«Zoom sur un classique»: The Virgin Suicides de Sofia Coppola | Bible urbaine

Cinéma_Général

«Zoom sur un classique»: The Virgin Suicides de Sofia Coppola

«Zoom sur un classique»: The Virgin Suicides de Sofia Coppola

Récit d'une jeunesse emprisonnée

Publié le 20 mars 2019 par Mathilde Renaud

Crédit photo : Image provenant de l'oeuvre «The Virgin Suicides»

Ayant toujours vécu au sein d'un monde cinématographique grâce à son père, Francis Ford Coppola, Sofia Coppola n’a pas tardé à se faire un nom dans cette industrie exigeante pour les femmes. Après avoir joué dans quelques films, dont The Godfather: part 3, Sofia réalise son premier long-métrage à l’âge de 28 ans. The Virgin Suicides voit le jour après qu’elle ait eu le coup de foudre pour le récit littéraire du même nom. Regard sur un classique qui souffle déjà sur ses vingt bougies cette année.

Les cinq sœurs Lisbon sèment la fascination chez les jeunes garçons qui habitent leur rue. Leurs parents sont catholiques et laissent peu de liberté à leurs filles. Lorsque la plus jeune, Cecilia, se suicide, ils se remettent en question et permettent à leurs quatre filles restantes de fréquenter des garçons, en espérant ainsi que l’ouverture qu’ils leur procurent les rendra plus heureuses.

Lux (Kristen Dunst) et le garçon le plus populaire de l’école vivent une courte mais fort intense histoire d’amour. Après que Lux eut désobéi à ses parents en ne respectant pas le couvre-feu établi, ceux-ci empêchent les filles de retourner à l’école et d’avoir une relation avec quiconque à l’extérieur de la maison.

Le contrôle et l’enfermement exercés sur elles par l’autorité familiale les feront commettre des actions irréparables…

La naissance d’une complicité

The Virgin Suicides marque la première collaboration entre Kristen Dunst et Sofia Coppola. Les deux jeunes femmes travailleront ensuite ensemble à de nombreuses reprises, notamment dans les films Marie Antoinette, The Bling Ring et The Beguiled. En entrevue, Kristen Dunst, qui en était encore à ses débuts, avoue qu’elle a été touchée par la sensibilité et la délicatesse de l’imagination de la réalisatrice.

La fragilité des personnages féminins de l’œuvre est rendue possible par le travail gracieux et discret des actrices elles-mêmes. Ici, les mots n’ont pas besoin d’être prononcés afin que l’auditeur comprenne bien les sentiments véhiculés à l’écran. Le spectateur ressent leur enfermement et leur solitude, et ce, même si le point de vue du narrateur est externe.

En effet, la narration est assurée par l’un des jeunes garçons obnubilés par les cinq jeunes filles. On comprend rapidement que ce dernier raconte leur histoire, quelques années après leur mort. Cela permet aussi de créer une distanciation entre le spectateur et les sœurs Lisbon.

Si l’on se place du point de vue du spectateur, on se rend vite compte qu’on ne connait pas tout d’elles, mais c’est ce qui fait en sorte qu’il s’intéresse à ce qu’elles vivent. Et principalement, c’est ce choix, effectué à l’étape du scénario, qui laisse planer un mystère à la toute fin de l’œuvre.

Quand la musique et le silence tanguent ensemble

Il a été mentionné plus tôt que les cinq jeunes femmes s’échangent très peu de dialogues. À de nombreuses reprises, Coppola réussit à les faire communiquer grâce à la musique. Le choix des chansons au niveau de la bande sonore est, en ce sens, remarquable. La réalisatrice a fait appel au groupe versaillais Air pour les compositions originales, mais elle a aussi eu recours à quelques grands classiques provenant de groupes rock établis tels que Heart, Sloan et Styx.

Et il faut l’avouer : l’entrée fracassante de certaines de ces chansons vient surprendre le spectateur. Elles permettent aussi, et surtout, d’imposer un rythme au récit et aux émotions vécues par les personnages. Les nombreux silences et les courts dialogues, bien qu’ils soient nécessaires, donnent toutefois une certaine longueur à la production.

La musique possède aussi un caractère symbolique pour ces divers personnages. C’est lorsqu’elle se fait entendre que les sœurs Lisbon se sentent enfin libres et heureuses. La trame sonore survient aux différents moments où elles font ce qu’elles veulent et où elles ne sont pas contrôlées par leurs parents.

De la fille de Francis Ford Coppola à Sofia Coppola

The Virgin Suicides marque un tournant important dans la carrière de Sofia Coppola. C’est à partir de ce moment-là qu’elle est reconnue comme étant Sofia Coppola et non la fille de Francis Ford Coppola. La réalisatrice a réussi à obtenir les droits sur le roman et a écrit elle-même le scénario. Bien que son père ait eu une grande influence sur la cinéaste qu’elle allait devenir, cette production demeure entièrement la sienne, et les critiques et les différents artisans du cinéma l’ont bien reconnu.

Son traitement sensible et sa mise en scène détaillée et travaillée lui auront valu plusieurs visites au Festival de Cannes dans son parcours en tant que réalisatrice. Bien que cette femme n’ait signé que très peu de films entre 1999 et aujourd’hui, il n’en demeure pas moins que ses œuvres ont été remarquées à travers le monde entier.

Pour consulter nos précédentes chroniques «Zoom sur un classique» et ainsi avoir votre dose bi-hebdomadaire de septième art, suivez le www.labibleurbaine.com/Zoom-sur-un-classique.

«The Virgin Suicides» de Sofia Coppola en images

Par Tous droits réservés

  • «Zoom sur un classique»: The Virgin Suicides de Sofia Coppola
  • «Zoom sur un classique»: The Virgin Suicides de Sofia Coppola
  • «Zoom sur un classique»: The Virgin Suicides de Sofia Coppola
  • «Zoom sur un classique»: The Virgin Suicides de Sofia Coppola
  • «Zoom sur un classique»: The Virgin Suicides de Sofia Coppola
  • «Zoom sur un classique»: The Virgin Suicides de Sofia Coppola
  • «Zoom sur un classique»: The Virgin Suicides de Sofia Coppola

Nos recommandations:

Vos commentaires

Revenir au début