«Steve Jobs» de Danny Boyle | Bible urbaine

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«Steve Jobs» de Danny Boyle

«Steve Jobs» de Danny Boyle

Le dernier clou sur le cercueil?

Publié le 11 novembre 2015 par Alexandre Beauparlant

Crédit photo : www.facebook.com/stevejobsfilm

Un réalisateur en pleine possession de ses moyens. Un scénariste dont la réputation n'est plus à faire. Un acteur au sommet de son art. Trois facteurs expliquant la réussite complète de ce film biographique aux proportions épiques.

«Ah non, pas encore un film sur Steve Jobs!»

Vous ne faites pas partie de la cohorte de fanatiques d’Apple et de son défunt patron? Eh bien, qu’à cela ne tienne, moi non plus, et pourtant je fus soufflé lors de ma première écoute en salle (c’est qu’une deuxième séance aura assurément lieu, en ce qui me concerne, dans le confort de mon salon). Comme beaucoup de gens, mes attentes personnelles n’atteignaient pas des sommets vertigineux à la pensée de ce projet au demeurant inutile.

En effet, n’y avait-il pas déjà eu maintes itérations portant sur Steve Jobs? Documentaires, parodies, entrevues post-mortem, hommages, name it. Tout ça, sans oublier ce long métrage terriblement anodin ayant pris l’affiche il y a à peine deux ans et mettant en vedette Ashton Kutcher (Jobs, 2013). Alors à quoi bon?

Ne serait-ce que pour les performances inspirées offertes par l’ensemble du casting, le visionnement en vaut largement la peine. À leur manière, chacun des comédiens se montre fabuleux. Kate Winslet occupe le rôle de Joanna Hoffman, l’assistante personnelle de Steve Jobs, au bord de la crise de nerfs. Elle est la voix de la raison, celle qui parvient à faire ressortir l’humain sommeillant sous le masque étanche du manitou d’Apple.

Les efforts du vaillant bras droit se concentreront à réparer les pots cassés jonchant la relation fragile liant Jobs à sa fille Lisa, dont il refusera d’accepter la paternité lors de leur premier contact. Ce rapport père-fille trouble tiendra lieu de constante, évoluant maladroitement tout au long de ce récit construit en trois chapitres.

D’abord, le lancement du Macintosh en 1984. Ensuite, le lancement de la NeXT en 1988. Et puis pour conclure, le lancement du iMac en 1998. Trois moments pivots où la personnalité impossible de Jobs rejaillira. Trois occasions où la soif d’esthétisme auront priorité sur la performance du produit. Le contenant avant le contenu.

Jeff Daniels est épatant dans le rôle de John Sculley, premier patron d’Apple. Ses affrontements verbaux avec Michael Fassbender prendront des proportions épiques où les couteaux ne manqueront pas de voler bas. Et je ne croyais pas écrire ces lignes un jour, mais… même Seth Rogen, dans le rôle de Steve Wozniack, cofondateur d’Apple, livre une performance inspirée et captivante. Pour l’une des rares fois de sa carrière, Rogen joue un autre personnage que lui-même. Et ça lui va bien!

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