«Dans la peau de...» la blogueuse Béatrice Bernard-Poulin | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» la blogueuse Béatrice Bernard-Poulin

«Dans la peau de…» la blogueuse Béatrice Bernard-Poulin

Vivre mieux, en dépensant moins!

Publié le 23 février 2018 par Michelle Paquet

Crédit photo : Michelle Gagné

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Cette semaine, nous avons interviewé la blogueuse Béatrice Bernard-Poulin pour qu'elle nous parle de son livre Vivez mieux pour moins et du rebranding de son blogue, anciennement nommé Eille la cheap!

1. Béatrice, tu es l’auteure du blogue Béatrice (anciennement Eille la cheap!) qui donne des suggestions variées pour mieux vivre, pour moins. Peux-tu nous parler un peu de ce qui t’a inspiré à devenir blogueuse?

«J’ai commencé à bloguer «officiellement» en 2011. J’avais déjà «bloggé» sur Blogger, mais ce n’était rien de sérieux (et je ne crois pas que personne n’ait déjà lu ce que j’écrivais!) C’est Camille Dg du blogue Le Cahier qui m’a encouragée à le faire, car elle disait que ça m’aiderait à me faire connaître dans le domaine plutôt compétitif des communications. J’ai donc parti un premier blogue, sans réelle identité (ni nom), qui s’est tranquillement transformé en Eille la cheap!»

«J’ai fait bien des essais-erreurs avant d’arriver à développer un blogue intéressant: presque personne ne lisait mon blogue jusqu’en 2015. C’est en octobre 2016 que j’ai décidé de prendre l’exercice au sérieux et de dédier le temps et l’argent nécessaires pour faire connaître mon projet.»

«En septembre 2017, j’ai décidé de rebrander pour donner mon nom à mon blogue et aider à l’amener à un autre niveau.»

2. Tu viens de faire paraitre Vivez mieux pour moins, un ouvrage qui se veut un outil pour établir les bases d’un budget sain. Comment est-ce que ton blogue t’a mené à ce projet?

«Les Éditions Goélette m’ont proposé de faire ce livre après avoir découvert mon blogue. Ils m’ont proposé le format «journal», auquel je n’avais pas pensé, même si j’avais déjà envisagé de faire un livre auparavant. J’ai adoré l’idée, qui est un parfait complément au blogue!»

«Le format «journal» propose quelque chose de totalement différent; c’est un exercice collaboratif avec le lecteur, donc ça amène définitivement un «plus» à ce qui existait déjà en ligne.»

«Sur mon blogue, je parle souvent de ma haine des chiffres, et je crois que l’idée de rendre l’exercice ludique et agréable, même pour les nuls, plait à beaucoup de gens. J’ai eu énormément de commentaires positifs sur le fait que le livre est coloré et joyeux, pas quelque chose qu’on associe habituellement aux finances personnelles!»

3. Tu prônes l’achat local et ne cautionne pas la surconsommation, deux choses qui sont un peu hors de l’ordinaire pour les blogues de ce genre. Pourquoi est-ce que c’est important pour toi de promouvoir ces valeurs sociales?

«Lorsque j’ai commencé à bloguer, je voulais parler de plusieurs de mes passions: le voyage, la nourriture, la mode locale, bref, des choses qu’on n’associe pas habituellement avec «petit budget». En 2011, on commençait à parler de notion de «niche», de comment se différencier des autres, comment avoir sa voix propre. Des amis m’ont fait remarquer que je profitais de toutes ces choses, malgré mon budget de fille à peine sortie de l’université (et sans emploi stable). L’idée de partager des astuces, d’en faire plus malgré un plus petit budget s’est donc imposée.»

«Au départ, cependant, j’avais moins de réticences à parler de grandes chaînes internationales et de consommation de masse, et j’en parlais également. Au fil des années, j’ai développé une plus grande conscience du problème de la surconsommation et du gaspillage, et j’ai décidé d’utiliser ma plateforme pour sensibiliser les gens le plus possible. C’est aussi à ce moment où les émissions sur le couponing devenaient de plus en plus populaires, et je voulais dire aux gens: non, vous n’avez pas à faire ça, même avec un petit budget! C’est insensé d’avoir pour deux ans de spagat’ à la maison: ça va revenir en spécial!»

«Je prône le gros bon sens, le respect de SA réalité financière et je dis non aux solutions uniques. Je propose donc aux gens de déterminer ce qui est le plus important pour EUX et de faire des choix en conséquence, ce qui permet de dédier son budget à ce qui nous importe, que ce soit la mode éthique, la nourriture bio, le voyage ou la culture.»

4. Récemment, tu as changé le nom de ton blogue de Eille la cheap! à Béatrice. Est-ce que les préjugés ou les idées préconçues que les gens pouvaient avoir à ton égard avec l’ancien nom ont influencé ce choix?

«Le changement de nom n’a pas fait l’unanimité! Plusieurs lectrices y étaient attachées. Je crois qu’il m’a aidé à développer une certaine notoriété, car disons qu’il est plutôt original!»

«Cependant, il commençait à devenir un fardeau pour plusieurs raisons. La première: il y a 56 façons d’écrire «eille», j’étais donc constamment en train d’épeler le nom du blogue et de le répéter.»

«Bien sûr, il y aussi la connotation négative. Certaines personnes sont fières de leur côté cheap et comprennent que le nom était d’abord et avant tout une blague (ce qui cadrait bien avec le ton peu sérieux du blogue), mais je recevais des reproches, des demandes pour parler uniquement de consommation de masse, bref, certaines personnes étaient incapables de passer par-dessus la blague.»

«Vers la fin 2016, je travaillais plus de 30 heures par semaine sur mon blogue et je n’en tirais pas un revenu très intéressant. Je commençais à trouver que j’avais donné, côté bénévolat, et je voulais rentabiliser mon site (tant au niveau du temps que de l’argent investis). Je me suis rendue à l’évidence que ce ne serait pas possible que le nom survive à long terme, car il me fermait des portes et m’empêchait de faire l’argent nécessaire pour faire rouler le projet.»

«J’ai donc pris près d’un an à planifier mon rebranding, et j’en suis venue à la conclusion qu’aucun nom ne décrirait parfaitement la mission du blogue et que je ne voulais pas refaire cet exercice dans deux ans, alors j’y suis allée avec une solution passe-partout: j’ai choisi mon nom! C’est également beaucoup plus simple lorsque vient le temps de faire des chroniques dans d’autres médias ou donner des conférences.»

5. Tu es blogueuse, maintenant auteure, conférencière et on en passe! C’est quoi la prochaine étape pour Béatrice, et qu’est-ce que tu aimerais accomplir dans un futur proche?

«J’ai des études universitaires et une formation professionnelle en télévision, alors il est certain que j’aimerais faire des chroniques à la télévision éventuellement! Au cours des dernière années, j’ai aussi pu faire plusieurs chroniques et entrevues à la radio et je suis tombée totalement amoureuse du médium. Ceci étant dit, j’espère surtout continuer à faire mon petit bout de chemin dans le monde du blogging, développer ma boutique en ligne et continuer à produire du contenu qui plaira à mes lectrices.»

Pour consulter nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le www.labibleurbaine.com/Dans+la+peau+de…

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