«The Villainess» de Jung Byung-gil présenté en ouverture de Fantasia 2017 | Bible urbaine

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«The Villainess» de Jung Byung-gil présenté en ouverture de Fantasia 2017

«The Villainess» de Jung Byung-gil présenté en ouverture de Fantasia 2017

«Let me show you... what you've made me into»

Publié le 15 juillet 2017 par Mathilde Renaud

Crédit photo : www.festivalfantasia.com

Présenté à Cannes durant les séances de minuit lors de la 70e édition du festival, The Villainess («Ak-Nyeo» en coréen) a attiré beaucoup d’éloges depuis. Au Festival international de films Fantasia, c’est dans la compétition Cheval Noir que nous le retrouvons, en plus d’avoir reçu l’honneur d'être présenté en ouverture de cette 21e édition du festival. Le réalisateur Jung Byung-gil revient en force avec son second long-métrage de fiction après Confession of Murder, sorti en 2012.

La situation initiale est bien simple: le spectateur se retrouve dans le corps d’une jeune femme, récemment mariée, qui entre dans un bâtiment et tue tous ceux qui seront sur son passage. Quelques heures avant, ces criminels auraient tué son mari. Cette scène, tournée entièrement (ou presque) à la première personne, est tout simplement renversante. Avec ces dix premières minutes, Byung-gil vient de marquer sa place dans l’histoire du cinéma. Le prénom de cette femme meurtrière est Sook-hee et, après cette série de crimes sanglants, elle se fait recruter par une agence qui lui offrira une deuxième chance si elle leur donne dix années de service en tant qu’agente dormante. Après ce temps, elle retrouvera un semblant de liberté et essaiera de refaire sa vie en compagnie de sa fille.

Il n’y a pas que l’action qui soit ahurissante. Les personnages le sont aussi. Ils sont à la fois attachants et très bien construits par le scénario de Byung-gil et Byung-sik. Certains sont très charismatiques, comme Hyun-soo, qui doit veiller sur Sook-hee mais qui développe des sentiments pour elle et l’aide à s’occuper de sa jeune fille. Le développement des héros se fait lentement, permettant ainsi de comprendre les actions de certains personnages. Les acteurs donnent un jeu riche en subtilité et sans aucune exagération et interprètent ainsi à merveille les protagonistes.

the villainess

Fidèle à ses compatriotes sud-coréens tels que Park Chan-wook (Oldboy) et Kim Jee-won (I Saw the Devil), Byung-gil réussit à faire sa place dans les films noirs de vengeance. Cependant, l’un des aspects les plus intéressants du long-métrage est le désir de la part de Sook-Hee de vouloir refaire sa vie et à vouloir complètement passer à autre chose. En effet, une longue séquence du film est dédiée à cet angle. L’action est alors mise de côté le temps de quelques scènes afin de se concentrer sur les personnages principaux. Malheureusement, une fois entrée dans cet univers, tout en étant contrôlée par des personnes exerçant un pouvoir sur elle, Sook-hee a bien de la difficulté à s’en sortir.

Le montage de la production est aussi un élément remarquable. Bien que le récit s’avère difficile à suivre au début du film, le tout fini par faire du sens, et les scènes s’emboitent parfaitement. C’est un véritable casse-tête, et chaque pièce qui s’imbrique à l’histoire vient surprendre les spectateurs et leur donner un élément important de ce périple. Avec les retours en arrière, le passé de Sook-hee devient un élément fondamental du long-métrage et permet d’avoir une bonne compréhension de son personnage et de ses émotions.

Accompagné par une musique dynamique qui nous projette dans le feu de l’action, The Villainess est un suspense qui peut être impressionnant, tout en étant très émouvant. Il y a de nombreuses scènes qui passeront à l’histoire du cinéma de genre, dont la première scène de la production, mais aussi celle de la poursuite en moto. Le dernier long-métrage de Byung-gil mélange les genres et permet ainsi de plaire à tout le monde.

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