«Nuit noire, étoiles mortes» de Stephen King | Bible urbaine

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«Nuit noire, étoiles mortes» de Stephen King

«Nuit noire, étoiles mortes» de Stephen King

L’art de la nouvelle d’horreur

Publié le 31 mai 2012 par Éric Dumais

Crédit photo : archambault.ca

Stephen King, alias Richard Bachman, est passé maître du récit d’horreur depuis des décennies. Après avoir imaginé les pires horreurs dans des romans devenus tour à tour des films à succès, voilà que le grand maître de l’horreur récidive avec un énième recueils de nouvelles, intitulé sobrement Nuit noire, étoiles mortes.

Après avoir imaginé les pires horreurs, comme la torture à domicile (Misery, 1989), l’invasion d’extra-terrestres (Les Tommyknockers, 1989 et Le Dôme 1 et 2, 2011), la morsure d’un berger anglais enragé (Cujo, 1982), la colère d’une automobile vivante (Christine, 1984), les morts-vivants (Simetierre, 1985), les objets ensorcelés (Bazaar, 1992) et l’amaigrissement critique (La peau sur les os, 1987), il est fort étonnant qu’un écrivain de ce calibre réussisse toujours à surprendre et effrayer son lectorat avec des histoires toutes aussi terrifiantes les unes que les autres. À l’instar de Patrick Senécal au Québec, Stephen King, aujourd’hui âgé de 65 ans, est décidément une figure emblématique du roman d’horreur américain.

Dans Nuit noire, étoiles mortes, Stephen King renoue avec le récit d’horreur fantastique avec quatre nouvelles fort singulières et originales. Contrairement aux recueils Rêves et cauchemars (1994) et Tout est fatal (2003), qui devait son succès uniquement à cause de la nouvelle 1408, adaptée au cinéma par Mikael Hafström et mettant en vedette John Cusack et Samuel L. Jackson en 2007, Nuit noire, étoiles noires est un chef-d’œuvre du genre qui en terrorisera plus d’un.

La nouvelle 1922 nous plonge dans l’existence rurale de Wilfred Leland James, qui a assassiné sa femme Arlette Christina Winters James à l’aide de son fils Henry Freeman James, alors âgé de 14 ans, en raison d’une mésentente sur la vente de leurs terres familiales. Ainsi, père et fils attendront le bon moment pour commettre leur crime crapuleux. Un soir, alors qu’Arlette est ivre morte, Wilfred la poignarde de plusieurs coups de couteaux, et ce, sous le regard consentant mais vitreux de son fils, sa pauvre femme, avant de la balancer cul par-dessus tête dans un puits situé derrière la ferme. Les jours passent et des manifestations étranges et surnaturelles surviennent dans les environs. Arlette serait-elle de retour pour assouvir sa terrible vengeance? Cette histoire, fortement documentée et d’une longueur considérable (174 pages), est aussi dérangeante que Brume et innatendue que 1408. Malgré sa longueur, le lecteur est littéralement hypnotisé par la plume de l’auteur et le dénouement, comme dans la plupart des histoires de Stephen King, vous clouera littéralement sur place.

Pour sa part, la nouvelle Grand chauffeur, tout aussi volumineuse que la précédente, nous présente Tessa Jean, une écrivaine et conférencière populaire, qui sera violée et battue par l’homme venu à son secours suite à une crevaison. Au moment où tess ouvre les yeux, elle repose dans une flaque d’eau vaseuse, pratiquement nue. Mutilée et laissée pour morte, Tess tentera par tous les moyens de regagner son domicile afin de mettre au point sa vengeance. Tout aussi terrifiante, cette nouvelle ressemble étrangement au film I Spit on Your Grave de Steven R. Monroe, qui a été adapté à partir du classique de Meir Zarchi, réalisé en 1978. Un récit à donner froid dans le dos et des papillons dans le ventre à ceux qui dévorent les romans d’horreur.

Les nouvelles Extension claire et Bon ménage sont elles aussi à la hauteur du talent de Stephen King, mais pour en connaître la portée, il vous suffit de vous procurer ce nouveau recueil de nouvelles, paru chez Albin Michel, lequel est en magasin depuis le 26 mars 2012.

Si vous avez dévoré Brume, eu des frissons dans le dos à la lecture de Bazaar, et éprouvé une peur épouvantable en lisant 1408, vous adorerez Nuit noire, étoiles mortes.

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