«Le fils emprunté» de Jacques Savoie | Bible urbaine

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«Le fils emprunté» de Jacques Savoie

«Le fils emprunté» de Jacques Savoie

Enquête policière sous fond de vaudou et de sorcellerie

Publié le 23 juillet 2013 par Éric Dumais

Crédit photo : Expression noire

Dans les sous-sols de la Place Ville-Marie à Montréal, un cadavre est retrouvé carbonisé. L’enquêteur-chef au Service des crimes majeurs du SPVM Jérôme Marceau est rapidement dépêché sur les lieux, ignorant comme les techniciens et le pathologiste Jean-Claude Zehrfuss s’il assiste à une scène de suicide ou de crime. Des objets sont retrouvés dans les cendres, des cerceaux de métal, des plumes d’oiseaux, un crapaud, de l’encens, un bout de cierge et des mégots de cigarettes, bref, des restes de ce qui semble avoir été la scène d’un crime crapuleux et… inusité.

Mais ce n’est pas le pire. À travers les cendres ont aussi été retrouvés d’autres objets plus étranges encore, notamment des restants de pneus et des feuilles de verveine, lesquels attireront davantage l’attention de l’enquêteur-chef et de ses compatriotes O’Leary et Blanchet. Il semble bien que le SPVM soit confronté à un crime contre la personne où le vaudou et la sorcellerie ont été pratiqués, mais dans quel dessein? Tout porte à croire pourtant que les coupables, quels qu’ils soient, aient pratiqué le supplice du pneu, qui «était monnaie courante du temps de l’apartheid. Mandela était déjà en prison lorsque cette pratique était devenue une façon de régler ses comptes. Le chef s’était opposé à cette justice sommaire, mais elle s’était inscrite dans les mœurs de l’Afrique du Sud et même au-delà de ses frontières.»

Jacques Savoie signe avec Le fils emprunté le troisième volet des enquêtes policières de Jérôme Marceau, cet enquêteur-chef récemment promut au sein de sa brigade, qui semble avoir vécu un passé aussi trouble que sa relation avec son fils «emprunté» Gabriel et son amante, l’ex-prostituée et nouvellement courtière immobilière Jessica Haddad. Une première immersion dans cet univers flou aux contours sombres peut certes s’avérer aussi aventureuse que la lecture d’un roman de Camilla Läckberg, puisqu’on ne sait jamais où l’intrigue va nous mener. Une chose est sûre, si Jacques Savoie présente quelques similarités évidentes avec cette écrivaine suédoise qui a gagné en popularité suite au succès international de Stieg Larsson, les deux maîtrisent l’art du suspense et des coups de théâtre, réussissant à conduire leur lecteur dans un dédale de péripéties menant certainement à un coup de théâtre nullement prévisible.

Avec pour sujet les Haïtiens et le vaudou, Le fils emprunté a le mérite de mettre en scène une intrigue qui se dévore au rythme des courtes nuits de son protagoniste Jérôme Marceau. Alors que ce dernier peine à dormir ne serait-ce que quelques heures, sollicité par une tonne de rebondissements qui lui interdisent tout repos, le lecteur est conduit à travers une métropole qui ne dort jamais elle non plus. Évidemment, l’identité de la première victime sera très tôt dévoilée, levant le voile sur un questionnement plus inquiétant encore: à quels monstres avons-nous réellement affaire? Assombries par une narration omnisciente laissant très peu d’indices au lecteur, les péripéties se succèdent les unes après les autres sans qu’un seul instant on se demande où tout cela peut bien mener.

Ton incisif, dialogues succincts et personnages cachotiers ne sont que le point de départ de ce onzième roman qui promet de vous tirer la chair de poule dès les premières pages.

Le fils emprunté de Jacques Savoie, Éditions Libre Expression, collection Expression noire, 331 pages, 24,95 $.

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