«La fille du train» de Paula Hawkins | Bible urbaine

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«La fille du train» de Paula Hawkins

«La fille du train» de Paula Hawkins

Un premier roman saisissant

Publié le 27 juin 2016 par Éric Dumais

Crédit photo : Sonatine Éditions

La critique est unanime et le grandissime Steven Spielberg s’est même approprié les droits d’adaptation pour le grand écran: il ne fait aucun doute que le premier roman de la journaliste d’origine britannique Paula Hawkins est un véritable succès littéraire. La solitude, la réclusion et le voyeurisme qui tourne à l’obsession sont certes des thèmes déjà maintes fois exploités, mais jamais avec autant de finesse et de savoir-faire qu'au coeur du thriller policier La fille du train.

«Il y a quelque chose d’irrésistible dans ces bribes volées de la vie des autres»

Le charme opère quasiment instantanément entre la plume adroite de Paula Hawkins, qui nous plonge bien rapidement dans cet univers glacial où un nuage révélateur d’un temps mauvais à venir semble obscurcir la banlieue anglaise d’Ashbury à la manière d’un film de Podz. Il y a d’ailleurs un caractère cinématographique à La fille du train, dont la forme narrative, divisée en trois voix féminines, plagie celle du journal intime, avec ces indicateurs de temps qui rythme le suspense à la façon d’un scénario de film.

Tout part d’un regard envieux et voyeuriste dirigé à travers la fenêtre du train de 8h04, en gare d’Euston, à Ashbury, puis à celui de 17h56, en partance de la gare londonienne, vers une coquette maison typiquement banlieusarde où un couple semble y vivre des jours heureux. Le protagoniste du roman, Rachel Watson, ne peut s’empêcher de laisser son regard errer alors qu’elle est à bord du train. Elle apprécie tellement ce moment de voyeurisme quotidien, qu’elle n’a pu s’empêcher d’affubler de noms fictifs ce «couple parfait», qu’elle a nommé Jess et Jason. Un jour, alors que le train s’arrête un instant vis-à-vis la maison, Rachel surprend Jess en compagnie d’un autre homme que Jason… serait-elle en train d’assister à un moment d’adultère dont elle seule serait le témoin? Et qu’en est-il de leur couple parfait? Rien ne va plus lorsque le lendemain Rachel voit aux nouvelles que la Jess de ses fantasmes s’appelle en réalité Megan et qu’elle est portée disparue…

Il faut avouer d’emblée que l’intrigue pique la curiosité et, de fait, on ne s’étonne guère de s’accrocher à cette plume ensorcelante telle un papillon emprisonné dans une toile, qui nous rend nous-mêmes voyeur d’une histoire qui multiplie les zones floues pour nous perdre dans un brouillard opaque. Même si, à force de retournements, les cent dernières pages ne réussissent pas à maintenir sous silence le mystère derrière la disparition de Megan, Hawkins nous partageant certains indices qui nous éclairent sur le dénouement, on referme ce roman d’une grande ingéniosité avec le sentiment d’avoir vécu un intense divertissement comme on en vit si peu de nos jours.

Un premier thriller qui met la barre haute pour une prochaine parution de l’auteure.

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