«Zoom sur un classique»: Pulp Fiction de Quentin Tarantino | Bible urbaine

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«Zoom sur un classique»: Pulp Fiction de Quentin Tarantino

«Zoom sur un classique»: Pulp Fiction de Quentin Tarantino

Une Palme d'or controversée à Cannes... il y a 25 ans

Publié le 13 mai 2019 par Mathilde Renaud

Crédit photo : Images tirées du film «Pulp Fiction»

C'est le 14 mai le lancement de la 72e édition du Festival de Cannes, lieu emblématique du cinéma où le jury composé de grands artistes du domaine de l'audiovisuel décerne l'illustre Palme d'or aux oeuvres les plus marquantes. Il y a 25 ans, en 1994, Quentin Tarantino détrônait le favori de cette année-là: le grand cinéaste polonais Krzysztof Kieślowski. Ce dernier s'était vu remettre, en 1992 et 1993, de grandes récompenses (respectivement le Lion d'or et l'Ours d'argent) pour ses deux premiers films de sa trilogie, Bleu et Blanc. Rouge fut défait par Pulp Fiction sous le regard choqué des fans et cinéphiles, dont certains sont même allés jusqu'à huer Tarantino lorsqu'il s'est présenté sur la scène. Zoom sur une oeuvre - et un cinéaste - qui ne font pas l'unanimité dans le monde du septième art.

Une histoire pas si simple…

Vincent (John Travolta) et Jules (Samuel L. Jackson) travaillent ensemble comme tueurs à gages pour Marsellus Wallace (Ving Rhames), leur patron. Au début du récit, ceux-ci doivent aller chercher une mallette et la remettre à Wallace. Parallèlement, Butch (Bruce Willis) est boxeur et doit perdre son prochain combat sur ordre de Wallace afin qu’il puisse gagner ses paris. Celui-ci gagne et fuit Wallace afin d’éviter sa colère.

Ces trois personnages principaux (Jules, Vincent et Butch) vivront leur lot de péripéties dans un ordre non chronologique, qui deviendra un réel défi de casse-tête pour les spectateurs. Habilement monté par Sally Menke, Pulp Fiction est considéré par plusieurs critiques comme une œuvre post-moderne, par sa structure particulière et ses nombreuses références à la culture populaire.

La distribution des rôles est aussi à faire rêver: Samuel L. Jackson, John Travolta, Christopher Walken, Bruce Willis, Uma Thurman, Harvey Keitel et Tim Roth (entre autres) sont ici maîtres de leur personnage et font facilement rire les spectateurs avec leurs lignes de dialogues écrites avec un souci du détail impressionnant par Quentin Tarantino lui-même (aidé de Roger Avery).

Quentin Tarantino: d’original et innovateur à «recycleur»

En 1994, après s’être fait huer par les cinéphiles français présents lors de la remise de la Palme, Tarantino s’est permis de répondre par un beau doigt d’honneur. Chose encore peu vue au célèbre festival, où le respect et les bonnes manières sont de mises. Un geste bref qui permet tout de même de comprendre tout le personnage qui s’y trouve derrière: un être coloré, extraverti et controversé. Certains ont décrit son art et lui-même comme étant originaux, alors que d’autres crient au recyclage.

Les plus grands cinéphiles et amateurs de films asiatiques et de série B reconnaîtront assurément certaines scènes reprises par Quentin Tarantino. Reservoir Dogs, sa toute première oeuvre, a tout de suite été comparé à City on Fire du défunt Ringo Lam. Certaines scènes sont à s’y méprendre, et la ressemblance entre ces séquences est frappante. Mais s’agit-il de recyclage ou d’hommage à ces longs-métrages oubliés et méconnus?

Tarantino s’inspire ouvertement d’une centaine d’oeuvres venues d’un peu partout dans le monde dans chacun de ses films.  Les cinéphiles et fans du cinéaste s’amusent à retrouver ces clins d’oeil, et c’est probablement la raison pour laquelle les gens l’aiment autant. Les traitements et les scénarios de ses films sont originaux et regorgent d’éléments de surprise. Avec le mélange de références qu’il trouve dans de nombreuses oeuvres, le cinéaste réussit tout de même à créer son propre style, lequel est maintenant devenu reconnaissable aux yeux de tous.

À voir prochainement: Once Upon a Time in Hollywood

Il aura néanmoins semé plusieurs controverses autour de lui. Qu’il s’agisse de cet aspect de «recyclage», ou bien de son traitement de la violence et de l’omniprésence d’armes diverses dans ses films. Certains diront que ses longs-métrages vont trop loin, alors que d’autres le défendront en disant que c’est parce qu’il va trop loin que la violence devient irréaliste et n’a donc pas (ou peu) d’impact.

Et après ce long et sinueux parcours, c’est aujourd’hui que débute la 72e édition du Festival de Cannes. Thierry Frémaux, le vice-président et programmateur officiel du festival, a déjà eu le coup de foudre pour son oeuvre. Il lui a permis, à la dernière minute, de l’ajouter à la Sélection officielle. Est-ce que le jury, présidé par Alejandro González Iñárritu, tombera sous le charme à son tour? À suivre…

Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, Quentin Tarantino aura marqué notre génération, par son usage excessif de sang, et par ses scénarios rocambolesques. Peut-être que Once Upon a Time in Hollywood saura réconcilier ceux qui doutent, peut-être que l’œuvre attisera quelques sifflements d’ennui, une fois de plus.

Pour consulter nos précédentes chroniques «Zoom sur un classique» et ainsi avoir votre dose bi-hebdomadaire de septième art, suivez le www.labibleurbaine.com/Zoom-sur-un-classique.

«Pulp Fiction» de Quentin Tarantino en images

Par Images tirées du film «Pulp Fiction»

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