«Dans la peau de...» Charlotte Aubin, poétesse, auteure et comédienne | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» Charlotte Aubin, poétesse, auteure et comédienne

«Dans la peau de…» Charlotte Aubin, poétesse, auteure et comédienne

Un recueil inspiré par le début de sa vingtaine

Publié le 28 septembre 2018 par Michelle Paquet

Crédit photo : Kelly Jacob

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d'en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur de se glisser dans sa peau, l'espace d'un instant. Cette semaine, nous avons interviewé Charlotte Aubin, comédienne de métier, mais également l'auteure d'un premier recueil de poésie, intitulé Paquet de trouble.

1. Charlotte, on te connaît depuis longtemps en tant que comédienne, mais est-ce que l’écriture était aussi présente tout au long de ta vie?

«Oui! J’ai toujours aimé écrire. C’est un moteur puissant pour moi».

«J’écris tous les jours. Même quand c’est pas bon. Je m’oblige à avoir cette rigueur-là. Ne serait-ce qu’une phrase. Et quand les mots ne viennent pas à moi, au lieu de paniquer, je me promène et j’écoute les autres, j’écoute la nature. Les humains sont pleins de maladresse, d’élan et de sincérité. Et ce qui m’inspire, c’est ce qui est croche, ce qui vibre, ce qui est vulnérable et sensible. Et de ça, le monde en est plein. L’écriture est pour moi un acte de résistance, quelque chose qui s’inscrit dans le temps, qui reste. À la fois pour soi et pour les autres. Comme un héritage du temps qu’on passe sur terre.»

2. Dans Paquet de trouble, tu explores notamment le nightlife montréalais à travers des petites vignettes, parfois douces-amères. Qu’est-ce qui t’inspire dans ces moments-là?

«Paquet de trouble est directement inspiré du début de ma vingtaine. À l’époque, je travaillais dans les bars. Derrière un comptoir de bar, laisse-moi te dire qu’on devient tour à tour une confidence, une proie, une tenancière, une amie, une ennemie (à 3 AM), une espionne, un cupidon, et j’en passe.»

«Les humains désinhibés sont capables de bien des choses, belles et laides, car leur faille est à vif quand s’allume la lumière des néons au last call. Mais Paquet de trouble n’est pas un livre qui juge; bien au contraire, je faisais partie de cette faune nocturne, assoiffée de grands élans de vie et d’amour sincère. Ce livre se voulait un grand voyage intime au creux de mes nuits folles, un regard franc et décomplexé sur moi et sur ces autres en quête d’amour dans la nuit.»

3. Est-ce qu’il y avait quelque chose de cathartique pour toi dans l’écriture de ce premier recueil?

«Cathartique, je ne crois pas. Au contraire, ce livre est né d’une envie de grande douceur pour l’être humain.»

«Écrire peut faire mal, peut soulager, mais ça, c’est seulement lors du premier jet. L’instinct, les émotions à vif et l’humour se jettent d’abord sur le papier. C’est brouillon, les mots s’enchevêtrent et ne se répondent pas de manière cohérente tout de suite.»

«C’est pour ça qu’après, il y a la relecture, l’intellectualisation, le travail d’édition et tout. Je ne peux traîner la grande émotion instinctive sur toutes ces étapes, sinon je m’embrouille et je ne vois plus clair. Je vois ça comme un réel travail. D’où la raison pour laquelle j’écris chaque jour. L’écriture, pour moi, doit d’abord prendre ancrage dans un élan de liberté, un désir sincère de figer des états d’âme, des personnages, des situations. Ensuite, je laisse mijoter et j’y reviens, je structure ma pensée, je crée de petits scénarios. Chaque poème est pour moi un petit scénario, une courte scène. Un moment figé.»

4. As-tu l’impression que ton travail de comédienne influe sur ton écriture, et vice-versa?

«J’imagine que oui, mais je ne saurais dire pourquoi ni comment. L’écriture fait partie de moi, comme jouer fait partie de moi. C’est intrinsèque. Ce sont les deux choses que j’aime le plus faire au monde, donc j’ai l’impression que ça forge mon identité, mon caractère et mes ambitions.»

«Alors, dans l’optique où on se voit comme un tout qui avance, oui, tout ça s’influence. J’aime les mots, j’aime les dialogues, j’aime la poésie du langage, la complexité du rapport humain, les non-dits. J’aime aussi beaucoup apprendre de longs monologues comme s’ils étaient poésie, et lire de la poésie comme si c’était une anecdote racontée par un personnage. Pour le plaisir, pour changer mes repères. Tout est possible, peu importe le format; tout s’entremêle et c’est là que c’est trippant.»

5. Avec Paquet de trouble qui est maintenant lancé dans l’univers, est-ce que tu aurais le goût d’écrire un autre recueil, voire un roman?

«Absolument! Je travaille sur un deuxième recueil. J’en suis à l’étape du fouillis! Je me questionne présentement sur la forme qu’il prendra, ou sur ce qui unit les poèmes écrits, mais il est en route. J’ai aussi envie d’écrire des films, de raconter des histoires, d’écrire des dialogues pour des scénaristes que j’estime! Et un roman? Bah oui, pourquoi pas. Je vois ce projet comme un rêve éloigné. Je vais mettre ça sur la to-do list de quand j’vais être grande, mais je compte bien m’y rendre un jour.»

Pour consulter nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le www.labibleurbaine.com/Dans+la+peau+de…

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