6 suggestions de polars à vous glacer le sang cet été | Bible urbaine

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6 suggestions de polars à vous glacer le sang cet été

6 suggestions de polars à vous glacer le sang cet été

Histoire de frissonner de plaisir

Publié le 17 juin 2019 par Éric Dumais

Crédit photo : Tous droits réservés (montage: Éric Dumais)

Pfuit! La chaleur de l'été à venir se fait déjà ressentir sur le Québec! Quoi de mieux, pour bien profiter du retour de la saison estivale, que de s'allonger sur le bord d'une piscine ou bien sur une couverture dans le gazon, avec un succulent latte glacé et un bon roman? Histoire d'aider les mordus de sensations fortes dans leur sélection de lectures d'été, nous avons lu 6 polars sortis récemment pour vous partager nos appréciations. Nous avons eu un réel coup de chance cette fois, car chacun, à sa façon, nous a permis de vivre une montée d'adrénaline pas toujours de tout repos. Faites le plein pour un été à vous glacer le sang!

Pour une dose de vengeance au féminin: «La cage dorée» de Camilla Läckberg

341 pages • Actes Sud, collection Actes noirs • 39,95 $

La prolifique Suédoise Camilla Läckberg – à ce jour l’auteure nordique la plus lue à travers le monde – propose, à l’ère du mouvement #MeToo, un roman coup de poing au centre duquel son lecteur s’immisce dans le quotidien routinier de Faye Adelheim, l’épouse du richissime homme d’affaires Jack Adelheim et mère de la petite Julienne, six ans.

Pour cette épouse (trop) docile, dont le cœur balance entre la mode de Christian Dior et la satisfaction des mille et un désirs de son époux, tout va bien dans le meilleur des mondes. Après tout, les Adelheim sont le symbole de la pure réussite suédoise: des millions d’euros en banque et un palace en plein centre-ville de Stockholm. Que demander de plus! Un mari infidèle peut-être? Car Jack est loin d’être l’homme idéal, je vous le dis tout de suite.

Et c’est à une pure vendetta que l’on aura droit, une vengeance au féminin qui punch haut et fort et qui rappellera à certains cinéphiles l’épouvantable I Spit On Your Grave, qui m’avait profondément marqué au fer rouge lors d’une représentation inoubliable dans l’ambiance mythique du festival Fantasia. La vengeance est un plat qui se mange froid après tout. Et ça tombe bien, car Faye Adelheim a tout son temps pour faire payer cher les infidélités de son mari…

Pour une dose d’adrénaline et de secrets emmurés: «La Jeune fille et la nuit» de Guillaume Musso

544 pages • Calmann-Lévy (Le livre de poche) • 14,95 $

Dans ce thriller, Musso quitte son traditionnel cadre new-yorkais pour plonger ses lecteurs dans les paysages escarpés de la Côte d’Azur. L’histoire alterne entre les scènes d’un hiver 1992, où un cadavre est emmuré dans un gymnase sur fond de peines d’amour et de drames de jeunesse; et celles d’un printemps chaud de 2017, où la tension est à son comble puisque ledit établissement est sur le point d’être démoli… menaçant ainsi la tranquillité précaire des personnes qui vivent avec ce lourd secret sur la conscience.

De tous les livres de Guillaume Musso, c’est certainement celui qui m’a le plus tenue en haleine. Un réel suspense perdure de la première à la dernière page: l’auteur s’amuse à nous mettre sur de fausses pistes, à nous surprendre avec encore plus de révélations alors qu’on pensait avoir toutes les clés en main pour suivre l’intrigue. Petit détail amusant, il intègre de façon subtile des personnages de ses précédents livres dans le récit. Par exemple, un petit clin d’œil est fait à ses fidèles lectures avec l’apparition à un moment donné de Pauline Delatour (protagoniste d’Un appartement à Paris), qui est ici bibliothécaire sur le campus où se déroulent les faits.

Pour ceux qui pensent que La Jeune fille et la nuit risque d’être un polar trop «doux» pour les cœurs aguerris en manque de crimes, je vous rassure: au détour de ces pages, vous côtoierez les meurtres, les comptes à rebours inquiétants… et même les bains de sang! – Écrit par Mathilde Recly

Pour une dose de mystères et d’angoisses: «La coupure» de Fiona Barton

477 pages • Fleuve noir • 34,95 $

Qui pourrait en vouloir à un poupon au point de le tuer et de l’enterrer sous une benne à ordures? Comme lecteur, on tourne et retourne cette terrible question dans notre tête, alors qu’on entre à peine, comme lorsqu’on trempe le bout de nos orteils dans une eau trop froide, dans ce second roman de la Britannique Fiona Barton, qui nous avait déjà mis les nerfs en pelote avec l’enlèvement d’une petite fille avec La veuve.

Cette fois, la journaliste vedette du Daily News, Kate Waters, se voit fortement ébranlée par la lecture d’un encart intitulé Découverte du corps d’un bébé. En parallèle s’ajoutent Angela et Emma, deux autres femmes qui s’ajoutent aux voix narratives du récit, façon Paula Hawkins, et qui seront, elles aussi, profondément secouées par la lecture de ce texte d’à peine trente mots… Mais pourquoi réagir avec autant d’intensité?

Fait anodin mais intéressant: dans ce trio, une seule d’entre elle raconte son histoire au «je». Visiblement, l’auteure prend un malin plaisir à s’amuser avec son lecteur, et j’admets être embarqué dans le panneau puisque la finale m’a pris de court malgré les indices. Un suspense intelligemment construit et mystérieusement angoissant!

