«Les corps de verre – Mélancolie noire, tome 1» d’Erik Axl Sund | Bible urbaine

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«Les corps de verre – Mélancolie noire, tome 1» d’Erik Axl Sund

«Les corps de verre – Mélancolie noire, tome 1» d’Erik Axl Sund

Un polar d’une grande noirceur

Publié le 7 mars 2016 par Éric Dumais

Crédit photo : Actes Noirs

La Suède est le lieu d’une vague de suicides pour le moins épouvantables: des gens de tous âges décèdent de façon tragique, souvent dans des mises en scène étrangement inquiétantes; par exemple, une adolescente est retrouvée sans tête, comme sciée en deux, une femme d’âge mûr, cette fois, s’est délibérément défenestrée, non sans avoir pris la peine d’ingurgiter un cocktail explosif à base de vodka et d’eau de Javel, et on en passe d’autres tout aussi horribles. Les dés sont jetés et, décidément, rien ne va plus.

«Va mourir…»

Durant l’absence de l’inspectrice de la police de Stockholm Jeanette Kihlberg, en congé de maladie de 10 mois pour avoir chuté dans une noire dépression après l’enquête sur Victoria Bergman (voir la précédente trilogie intitulée Les visages de Victoria Bergman), c’est l’inspecteur remplaçant Jens Hurtig qui tient les ficelles de cette nouvelle en quête à donner froid dans le dos. Ce dernier découvrira bien vite un point qu’ont chacune des victimes en commun: elles avaient toutes en leur possession des écouteurs reliés à un walkman Sony jaune qui avait diffusé, quelques instants plus tôt, une musique de type heavy métal d’un certain Hunger, dont la durée correspond au mois et au jour de leurs anniversaires. Étrange et tordu, certes. Hurtig, et ses collègues Ahlund, Andrìc et Schwarz, devront faire des pieds et des mains pour mettre fin à cette vague de mélancolie qui, tel un voile maléfique, envahit la Suède, à moins que tous ces décès soient l’œuvre d’une seule et même personne, laquelle semble, en tout cas, prendre un malin plaisir à abréger la vie de ses victimes…

Le tandem d’auteurs Jerker Eriksson et Hakan Axlander Dundquist livrent une fois de plus un polar où l’histoire, carrément abracadabrante et d’une violence inouïe, tient le lecteur en haleine jusqu’à la toute dernière page. Et là où Erik Axl Sund gagne une fois de plus tous leurs points, c’est dans leur façon singulière de rythmer leur récit; on y retrouve là la méticulosité propre aux artistes; les chapitres sont à nouveau très courts, d’à peine deux, trois ou quatre pages chacun, avec toujours ces titres en majuscule présentant le personnage-clé et le lieu où il se trouve. À nouveau, on retrouve une forme efficace propre au scénario de film, qui étend même ses tentacules jusque dans l’écriture elle-même. Froide et sans âme, elle nous entraîne et nous répugne à la fois. Voilà pourquoi la trilogie autour de Victoria Bergman puis Les corps de verre secoue autant: il n’y a aucune pitié derrière les mots, ni fioriture d’ailleurs. Juste une réalité froide et dure à laquelle les personnages ne peuvent échapper…

«Les corps de verre – Mélancolie noire, tome 1» d’Erik Axl Sund, Actes Sud, collection Actes Noirs, 421 pages, 39,95 $.

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