«Dans la peau de...» Dominique Girard, auteure au-delà des frontières du genre | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» Dominique Girard, auteure au-delà des frontières du genre

«Dans la peau de…» Dominique Girard, auteure au-delà des frontières du genre

L'esprit d'aventure, son élan créatif!

Publié le 28 juin 2019 par Mathilde Recly

Crédit photo : Marc Edgar

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Cette semaine, nous avons interviewé l'auteure québécoise Dominique Girard, dont le livre à suspense Bonheur meurtrier vient de paraître aux éditions Fides.

Dominique, la littérature semble être au cœur de tes centres d’intérêt et de ta vie. Comment cette passion s’est-elle développée au fil du temps et quel a été ton cheminement en tant qu’auteure?

«Je me suis consacrée à la littérature après avoir étudié la danse classique et les beaux-arts à l’adolescence et comme jeune adulte. Cela dit, j’ai toujours été une grande lectrice et j’ai écrit un journal intime tôt dans la vie. Les arts visuels, la danse et la littérature ont tenu et tiennent encore une place de choix dans mon quotidien. La musique également.»

«À 10 ans, j’ai obtenu un premier rôle dans une pièce de danse-théâtre présentée sur une vraie scène devant public. C’est inné, je crois, le talent artistique. Cela dit, il faut plus que du talent pour consacrer sa vie professionnelle aux arts et aux lettres. C’est mon engagement depuis trois décennies. Chaque discipline artistique nourrit l’autre.»

«L’essence de mon élan créateur, c’est la persévérance, le goût du risque et le besoin viscéral de me renouveler. Sans ces fils conducteurs, on abandonne. Rêver ne suffit pas. C’est romantique, le rêve. On ne crée pas avec du romantisme. La création, c’est de l’artisanat.»

Parmi les dix livres que tu as écrits, on trouve aussi bien des guides pratiques que des romans, des nouvelles et même des polars! Qu’aimes-tu le plus dans le fait d’explorer des genres littéraires aussi diversifiés?

«L’esprit d’aventure! Pourquoi me limiter à un seul genre littéraire? J’ai la chance de bien écrire dans différents genres, et chacun répond à une aspiration différente.»

«Le roman, c’est l’occasion d’entraîner les lecteurs dans une histoire complexe avec pour toile de fond des lieux et une galerie de personnages variés. Ces derniers nous surprennent, et nous assistons à des dénouements inattendus. Le roman permet ce type de développement.»

«La nouvelle est plus courte et je dois viser l’effet punch; l’attachement aux personnages est moins important, mais je cherche à surprendre. Beaucoup de gens ont des agendas très chargés. Avec l’écriture de fiction, je souhaite, comme auteure, leur faire vivre des aventures.»

«Le guide pratique, quant à lui, vise à approfondir un sujet grâce à des recherches et à vulgariser de l’information pour un large lectorat. Quant à l’essai, son processus est similaire à celui du guide pratique, mais il se rapproche davantage d’une recherche de type journalisme d’enquête, et il est résolument engagé.»

En 2010, tu as fondé l’Agence littéraire Trait d’union, qui vise à accompagner les auteurs dans la réalisation de leur projet d’écriture. Qu’est-ce qui t’a menée à lancer ce projet et qu’est-ce que cela t’a apporté comme défis et satisfactions, entre autres?

«Je constatais, depuis ma première publication, qu’il existait peu de ressources professionnelles pour les auteurs, surtout les débutants. En début de carrière, on signe souvent des contrats sur le coup de l’émotion («je suis enfin publié.e!») sans trop réfléchir ni bien connaître les rouages du milieu du livre. On soumet des manuscrits à des maisons d’édition alors qu’ils ne sont pas prêts.»

«En 2008, j’ai commencé à offrir des services de consultation aux auteurs à temps partiel. Je me suis lancée à temps plein en 2010. Mon conjoint s’est joint à moi en 2014 et l’agence fait appel à des pigistes. Des clients sont publiés professionnellement. J’ai animé plusieurs ateliers littéraires, et j’apprécie le contact avec les participants.»

«J’ai aussi appris… à mieux écrire! Rédiger un rapport de lecture, soit la critique détaillée d’un manuscrit, fut le meilleur stage pratique. J’ai posé mon regard sur plus de deux-cent projets d’écriture, tous genres littéraires et styles confondus. J’ai appris à mettre de côté mes valeurs et mes goûts pour me concentrer sur l’aspect technique du texte.»

En mai dernier, ton plus récent polar Bonheur meurtrier est paru aux éditions Fides. Peux-tu nous résumer l’intrigue en quelques mots et nous partager ce qui te plaît le plus dans l’écriture à suspense?

«Le personnage principal est Richard Young, un auteur et conférencier à succès dans le domaine de la croissance personnelle. Le matin où il est attendu à une séance de signatures au Salon du livre de Montréal, il brille par son absence. On le trouve mort dans sa chambre d’hôtel de la Place Bonaventure. Mort naturelle, suicide ou crime?»

«L’écriture d’un suspense est un jeu amusant pour moi. Elle représente un défi: amener les lecteurs à résoudre une énigme… en semant le doute. Un polar doit être bien ficelé, car c’est un genre littéraire qui ne pardonne pas: ça passe ou ça casse!»

«Un suspense est constitué de scènes d’action, mais aussi de situations où la tension psychologique prévaut. Le suspense est un genre littéraire qui m’intéresse, car on explore le côté sombre de l’humanité. Qui dit ombre dit lumière. Les jeux de contrastes créent des émotions fortes, voire des conflits. Et qui dit conflit, dit intrigue! C’est très riche en création.»

Si tu avais carte blanche pour un prochain projet d’écriture éclaté, tant du côté du genre littéraire que de celui d’éventuelles collaborations avec d’autres intervenants culturels, dans quoi aimerais-tu t’investir corps et âme et pourquoi?

«Ah, justement! Je viens de terminer la rédaction d’un essai sur les perturbateurs endocriniens et leur impact sur la santé humaine. Une écriture à quatre mains avec un co-auteur Ph. D. en chimie, chercheur dans le domaine des molécules anti-cancer, affilié à la Royal Society de Londres.»

«Ce manuscrit est le fruit d’un dialogue entre l’artiste multidisciplinaire que je suis et un scientifique engagés pour des changements durables dans notre mode de vie, afin de réduire le développement des maladies chroniques non infectieuses. J’ai aimé cette expérience de co-écriture avec un intervenant issu d’un domaine loin de la culture!»

«Ce chercheur m’a d’ailleurs invitée à créer et à interpréter une chorégraphie sur de la musique composée par des élèves de science à partir des vibrations des atomes d’une molécule. Le résultat est épatant, et l’expérience a créé des ponts entre les arts et la science. C’est une avenue prometteuse et très stimulante pour moi! J’espère renouveler ce genre d’expérience de co-création multidisciplinaire.»

Pour découvrir nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le www.labibleurbaine.com/Dans+la+peau+de…

*Cet article a été produit en collaboration avec les Éditions Fides.

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