«Je me souviens? - Le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse» de Jocelyn Létourneau: pour chasser les idées reçues | Bible urbaine

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«Je me souviens? – Le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse» de Jocelyn Létourneau: pour chasser les idées reçues

«Je me souviens? – Le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse» de Jocelyn Létourneau: pour chasser les idées reçues

Publié le 24 avril 2014 par Audrey Neveu

Crédit photo : Éditions Fides

Comment les jeunes perçoivent-ils le Québec? Défaitistes? Optimistes? Y a-t-il une différence entre les jeunes «anglophones» et «francophones»? L'historien et professeur à l'Université Laval Jocelyn Létourneau rend le fruit d'une dizaine d'années de recherche sur cette épineuse question, centrale dans l'histoire et la conscience collective québécoise. Publiée aux Éditions Fides, cette recherche lève le voile sur une réalité que l'on connaissait déjà, mais apporte d'importantes nuances qui ouvrent la voie pour sortir de l'impasse imaginaire collective.

Avis aux non-initiés: cet ouvrage est bel et bien le résultat d’une recherche scientifique menée sur plusieurs années, avec une méthodologie rigoureuse. Loin d’être un essai aux envolées lyriques multiples, il réussit à rendre intelligibles des résultats qui pourraient être ennuyants ou insignifiants aux yeux de ceux qui ne sauraient les lire.

Constat fatal mais non surprenant: près de la moitié des jeunes Québécois ont une vision défaitiste de l’histoire du Québec. Faut-il s’étonner de ces résultats? Jocelyn Létourneau jette un regard compréhensif et éclairant sur l’évolution de la conscience collective des jeunes Québécois: plus militants ou triviaux en quatrième secondaire, les jeunes évoluent vers une opinion plus ancrée (malheureusement?), plus défaitiste, mais également plus nuancée alors qu’ils cheminent vers l’Université. Heureusement, toutefois, il écarte définitivement l’idée reçue selon laquelle les jeunes ont la mémoire trouée, amnésiques de notre passé collectif. Au contraire, ils se montrent vifs, passionnés, incisifs et drôlement lyriques.

Différence il y a, effectivement, entre jeunes «anglophones» et «francophones» (selon leur établissement d’enseignement et non leur langue maternelle), les «anglos» voyant dans le passé collectif une histoire de multiculturalisme, tandis que les «francos» sont davantage marqués par la rivalité entre Anglais et Français comme pierre angulaire du passé.

Malgré quelques nuances importantes, l’oeuvre de Jocelyn Létourneau confirme en quelque sorte ce que nous savions déjà de notre représentation du passé collectif, mais il en appelle non seulement aux professeurs d’histoire, mais également à la collectivité dans son entièreté, pour qu’elle trouve une nouvelle idéologie marquante pour qualifier le passé collectif québécois. C’est tout un défi que ce dernier lance, mais pas impossible à relever pour sortir de ce statu quo majoritairement et tristement défaitiste.

À tous les égards, Je me souviens? – Le passé du Québec dans la conscience de sa jeunesse est grandement le bienvenu sur nos tablettes et dans notre conscience.

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