Le thriller policier «Kaïken» de Jean-Christophe Grangé | Bible urbaine

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Le thriller policier «Kaïken» de Jean-Christophe Grangé

Le thriller policier «Kaïken» de Jean-Christophe Grangé

À la poursuite d’un psychopathe hermaphrodite

Publié le 12 mars 2013 par Éric Dumais

Crédit photo : Albin Michel

Dans l’Antiquité, malgré leurs croyances en des Dieux doubles à la fois masculins et féminins, les Grecs condamnaient l’hermaphrodisme. Si un enfant avait le malheur de naître avec des organes génitaux dits ambigus, ils le brûlaient, le noyaient ou l’exposaient à la vue de tous, avant de le laisser mourir dans les bras de la Faucheuse. Pour se venger de sa différence, Paul Guillard, le supposé meurtrier, a décidé de répandre le mal partout où il passe.

La notoriété de l’écrivain français Jean-Christophe Grangé a d’emblée été prouvée à la parution des romans Le vol des cigognes (1994), Les rivières pourpres (1998) et L’Empire des loups (2003), pour ne nommer que ceux-ci. Grand manitou des thrillers policiers aux retournements inattendus, Grangé n’a toujours pas fini de nous surprendre. Avec Kaïken, l’auteur à la plume incisive nous plonge au cœur d’un récit bombardé de crimes atroces auxquels l’inspecteur Olivier Passan et son collègue Fifi, alias Philippe Deluc, devront répondre pour le meilleur ou pour le pire.

À contre-courant des romans policiers classiques et japonais, dans lesquels l’identité du meurtrier n’est révélée qu’à la toute fin, Jean-Christophe Grangé rejoint plutôt ici les platebandes du thriller policier ou du roman à suspense, au sein desquels le protagoniste connaît d’emblée l’identité du suspect, et dont le drame familial qu’il traverse, parallèlement à son enquête, lui mène la vie dure jusqu’au dénouement final.

Dans Kaïken, le policier Olivier Passan subit les répercussions de l’épave qu’est devenu son mariage avec Naoko, son ex-femme d’origine japonaise, laquelle a appris à le détester autant qu’elle aime à entretenir la peau laiteuse de son visage. En instance de divorce et la haine au cœur, Naoko fait tout son possible pour infliger à Passan les différents visages de sa haine. Ce qu’elle ignore peut-être, c’est qu’Olivier et Fifi ont d’autres chats à fouetter, notamment mettre le grappin au tueur fou qui éventre des femmes enceintes pour brûler vifs les fœtus avant qu’ils viennent au monde.

Tueur en série, psychopathe, pyromane et hermaphrodite de surcroît, Paul Guillard collectionne les titres au rythme de ses méfaits. Toujours en liberté, faute de preuves, Guillard joue au chat et à la souris avec les policiers parisiens qui sont incapables de le condamner devant la cour. Révélé au lecteur dès les premières pages, il est intéressant que Grangé ait décidé de concentrer son énergie sur les portraits de ses personnages, qui présentent tous des passés tortueux, plutôt que sur la révélation finale du meurtrier. Mais Paul Guillard est-il le bon meurtrier? Est-ce que Jean-Christophe Grangé tente de nous tromper?

Style épuré, phrases concises, ton sans détour, Grangé nous transporte avec Kaïken dans une réelle galère, toujours en adoptant ce vocabulaire populaire qui a tôt fait son charme.

Kaïken de Jean-Christophe Grangé
Éditions Albin Michel
472 pages, 32, 95 $

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