«Larguer les amours» aux éditions Tête première | Bible urbaine

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«Larguer les amours» aux éditions Tête première

«Larguer les amours» aux éditions Tête première

Comment se dire adieu

Publié le 28 septembre 2017 par Sara Thibault

Crédit photo : Tête première

À l'invitation de Maryse Latendresse et de Marie Lamarre, vingt femmes de trois générations différentes ont écrit des nouvelles qui constituent autant de variations sur le thème de la rupture amoureuse. Larguer les amours consiste donc en un ouvrage collectif écrit par des auteures, journalistes, réalisatrices, dramaturges et scénaristes qui partagent le même amour de l'écriture.

Le point de départ du recueil constitue la nouvelle «Les yeux givrés», de Louise Dupré, qui se retrouve d’ailleurs en exergue de Larguer les amours.

Dans ce texte bref, l’auteure arrive à mettre en mot le sentiment ambigu d’amour-haine qui saisit le couple déchu, destiné à «survivre à la destruction» de devoir maintenant vivre l’un sans l’autre. Elle saisit le vertige de voir «son corps disloqué» par la rupture. Comme pour donner une importance à l’ampleur de la relation qui se termine, elle inscrit son récit dans la filiation d’un des amours écourtés de la littérature, celui Maria Chapdelaine et François Paradis.

Ce n’est pas étonnant que des auteures aient été inspirées par la justesse et la délicatesse du texte de Dupré. Or, la plupart des textes qui suivent n’atteignent pas la force de ce texte initial.

À force de s’approprier un sujet aussi universel que la rupture amoureuse, les auteures en viennent à tomber dans des lieux communs et dans une certaine banalité. Malgré des styles assez diversifiés, les textes finissent par se ressembler au point de rendre la lecture quelque peu lassante. Toutefois, si la plupart des textes manquent légèrement d’audace, certains se démarquent par leur originalité.

Dans «Les plans fouareux», Sandrine Brodeur-Desrosiers arrive à dérouter les attentes du lecteur par sa vision élargie de la thématique de la rupture et par l’authenticité de ses personnages. Son expérience cinématographique a sans doute contribué à rendre son texte imagé et ses personnages crédibles.

Dans son poème «Vin de paille», Lise Gaboury-Diallo met habilement en parallèle l’ivresse du vin avec les sentiments que procure une rupture amoureuse. Son texte est sans doute celui qui transcrit avec le plus de sensibilité la dévastation et l’abandon que plusieurs des auteures évoquent de manière plus maladroite.

Aussi, les directrices de l’ouvrage ont eu l’excellente idée de séparer le recueil en quatre parties, chapeautées par des paroles de chansons de l’auteure-compositrice-interprète Lisa LeBlanc. Ainsi, les titres «Sacre-le là au plus vite»,
 «Je t’aime, je t’aime plus, je sais plus», «Eh cher (t’as dépassé les limites de mon hospitalité)» et «Pourquoi j’me sens toujours si seule (quand t’es là)?» agissent comme des clés de lecture poétiques à garder en tête pendant la lecture des nouvelles. Écrits dans un style tranché et oral, ces poèmes apportent beaucoup de dynamisme au recueil.

Les dessins de LAPO, qui illustrent chacun des poèmes de LeBlanc, mais aussi la page couverture du recueil, représentent avec justesse et simplicité les postures prises par les vingt auteures.

«Larguer les amours», collectif d’auteures, Éditions Tête première, 248 pages, 25,95 $.

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