«La résurrection d’Hassan» de Carlo Guillermo Proto en salles au Québec dès le 22 septembre | Bible urbaine

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«La résurrection d’Hassan» de Carlo Guillermo Proto en salles au Québec dès le 22 septembre

«La résurrection d’Hassan» de Carlo Guillermo Proto en salles au Québec dès le 22 septembre

Une histoire de résilience et de croyances

Publié le 18 septembre 2017 par Éric Dumais

Crédit photo : Carlo Guillermo Proto

C’est le 22 septembre que le second long-métrage du réalisateur québécois d’origine chilienne Carlo Guillermo Proto prend l’affiche, après cinq ans de travail, dans quelques salles de cinéma du Québec. Déjà connu de plusieurs, le documentaire La résurrection d’Hassan (de l’anglais «Resurrecting Hassan») a fait le marathon des festivals, notamment les Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), le Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ) et le Festival international de cinéma et d’art de Percé (Les Percéides). Au sein de cette histoire de résilience, à la fois touchante et déconcertante, on s’immisce dans la bulle intime des Harting-Roux, une famille de non-voyants qui a perdu leur fils décédé par noyade. Nous avons eu la chance de nous entretenir avec Denis Harting, l’un des protagonistes du film.

«Comment voulez-vous que nous nous remettions de la disparition d’un proche qui ne nous a pas réellement quittés?»

Telle est la pierre angulaire autour de laquelle tourne l’axe central du récit. Car dans La résurrection d’Hassan, il est bien question du deuil vécu par cette famille affligée par la disparition d’un proche. Puis de résilience, alors que la mort d’Hassan a infligé à Denis, Peggy et Lauviah une blessure au cœur aujourd’hui cicatrice pour la vie. De croyances (que plusieurs langues préfèreraient appeler «mysticisme»), comme en font foi les enseignements du chercheur russe Grigory Petrovich Grabovoy sur la guérison, la thérapie génique (régénération des organes) et la résurrection des morts, tous ces sujets sont au cœur de cette histoire et de ce long processus de deuil. N’ayons pas peur des mots: les membres de cette famille, en particulier Denis Harting, croient en la résurrection et ils sont persuadés que leur petit fils Hassan a manifesté son désir de revenir à la vie par plusieurs manifestations bien senties au fil des dernières années.

«Hassan m’a dit qu’il allait revenir. Et je m’en rappelle aussi clairement que si c’était arrivé il y a deux minutes. C’était un 25 juillet, et j’étais à l’Hôpital Sainte-Justine. Il était branché à un respirateur artificiel, et c’est ce jour-là qu’il a fermé les yeux pour toujours. Je suis convaincu que ce n’était pas un rêve. À ce moment-là, lorsqu’il est parti, un grand frisson m’a traversé le dos. Ça ne m’a pas fait peur, je n’ai pas eu l’impression de perdre la tête», nous a-t-il confié d’une humeur sereine et en paix aujourd’hui. Et pour le cinéaste Carlo Guillermo Proto, qui venait tout juste de boucler son film sur l’histoire de son père, le moment était bien choisi pour aborder, avec le parfait dosage de compassion et de sensibilité, ce moment charnière dans la vie des Harting-Roux, ce chemin de croix qu’ils ont emprunté tous ensemble.

«Voir plus loin que ce que les yeux peuvent voir» – Denis Harting

«Je voulais qu’il «[Carlo Guillermo Proto] suive l’évolution de nos démarches pour trouver une explication logique, une solution à cela. C’est moi qui lui ai suggéré cette idée de documentaire et qui l’a emmené sur ce terrain-là. J’ai observé sous un angle scientifique – et non mystique, new age ou sectaire – les travaux de Grabovoy et, s’il existe une science de la matière, il faut qu’il y ait une science aux autres niveaux de réalité. On sait que les cellules ne sont pas faites pour être détruites, pensons aux méduses et tritons, aux reptiles et lézards, mais qu’elles vivent longtemps. Je l’ai observée comme une science nouvelle, oui il y a une composante spirituelle, je ne peux le nier, mais ses idées sont très révolutionnaires, très nouvelles, et l’idée d’en parler dans un film m’a permis de mettre les choses en perspective».

Denis Harting a reçu plusieurs signes clairs qui prouvent bien les efforts qu’a entrepris son fils Hassan pour manifester sa présence: la radio qui s’est mise à jouer plus fort au lendemain de son décès, et le volume qui s’est baissé immédiatement après, tous ces rêves où Hassan leur revenait plus vieux, avec ses traits caractéristiques, mais sans rester bien longtemps, ou encore ces visions où il est apparu devant M. Harting en lui disant «Je suis celui que tu connais comme étant Hassan». Je veux juste que tu saches que j’étais là». Voilà qui explique la raison pour laquelle Denis Harting a assisté à des cours et enseignements en Serbie, en plus de donner des séminaires en France et au Québec, et d’avoir accès à presque tous les écrits de Grabovoy. Il souhaite réellement, et c’est dans ses mots, «aider l’humanité et faire en sorte que les médias et la science s’intéressent à ce scientifique-là».

Certes, La résurrection d’Hassan est un film qui va mettre les spectateurs devant un grand champ de questionnements, les remuer, les bouleverser même, car les Harting-Roux proposent une ouverture vers quelque chose de complètement nouveau et bien au-delà de leur handicap et de leur processus de deuil. «On voulait offrir aux gens une histoire touchante, avec des êtres humains qui ont des bons et des mauvais côtés, et qui les vivent en live. C’est un film humain, pas toujours rose, mais qui est réel, cru. Si les gens aiment avoir quelque chose de pénétrant, questionnant et extrêmement touchant, ce film-là est pour eux autres». Certes, il faut avoir l’esprit ouvert pour s’intéresser à une démarche aussi peu conventionnelle, mais cela ne veut pas dire que c’est chose impossible. Avec ce documentaire, la ligne de l’impossible tend à se rétrécir, et comme l’a si bien affirmé Denis Harting durant l’entretien, «ça prend des esprits aiguisés et des yeux ouverts pour regarder le film derrière le film».

Le documentaire «La résurrection d’Hassan» de Carlo Guillermo Proto prend l’affiche à compter du 22 septembre aux Cinéma Beaubien et au Cinéma du Parc à Montréal, au Cinéma Cartier de Québec et à La Maison du Cinéma de Sherbrooke. Pour plus d’information, visitez le www.f3msurdemande.ca/ressurecting-hassan.

*Cet article est une présentation des Films du 3 Mars.

L'événement en photos

Par Carlo Guillermo Proto

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