Les Éditions Pow Pow présentent une nouvelle cuvée de bédéistes québécois talentueux | Bible urbaine

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Les Éditions Pow Pow présentent une nouvelle cuvée de bédéistes québécois talentueux

Les Éditions Pow Pow présentent une nouvelle cuvée de bédéistes québécois talentueux

Publié le 18 décembre 2011 par Éric Dumais

Le 15 novembre, Luc Bossé et les Éditions Pow Pow ont réservé aux grands amoureux de la bande dessinée québécoise une soirée inoubliable lors de leur plus récent lancement ayant eu lieu à La Quincaillerie, à Montréal. Au programme, une ambiance festive et de belles découvertes: les bédéistes Sylvie-Anne Ménard (Zviane), Samuel Cantin et Michel Hellman.

Pain deviande et dissonnances

Sylvie-Anne Ménard, alias Zviane, est née en 1983. En plus d’être bédéiste, elle enseigne la musique. Par le passé, elle a réalisé plusieurs bandes dessinées, en plus de participer à divers fanzines et journaux et de travailler d’arrache-pied à son blogue personnel. Multipliant les projets et les collaborations, dont L’ostie d ‘chat tomes 1, 2 et 3 avec l’illustratrice Iris Boudreau, Zviane nous revient cet automne avec Pain deviande et dissonances, un recueil magistralement bien fait, où l’humour subtil est à l’œuvre dans des histoires un brin tragiques. La bande dessinée regroupe en fait cinq histoires baroques très originales mais différentes qui mènent toutes vers des dénouements assez surprenants. Par exemple, Les tarifs vont augmenter met en scène une jeune adolescente qui invite un beau jeune homme chez elle. Le seul hic, c’est qu’il a une tête en forme de gâteau. Ce détail saugrenu mis de côté et les préliminaires commencés, les deux adolescents s’adonnent bientôt au jeu de la séduction, qui va vraiment mal tourner suite à un instant de jalousie de la part de l’homme-gâteau. Et que dire de cette autre jeune femme, pour qui travailler pour l’entreprise de sécheuses de ses parents est un réel calvaire? Zviane met en œuvre des personnages coquins dans des situations plutôt abracadabrantes, ce qui donne un ton frais et humoristique à ce beau recueil bien ficelé. Si l’on dénote un travail de moine au niveau des dessins qui sont beaucoup plus appliqués que ceux de Michel Hellman ou Samuel Cantin, il n’en demeure pas moins que les dialogues, dans ce cas-ci, ont un peu moins d’impact sur le dénouement de l’histoire.

Appréciation: *** ½ – Site web de Sylvie-Anne Ménard: http://zviane.com/prout

Phobies des moments seuls

Le bédéiste Samuel Cantin est LA découverte cette année. Sa bande dessinée Phobies des moments seuls est une véritable bombe à retardement que vous devez a-b-s-o-l-u-m-e-n-t vous mettre sous la dent. C’est en fait le récit cocasse et absurde de Marcus Pigeon, ex-médecin devenu astronaute et écrivain, qui s’embarque à bord d’une mininavette afin d’explorer la station spatiale après deux années d’entraînement acharné et une quantité remarquable de barres Mars avalées. À son bord, on retrouve ses coéquipiers, dont le Commandant, le professeur Grimley, Timothé le panda, le biologiste Smith et Annette la bibliothécaire. À l’extérieur de la fusée, le lecteur fait l’agréable connaissance de Mathilde, l’épouse infidèle de Marcus, du Ministre de l’Espace et du Temps (avec qui Mathilde s’offre du bon temps), Sylvain le facteur ainsi que les Zénithaliens, notamment l’empereur Héraclus (surnommé Gilberte), le masseur Carol, le philosophe Daniel et le chef des armées, René. Les personnages, qui ne sont pas les plus grands représentants de l’intelligentsia au monde, vont vivre un périple assez intense du haut de l’espace, où ils apprendront entre autres à se ridiculiser entre eux, à rire des autres comme c’est pas permis, et à faire des choses pas toujours très catholiques. L’histoire, écrite en grosses lettres détachées, se lit comme un charme et, contrairement à Mile End, on retrouve presque autant de dialogues que de dessins. Le récit est drôle sans bon sens et vous vivrez assurément une petite déception lorsque vous approcherez du dénouement, mais, que voulez-vous, c’est la vie!

Appréciation: **** ½  – Site web de Simon Cantin: http://momentsseuls.blogspot.com

Mile End

Avec Mile End, Michel Hellman a eu l’excellente idée de mettre en scène, sur un ton fantaisiste et légèrement humoristique, ses diverses impressions, souvenirs et anecdotes du quartier Mile End sur le Plateau-Mont-Royal, où il habite actuellement. S’il ne met pas souvent le nez à l’extérieur de son quadrilatère, ce n’est pas seulement parce que les effluves des bagels du St-Viateur lui montent aux narines chaque matin; c’est qu’il voue, en réalité, une passion ineffable pour ce quartier riche en histoires et en anectodes. Michel Hellman, qui nous avait livré Iceberg, en 2010, aborde cette fois-ci plusieurs thèmes et situations de la vie quotidienne plus ou moins en lien les uns avec les autres, dont l’arrivée de l’électricité à Montréal, les difficultés de dénicher un bel appartement en ville, les hauts et les bas de la vie entre colocataires, les rencontres saugrenues avec certains itinérants du coin, l’histoire de l’arrivée de la chemise à carreaux au Québec, l’achat d’un premier ordinateur et les joies de l’hiver québécois. Mile End est une bande dessinée très sympathique qui se lit en moins d’une heure. Économe de mots, Michel Hellman semble s’attarder davantage à la qualité de ses dessins qu’à ses dialogues qui manquent parfois un peu de punch. Si l’humour n’est pas aussi décapant qu’on le croyait au départ, force est d’admettre qu’il y a cependant un travail colossal derrière l’œuvre et que l’exercice, au bout du compte, a bien valu une grosse heure de notre vie.

Appréciation: *** – Site web de Michel Hellman: www.michelhellman.com

Crédit photo: Éditions Pow Pow

Écrit par: Éric Dumais

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