«Soft Gun» de Guillaume Collin, Alexandra Bégin et Jesse Kray: prendre la route pour se vider la tête | Bible urbaine

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«Soft Gun» de Guillaume Collin, Alexandra Bégin et Jesse Kray: prendre la route pour se vider la tête

«Soft Gun» de Guillaume Collin, Alexandra Bégin et Jesse Kray: prendre la route pour se vider la tête

Publié le 22 février 2013 par Camille Masbourian

Le dimanche 24 février sera présenté le film Soft Gun dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois. Soft Gun, film de 2012, présenté en première québécoise. Si vous en avez entendu parler, c’est probablement via les réseaux sociaux, parce que l’équipe derrière le film les a beaucoup utilisés. Et de la bonne façon. Financé en grande partie grâce à des dons reçus sur la plateforme Kickstarter, Soft Gun était à la base, le projet d’été de quelques étudiants en cinéma de l’Université Concordia.

À la recherche d’un projet pour l’été à la fin de leur deuxième année d’université, Guillaume Collin, Alexandra Bégin et Jesse Kray ont commencé l’écriture d’un court-métrage, qui s’est rapidement transformé en long-métrage.

Soft Gun, c’est donc l’histoire d’Alex, jeune Montréalaise un peu désabusée et désillusionnée, qui décide de prendre la route au milieu de la nuit et de se rendre chez son cousin Jesse, qu’elle n’a pas vu depuis plusieurs années. Quand Alex arrive chez Jesse, à Atlanta, les liens entre eux sont rompus, mais rapidement, elle comprend qu’il vit plus ou moins les mêmes choses qu’elle. Face à ce désintérêt de tout et cette absence de but réel, Alex convainc Jesse de partir avec elle et d’aller sillonner les routes du sud des États-Unis. Partant sur un coup de tête et sans plan précis, Alex et Jesse feront un voyage qui leur permettra de se rapprocher, mais aussi d’apprendre à mieux se connaître.

Avec une petite équipe de quatre personnes, Guillaume Collin, Alexandra Bégin et Jesse Kray, les scénaristes et réalisateurs du film, sont véritablement partis en road trip sur les routes de la Géorgie, de l’Alabama et du Tennessee, afin de tourner les différentes scènes de leur film. Dans cette équipe, outre la directrice photo (Isabelle Stachtchenko Sirois), le preneur de son (Dejan Pavlovic) et l’assistant à la réalisation (Michael Massicotte), se trouvait Charles-André Coderre, réalisateur d’un web documentaire montrant les coulisses d’un tournage qui n’a pas toujours été facile. Ce making of en sept parties est disponible sur le site web du film.

Oui, Soft Gun est un petit film (très) indépendant, un film d’étudiants, mais c’est un très bon film d’étudiants. Pour un long-métrage tourné avec un budget oscillant autour des 10 000 $, dans plusieurs villes américaines et avec des non-acteurs dans les rôles principaux (Jesse Kray dans le rôle de Jesse et Alexandra Bégin dans le rôle d’Alex), il s’en tire pas mal du tout.

Se situant quelque part entre Nuit #1, d’Anne Émond et 2 frogs dans l’ouest de Dany Papineau, dans la forme et dans le propos, Soft Gun propose une vision différente de la jeunesse désillusionnée et de la recherche de son identité. Fait intéressant: c’est un des rares films québécois anglophones, montrant, du moins dans les premières scènes, un point de vue qu’on analyse moins, soit celui des Montréalais anglophones, qui sont tout autant chez eux ici, mais qui ne le sentent pas nécessairement. Le film montre bien le point de vue de cette génération qui a trop souvent de la difficulté à trouver sa voie. Cela se démontre notamment par une esthétique épurée, un film dans lequel il semble ne rien se passer, mais qui parle énormément par ses silences.

À la fin, on ne sait pas tout à fait où en sont Jesse et Alex dans leur «cheminement personnel», mais ça n’a aucune importance. On en comprend assez pour savoir que cet été leur a fait du bien. Et vraiment, Soft Gun donne le goût de partir dans le sud des États-Unis pendant quelques semaines, sans penser à rien et presque sans parler à personne. Coup de cœur également pour la musique, excellente du début à la fin.

Après avoir été présenté au Toronto Independant Film Festival et au Cinefest Sudbury International Film Festival l’année dernière, Soft Gun sera projeté à la Cinémathèque québécoise le dimanche 24 février à 19h30. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site web ou la page Facebook du film.

Appréciation: ****

Crédit photo: Vincent Toi

Écrit par: Camille Masbourian

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