Pourquoi «Venom» était voué à l’échec | Bible urbaine

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Pourquoi «Venom» était voué à l’échec

Pourquoi «Venom» était voué à l’échec

Une petite leçon d’humilité pour Sony Pictures

Publié le 6 octobre 2018 par Alyssia Duval

Crédit photo : Sony Pictures Entertainment

L'un des méchants les plus populaires de l'univers de Marvel Comics est maintenant le héros de son propre film. Révélé pour la toute première fois en 1988 (dans l'édition #299 de la série The Amazing Spider-Man), Venom a pris d'assaut les salles de cinéma vendredi, et les critiques sont... venimeuses. Personne ne s'en étonne; voici pourquoi.

Comment savait-on, avant même sa sortie en salles, que Venom serait un échec? Évidemment, il faut d’abord comprendre les origines du personnage.

Venom pour les nuls

Venom appartient à une race extra-terrestre que les humains ont baptisée «Symbiotes», en raison de leurs particularités biologiques similaires à celles de parasites. Apparaissant a priori sous forme de matière visqueuse noire, vivante mais informe, un Symbiote, pour survivre, doit s’attacher à un organisme-hôte avec lequel il entrera en symbiose. Plus ou moins achevée selon les caractéristiques individuelles de l’hôte, cette relation symbiotique peut devenir absolue. Ne faisant plus qu’un avec son hôte, l’extra-terrestre parvient éventuellement à influencer les émotions, la personnalité et les capacités physiques de celui-ci, lui prodiguant alors des habiletés surhumaines.

Dans le récit original de Marvel Comics, Venom, à son arrivée sur Terre, s’attache à Peter Parker, alias Spider-Man. Bien sûr, ce dernier est un hôte idéal – extraordinaire en raison des pouvoirs qu’il possède déjà –, c’est pourquoi Venom s’éprend rapidement de lui… Mais saisissant petit à petit la nature néfaste du parasite, Spider-Man parviendra à le rejeter pour de bon, avant qu’il ne s’empare entièrement de lui.

Le personnage incarné par Tom Hardy dans Venom (le film) s’appelle Eddie Brock. Dans la bande dessinée, Eddie, tout comme Peter Parker, était journaliste au Daily Bugle. Cultivant un sentiment de haine envers Peter après avoir été congédié par sa faute – Peter ayant exposé le fait qu’Eddie ait publié un papier contenant une fausse (et grave) accusation de meurtres en série –, Eddie deviendra particulièrement vulnérable… Et devinez qui en profitera?

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Venom, tel que dessiné par Mark Bagley (Marvel Comics)

En s’accrochant à Eddie Brock, Venom trouve son hôte parfait, tous deux partageant une profonde rancune à l’égard de Peter Parker / Spider-Man. Voilà: c’est ainsi qu’est né l’un des plus fascinants antagonistes du répertoire de Marvel.

En résumé…

Sans Spider-Man, Venom n’a pas de raison d’être

Ce qui nous mène à un terrible constat: de retour dans l’univers complexe et compétitif du cinéma hollywoodien, les droits légaux d’exploiter les personnages de Spider-Man, d’une part, et de Venom, de l’autre, n’appartiennent pas au même studio.

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«Venom» (2018) vs. «Spider-Man: Homecoming» (2017)

Sony Pictures vs. Walt Disney Studios

Incarné par le jeune acteur britannique Tom Holland depuis son grand retour dans Captain America: Civil War (2016), Spider-Man est désormais la propriété de Marvel Studios, une branche de Walt Disney Studios de laquelle découle le fameux MCU – Marvel Cinematic Universe – dont le succès perdure depuis maintenant une décennie.

Malheureusement, bien que Venom ait toujours été associé à notre Araignée préférée, son «contrat» réside toujours chez Sony Pictures qui, avant de céder les droits pour Spider-Man à Disney, nous avait offert Spider-Man (2002), Spider-Man 2 (2004) et Spider-Man 3 (2007), réalisés par Sam Raimi et mettant en vedette Tobey Maguire, puis The Amazing Spider-Man (2012) et The Amazing Spider-Man 2 (2014), réalisés par Marc Webb et mettant en vedette Andrew Garfield. Évitons d’entrer dans les détails concernant chacun de ces films, mais soulignons au moins ceci: les producteurs de Sony Pictures, tout à l’inverse de ceux associés au MCU, semblent tout à fait incapables d’apprendre de leurs erreurs, et encore moins de savoir quand s’arrêter.

Ainsi ont-ils choisi de produire un long-métrage entièrement dédié à Venom et ce, sans la moindre trace de Spider-Man.  

Danger-Spider-Man

Enchaîner les mauvaises idées

Ce qui déçoit (ou enrage) surtout les fans du Marvel original est le fait qu’au-delà de cette rivalité des studios, Sony Pictures s’intéresse manifestement plus aux profits du box-office qu’à l’art de produire du cinéma de qualité. Tellement qu’au lieu de se servir d’histoires riches et captivantes déjà écrites pour eux dans les bandes dessinées, ils nous ont plutôt remâché la même origin story que tous leurs super (ou anti-)héros précédents, y ajoutant sans aucune parcimonie des personnages insipides d’intérêt amoureux ou de supervilains atteints de God complex, que même leurs acteurs oscarisés ne sauraient racheter. Puis la cerise sur le sundae: une cote PG-13.

Le bon côté des choses

Décidément, la meilleure contribution que Sony aura jamais apportée à l’univers de Marvel est son tout récent jeu vidéo Spider-Man, développé par Insomniac Games pour la PlayStation 4, dont la trame narrative est plus excitante que n’importe laquelle de leurs productions hollywoodiennes… Quoique cela pourrait changer dès décembre avec la sortie du film Into the Spider-Verse.

En présentant pour la première fois au grand écran le personnage de Miles Morales (cet adolescent afro-latino-américain qui, dans un univers parallèle, est celui qui deviendra l’homme-araignée), les studios Sony ont finalement eu la bonne idée de s’attaquer à une portion encore inédite des bandes dessinées originales. Dans un second éclair de génie, ils ont choisi d’en faire un long-métrage d’animation, et nous voilà déjà *presque* prêts à les pardonner pour les catastrophes antérieures…

Voyez par vous-mêmes!

«Venom» (2018) en images

Par Sony Pictures Entertainment

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