et a très bien été accueilli par la critique. Le festival Présence autochtone en a d’ailleurs fait son film d’ouverture lors de l’édition 2019. «Les organisateurs m’ont demandé la primeur avec ce documentaire! Ça a été un honneur pour moi, car je suis émotionnellement attachée à ce festival. Qu’ils l’aient aimé au point d’en faire un film d’ouverture, ça a été une grande reconnaissance. Ça a été un moment très fort pour moi», a-t-elle conclu avec beaucoup d’enthousiasme.

Ne manquez pas votre chance de suivre l’artiste et militante dans son parcours hors du commun. Le film sort en salle aujourd’hui, ce 24 janvier, à Montréal et à Québec. Pour en savoir plus et connaître les horaires, consultez le site des Films du 3 Mars.

*Cet article a été produit en collaboration avec Les Films du 3 Mars.

«NIN E TEPUEIAN – MON CRI» en images

Par Tous droits réservés, Films du 3 Mars.

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