«Pomme S» d’Éric Plamondon | Bible urbaine

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«Pomme S» d’Éric Plamondon

«Pomme S» d’Éric Plamondon

Le bonheur n’est qu’une fiction

Publié le 24 mars 2014 par Caroline Legouix

Crédit photo : Le Quartanier

Pomme S est le troisième volet de la trilogie 1984 d’Éric Plamondon paru chez Le Quartanier. Le narrateur, Gabriel Rivages, y continue, à la manière d’un journal personnel, à commenter une destinée hors du commun. Avec de nombreux détails encyclopédiques, il tisse une toile d’informations passionnantes sur le développement d’Apple par Steve Jobs, ainsi que sur l’histoire de l’informatique. Mais comme dans les deux premiers livres, ce sont les réflexions de Gabriel Rivages qui représentent le cœur de l’histoire.

Gabriel Rivages travaille dans l’industrie du marketing. C’est sans doute pourquoi il met l’accent, dans sa biographie de Steve Jobs, sur le rôle clé qu’a joué la célèbre publicité culte réalisée par Ridley Scott (Alien, Blade Runner), dans la réussite de la compagnie Apple. «Le 24 janvier, Apple Computer va lancer le Macintosh. Et vous verrez pourquoi 1984 ne sera pas comme 1984.» (Citation du slogan publicitaire).

Steve Jobs est présenté par Rivages comme «le premier chef d’entreprise qui devient une superstar et qui accède au statut d’icône de la culture populaire…». En effet, Rivages nous explique comment cet enfant adopté devenu milliardaire a su mettre en scène, avec ses produits informatiques novateurs, une certaine fiction du bonheur.

Mais il est impossible de parler de Pomme S sans évoquer les deux livres précédents. Ainsi, dans Hongrie-Hollywood-Express (2011), Rivages racontait la vie de Johnny Weissmuller (mort en 1984), champion olympique de natation et acteur qui incarna Tarzan. Mayonnaise (2012), est un hommage à l’auteur préféré de Rivages, Richard Brautigan, un des derniers beatniks américains (qui s’est suicidé en 1984). Quel est le lien entre ces deux personnages et Steve Jobs, à part l’année 1984 et le fait qu’ils sont américains? Le lien, c’est le narrateur. Il s’intéresse à ces destinées, il les commente et cela l’amène à parler de sa vie personnelle.

Chaque tome de cette trilogie représente un exercice habile de construction d’une histoire personnelle, celle de Gabriel Rivages, qui parvient à la fin à mieux se comprendre, grâce à l’écriture. Mais au-delà de l’exercice, il y a la voix attachante du narrateur et son plaisir évident de raconter. Pour le lecteur, le bonheur est dans la fiction.

«Il aura fallu trois vies pour comprendre que le bonheur n’est qu’une fiction, que pour être heureux il faut inventer sa vie, et que la seule façon de l’inventer, c’est de la raconter.»

Pomme S est finaliste en 2014 au Prix des libraires du Québec, tout comme les deux précédents romans de la trilogie l’ont été en 2012 et 2013.

«Pomme S» d’Éric Plamondon, Le Quartanier, 2013.

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