«L’effet papillon» de Jussi Adler Olsen | Bible urbaine

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«L’effet papillon» de Jussi Adler Olsen

«L’effet papillon» de Jussi Adler Olsen

De mendiant à fugitif

Publié le 12 mars 2016 par Éric Dumais

Crédit photo : Albin Michel

Avec un rythme d’un roman par an, l’auteur de polars Jussi Adler Olsen est en train de se bâtir une solide réputation dans son Royaume du Danemark, mais aussi aux quatre coins du globe: il a remporté, avec son premier roman Miséricordes, le Grand prix des lectrices de ELLE, en plus du Prix du meilleur roman scandinave avec Délivrance, le diamant brut de sa jeune collection. Voilà qu’il nous livre, toujours chez Albin Michel L’effet papillon, un cinquième roman à la construction complexe mais où les fondations, une fois posées dans nos esprits, laissent libre cours aux péripéties qui, elles, déboulent sur plusieurs centaines de pages jusqu’à une finale punchée.

L’intrigue se tisse pourtant à des milliers de kilomètres de Copenhague: un certain Louis Fon est envoyé en Afrique centrale, quelque part entre les villages bantous de Dja et Somolomo, où il est chargé de superviser un programme d’aide humanitaire fournissant des semences et des plants pour de nouvelles plantations aux Pygmées bakas dans le besoin. Sauf que malgré la noblesse de l’intention de départ, des choses bizarres se passent, et des pions majeurs sur l’échiquier disparaissent mystérieusement dans la nature. À Copenhague, Fon est laissé pour mort, de même que William Stark, chargé de retrouver son comparse disparu. Ce dernier ne reviendra jamais au Danemark. L’inspecteur Carl Morck, avec l’aide de ses collègues Assad et Rose, devra essayer de remettre les pièces du puzzle en place, mais Dieu sait que le prix à payer sera élevé et qu’ils sont au point de départ d’une course jusqu’alors sans ligne d’arrivée…

Voilà seulement une partie des fondations qui vient d’être mise en place; car vous comprendrez que l’intrigue de L’effet papillon est de loin plus complexe. Plusieurs histoires en parallèle, avec comme point de ralliement l’enquête policière du Département V, un point de départ vite mis de côté au profit d’une gang de voleurs clandestins de Copenhague qui auront bien vite un lien avec toute cette étrange affaire, en particulier le jeune Marco. Il faut l’admettre, il y a un mal pour un bien à lire ce polar d’une grande ambition, puisque dès le départ, tout juste après le prologue, le lecteur est forcé d’assimiler d’infimes détails pour bien comprendre la structure de l’intrigue. Mais un coup les pions en place, Jussi Adler Olsen nous tient bien fermement, enlisé dans un étang de mots duquel on ne peut plus échapper, et il nous entraîne sur plus de 300 pages où les péripéties se succèdent dans un rythme d’enfer.

L’auteur danois voit grand, il a l’ambition plus large que la panse d’un éternel gourmand, sauf que cet appétit vorace lui sert ici, puisqu’il nous livre un roman savoureux, prenant et exaltant, et ce, jusqu’à la toute dernière page.

«L’effet papillon» de Jussi Adler Olsen, Albin Michel, 23,99 $.

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