«La petite anecdote de…» Michèle Nicole Provencher et son foulard rose | Bible urbaine

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«La petite anecdote de…» Michèle Nicole Provencher et son foulard rose

«La petite anecdote de…» Michèle Nicole Provencher et son foulard rose

Une soirée pour le moins... enflammée!

Publié le 16 novembre 2020 par Vincent Gauthier

Crédit photo : Jocelyn Michel

Chaque semaine, Bible urbaine demande à des artistes de tous horizons de raconter une anecdote ludique, touchante ou simplement évocatrice sur un thème inspiré par son œuvre. Cette fois, c’est au tour de Michèle Nicole Provencher de se prêter au jeu! Son livre, Mario-Lemieux, bonjour est une chronique grinçante mais lumineuse du travail en milieu culturel. Du scandale au Musée des beaux-arts à la vague de dénonciations dans le milieu artistique québécois, on a abondamment parlé de la toxicité du milieu culturel, mais avons-nous parlé suffisamment de l’essence même du métier? L’autrice vous livre ici une anecdote savoureuse qui vous fera plonger dans les coulisses du travail avec les artistes!

Je suis contente que vous me demandiez de raconter une anecdote, parce que je me suis donné comme défi d’inventer des histoires sur les artistes que mon personnage côtoie au lieu de raconter celles que j’avais vécues.

En voici donc une qui m’est arrivée pour vrai.

Lorsque j’étais dans la vingtaine, je travaillais pour une maison de disque et je passais beaucoup de temps avec un chanteur très en vogue à cette époque.

Un soir, on va manger au restaurant. J’avais quelque chose de personnel, voire gênant à lui raconter, et je voulais lui demander son avis à propos de cette situation.

On entre donc dans l’établissement. C’est l’hiver, nous sommes emmitouflés dans nos manteaux, et le restaurant est presque vide. Je suis soulagée, parce que, souvent, lorsqu’on est en public, les gens le reconnaissent, et il arrive très souvent que les gens autour épient nos conversations. Je n’ai vraiment pas envie que tout le monde et sa sœur écoutent ce que j’ai à raconter à celui que je considère alors comme mon ami et confident.

On prend place sur une banquette. Personne ne semble l’avoir reconnu. Tout est parfait.

On commande, puis je me lève pour aller à la salle de bain. Mais juste avant de tourner les talons, je me penche vers lui pour lui dire que je trouve la musique du resto vraiment poche. Le problème, c’est que je n’avais pas remarqué la chandelle au milieu de la table, et v’là tu pas que mon foulard prend feu!

Je portais un très long foulard mince d’un rose presque fluo (écoutez, c’était la mode de l’époque). Le chanteur se lève pour m’aider à l’enlever sans me brûler (c’est que ça brûle vite, le synthétique) et il le jette aussitôt par terre et se met à sauter sur le feu pour l’éteindre. Évidemment, tout le restaurant, qui avait commencé à se remplir, se lève et commence à murmurer son nom. Donc, pour l’intimité, on repassera.

J’ai donc attendu un autre jour pour lui raconter ce que j’avais à lui dire…

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