Pour une dose de cannibalisme et d’enquête policière tordue… façon Dexter: Mange tes morts de Jack Heath

397 pages • Super 8 Éditions • 34,95 $

Si, comme moi, vous avez dévoré les huit saisons de la série télé Dexter, imaginée par l’auteur Jeff Lindsay avec l’excellent Michael C. Hall, il y a fort à parier que ce clin d’œil de l’Australien Jack Heath vienne faire vibrer une corde sensible en vous.

C’est qu’avec Mange tes morts, l’auteur spécialisé en littérature jeunesse et pour adolescents avait envie d’emprunter un détour différent cette fois, le chemin que seuls les grands aventuriers empruntent, celui avec des enlèvements, des meurtres, du sang… et une bonne croquée de cannibalisme! Des sujets qu’il n’est pas nécessaire de partager à un enfant, quoi! Comme Dexter, Timothy Blake joue la carte du chic type qui se fond bien dans la masse. C’est juste qu’au lieu de débarrasser la société des ordures qui la polluent en les assassinant froidement, lui il reçoit, gracieuseté d’un contact au FBI, les macchabées des prisonniers qui ont reçu une sentence de peine de mort. Puis il les congèle et les mange pour assouvir sa faim de chair humaine.

On s’entend, notre antihéros s’est vu attribuer un trait de caractère pour le moins douteux, mais ça ne l’empêche pas de décrocher notre admiration lorsqu’est venu le temps de se faire aller les méninges, notamment dans l’enquête policière qui nous occupe. Je n’en dis pas plus, ça gâcherait le plaisir et le goût de la viande! Attention: certaines scènes explicites pourraient vous lever le cœur!

Pour une dose d’enquête à glacer les sangs: Le journal de ma disparition de Camilla Grebe

424 pages • Calmann-Lévy • 32,95 $ ou 14,95 $ en format poche

Voilà, sans farce, ma plus belle découverte de 2019! Camilla Grebe est le nom à retenir parmi la horde d’auteurs nordiques qui se font un malin plaisir de me triturer l’esprit avec leurs histoires sordides à glacer les sangs!

Après L’ombre de la baleine, la Suédoise lève le voile sur un roman plus haletant encore, une œuvre-choc dont l’histoire fait sourciller tellement elle s’avère complexe au premier abord. C’est qu’un squelette est retrouvé dans une forêt enneigée d’Omberg, et c’est Malin, une adolescente qui se baladait pour le plaisir, qui va tomber sur le macchabée. Huit ans plus tard, elle est enrôlée chez les flics aux côtés d’Hanne Lagerlind-Schön et de Peter Lindgren, sauf que tous deux disparaîtront sans laisser de traces… jusqu’au jour où Hanne est retrouvée, mais amnésique, et qu’un certain Jake récupère son journal intime. Ce dernier passera sous silence sa découverte et sera aux premières loges d’une vérité plus sombre encore que ce que l’on osait croire. Qui était la jeune fille morte assassinée? Qu’est-il arrivé à Hanne et Peter? Qu’est-ce que Jake a découvert en plongeant dans l’intimité des souvenirs d’Hanne? Tant de questions laissées sans réponses…

Et c’est justement ce qui fait la force de Camilla Grebe: sa capacité à rythmer une histoire complexe en dévoilant au compte-goutte des demi-vérités pour nous rendre malades d’impatience. Un thriller percutant, saisissant et glacial.

Pour ressentir un coup de froid dans le dos: Terminal Grand Nord d’Isabelle Lafortune

345 pages • XYZ Éditeur • 27,95 $

Il est rare que j’aie sous la main un roman policier écrit par une plume de chez moi. Ma lecture avide de Terminal Grand Nord a prouvé au spécialiste de la littérature nordique qui s’agite en moi qu’au Québec nous avions également de bons auteurs qui savaient très bien se défendre.

Il suffit d’être moindrement au fait de l’actualité québécoise pour se rendre compte qu’il se passe des choses dans notre société sur lesquelles on préfère se fermer les yeux, sous prétexte que ça se passe loin de notre réalité. À la radio et dans les médias, on a souvent entendu, comme un écho en déjeunant, les mots «assassinats», «pauvreté», «alcoolisme», «police corrompue» et j’en passe. C’est après un séjour à Schefferville, une ville de la Côte-Nord où résident les Naskapi et les Innus, qu’Isabelle Lafortune a eu l’éclair d’écrire une histoire, cette histoire…

Et c’est l’inspecteur Émile Morin – avec son coéquipier Giovanni Celani, celui qu’on surnomme «le grand écrivain», qui fait également office de témoin voyeur tout au long – qui devra se rendre dans le Grand Nord pour enquêter sur le double meurtre des sœurs Natasha et Gina, retrouvées mortes près d’un sentier de motoneigistes. Sur place, il découvre une communauté isolée où les chocs culturels font des flammèches, surtout lorsqu’on ne vient pas du coin… Une enquête qui vous laissera pantois et incrédule.

Faites comme nous et ajoutez vous aussi une pincée de suspense et de frissons à vos vacances estivales! Faites toutefois attention à ne pas réveiller des tensions qui vous forceraient à visiter une clinique de physiothérapie… quand même! On se donne rendez-vous à la rentrée, dès septembre, pour un prochain dossier polars. Bon été et bonnes découvertes!

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