«Dans la peau de...» Tristan Malavoy | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» Tristan Malavoy

«Dans la peau de…» Tristan Malavoy

Qui nous révèle son premier roman «Le nid de pierres»

Publié le 6 novembre 2015 par Éric Dumais

Crédit photo : LePigon

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Cette semaine, nous avons interviewé Tristan Malavoy, qui nous révèle son premier roman Le nid de pierres et nous partage ses 10 coups de coeur littéraires de 2015.

1- C’est le 2 novembre que tu lançais «Le nid de pierres», ton premier roman à paraître aux Éditions du Boréal. D’où est venue l’inspiration pour écrire cette histoire réaliste sur la vie et la mort, le passé et le présent?

«Mon inspiration première est plutôt terre à terre: je faisais beaucoup de motocross quand j’étais jeune, j’étais fou de ça. Il faut dire que j’ai grandi dans le rang 11 de Saint-Denis-de-Brompton, en Estrie, où il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire. J’ai eu un incident de moto un jour, que j’ai eu envie de coucher sur le papier bien des années plus tard. Un peu par nostalgie, par désir de retrouver ce sentiment d’ivresse qui s’emparait de moi quand je m’élançais sur les sentiers, mais aussi avec l’intuition qu’un véritable sujet m’attendait là, dans les forêts de mon enfance. De fil en aiguille, j’ai imaginé cette histoire à clés, marquée par la disparition d’un jeune garçon, où des voix du passé et du présent se répondent.»

Précision no 1: Si «Le Nid de pierres» comporte beaucoup d’éléments réalistes, il fait aussi une grande place à un mystère irrésolu, à des légendes abénaquises, à un univers magique. J’aime beaucoup placer au cœur d’un tableau réaliste un volet fantastique, ça crée une tension intéressante.

2- À travers ce livre, tu sembles avoir eu le désir d’explorer les couches plus profondes de l’existence humaine, notamment ces disparus que sont les êtres décédés, à travers l’évolution de vie d’un couple qui souhaite donner naissance. Quelles sont les couches de lectures que tu souhaites partager avec ton lecteur?

«À lire cette question, j’ai l’impression d’avoir écrit un livre terriblement sérieux, très cérébral! Je ne crois pas que ce soit le cas, même si je pointe des questions comme le cycle des naissances et des morts, même si j’installe une réflexion sur la mémoire que nous avons de ceux qui nous ont précédés sur Terre. Ces derniers jours, on m’a dit plusieurs fois que Le Nid de pierres avait un côté «Stephen King», ce qui me fait grand plaisir, j’ai toujours été un assez bon client pour le thriller et l’épouvante. Il y a tout ça dans le roman, en plus d’une invitation à découvrir la culture et la mythologie abénaquises – les Abénaquis ont beaucoup fréquenté l’Estrie, qui était un corridor de passage pour ce peuple semi-nomade.»

3- Véritable touche-à-tout, tu as travaillé à Voir durant dix ans, en plus de participer à l’émission à Télé-Québec, tu écris actuellement pour l’Actualité, en plus de diriger la collection «Quai No 5» aux Éditions XYZ, sans oublier ton projet solo en chansons… Qu’est-ce que Tristan Malavoy n’a pas encore accompli?

«Je n’ai jamais écrit de livre de cuisine, je n’ai jamais interprété de solo de danse contemporaine au Festival TransAmériques, je n’ai jamais incarné Othello à l’opéra. Ce qui est, pour le public, une excellente nouvelle. Il faut connaître ses limites. Plus sérieusement, j’ai la tenace impression d’avoir fait assez peu de choses. Il y a tellement de projets esquissés dans mes tiroirs, de bouts d’essais, de demi-chansons qui dorment. C’est un défaut en même temps qu’une qualité, à ce qu’on dit: je passe beaucoup plus de temps à réfléchir à ce qui reste à faire qu’à ce que j’ai accompli.»

Installation-View-by-Alexander-Calder

«Installation View» d’Alexander Calder.

«Ah, il y a une chose que je n’ai encore jamais essayée et que je compte faire un jour ou l’autre… Non, ce n’est pas de l’aquarelle. C’est un mobile géant. Comme Alexander Calder. Je me vois bien m’adonner à ça à la retraite, tiens: découper des grands morceaux de métal et les faire flotter entre ciel et terre. (Je suis sérieux.)»

Précision no 2: Je déteste l’appellation touche-à-tout! Un touche-à-tout tripote différentes choses en dilettante, il ne fait rien très sérieusement. Il y a au moins une chose que je m’accorde: je fais les choses avec un relatif sérieux, quand j’ai l’impression d’avoir vraiment quelque chose à apporter.

4- As-tu espoir que la récente élection de Justin Trudeau comme premier ministre du Canada pourra favoriser le développement et le rayonnement de notre belle culture pour les prochaines années, du moins plus que lors du règne des conservateurs?

«Le jour où le Canada en entier a mangé des champignons magiques et décidé soudainement que Justin était le sauveur que nous attendions, je devais être à l’extérieur du pays. Ce jouvenceau de notre scène politique a tout à prouver, rien ne nous assure qu’il saura manœuvrer habilement sur le terrain complexe et piégeux de la gouvernance. Je prédis une lune de miel assez courte, pour tout dire. Mais je suis du genre à laisser sa chance au coureur. GO Justin, deviens mon héros à moi aussi!»

5- Quels ont été tes 10 coups de cœur littéraires en 2015 et  pour quelle(s) raison(s)?

– Au péril de la mer, de Dominique Fortier (Alto). Pour la pure beauté de certaines pages, et pour l’audace formelle.

Amanita Virosa, d’Alexandre Soublière (Boréal). Pour le flash, et pour l’audace d’aller ailleurs.

– La peur de l’image, de Nicolas Mavrikakis (Varia). Pour la réflexion sur l’évolution du pouvoir de l’image au fil du temps, particulièrement dans les arts.

– La femme qui fuit, d’Anaïs Barbeau-Lavalette (Marchand de feuilles). Pour le regard sensible porté sur les liens unissant les membres d’une famille pas comme les autres.

Journal d’un étudiant en histoire de l’art (Marchand de feuilles), de Maxime-Olivier Moutier. Pour l’exquise folie de la démarche.

Au revoir là-haut, de Pierre Lamaître (Albin Michel). Pour le sujet en or, qui nous fait voir autrement les lendemains de la Deuxième Guerre mondiale en France, et pour la maîtrise des rouages du polar.

– Le saint patron des backpackers, de D. Strévez La Salle (XYZ). Parce que j’aurais aimé que ce livre existe du temps où nous écumions les chemins, mon sac à dos et moi.

Profession du père, de Sorj Chalandon (Grasset). Pour la fine compréhension des liens entre un père et son fils.

– L’Étoile de Pandore, de Peter F. Hamilton. Parce que j’aime me plonger parfois dans de la bonne science-fiction, et qu’en voici de la très bonne.

– Super Animaux, de Derek Harvey (Hurtubise). Pour les heures de découverte et de rires passées avec mon gars dans ce livre qui recense les animaux les plus étonnants du monde.

Précision no 3: Sur ma table de chevet, il y a les récents Dickner, Britt et Grenier, dont les quelques pages que j’en ai lues me laissent croire qu’ils se glisseront bientôt dans mon palmarès perso!

Pour consulter nos chroniques «Dans la peau de…», suivez le www.labibleurbaine.com/Dans+la+peau+de…

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