«L’amour et autres blessures» de Jordan Harper | Bible urbaine

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«L’amour et autres blessures» de Jordan Harper

«L’amour et autres blessures» de Jordan Harper

Un recueil de nouvelles ardu

Publié le 8 juillet 2017 par Alexandre Provencher

Crédit photo : Actes Sud

Comme le dit le dicton: trop, c’est comme pas assez. Eh bien, ce premier recueil de nouvelles de Jordan Harper propose une trame narrative plutôt clichée qui rassemble en son sein tous les ingrédients habituels de la littérature policière. Les courts récits qui garnissent ce petit bouquin ne réinventent pas le genre. Les personnages demeurent des marginaux délaissés, des petits malfrats et des junkies qui en arrachent… L’action peine à décoller dans la majorité des nouvelles, et ce, malgré des idées de départ qui avaient du potentiel. Lorsque l’on tourne la lointaine 182e page, on reste malheureusement un peu déçu.

En tout, ce sont quinze nouvelles que l’on peut qualifier de «noires» qui composent le recueil du jeune auteur américain Jordan Harper. Celles-ci sont inégales, autant sur le plan de la longueur, du rythme, du style littéraire que dans leurs trames narratives, qui détiennent un fil conducteur ténu.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’auteur puise son inspiration dans le septième art, de par la construction des dialogues, des récits ainsi que par une vive montée en puissance de l’action. C’est d’ailleurs l’un des points appréciables de ce recueil.

Toutefois, les ambiances glauques, voire pathétiques, dans lesquelles les lecteurs sont plongés, lassent. Des bars miteux de l’Oklahoma à des usines désaffectées des quartiers urbains, en passant par des fourrières qui accueillent des combats de chiens, on reste dans des clichés, dans des lieux communs et des fins écrites dans le ciel.

De plus, il faut mentionner que l’auteur n’explore pas assez la psychologie des personnages. Ceux-ci vivent des tensions gigantesques, des tiraillements et des peurs, mais on n’arrive pas à percer leur univers puisque l’auteur a choisi une écriture trop cinématographique et rythmée qui minore en quelque sorte beaucoup d’éléments.

Pourtant, comme auteur, qu’y a-t-il de plus jouissif que de décrire dans les moindres gestes les motivations de tueurs où de délinquants en agonie… Aussi, la traduction n’a rien d’extraordinaire puisque Clément Baude s’éloigne du slang anglais utilisé par l’auteur en misant sur un vocabulaire trop recherché dans la situation…

Malgré tout, il faut avouer que deux nouvelles ressortent principalement du lot: Lucy dans l’arène et Ils n’auraient jamais dû l’appeler Mad Dog. Celles-ci proposent des personnages plutôt colorés et désespérés auxquels on s’attache légèrement. Ces nouvelles sont mieux ficelées, mais bizarrement, elles se suivent. Il aurait été plus judicieux de les espacer.

«L’amour et autres blessures» de Jordan Harper, Actes Sud, collection Actes Noirs, 182 pages, 36,95 $.

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