«Revival» de Stephen King chez Albin Michel | Bible urbaine

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«Revival» de Stephen King chez Albin Michel

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Et si l’électricité pouvait faire de vous un miraculé?

Publié le 18 décembre 2015 par Éric Dumais

Crédit photo : Éditions Albin Michel

Stephen King, depuis une bonne décennie, s’est relativement calmé les ardeurs, car l’horreur avec lequel le maître nous avait initié jadis ne cause plus la même trouille aujourd’hui. Voilà qu’après une série de romans moins effrayants mais plus ambitieux dans leur trame narrative, King distille sa soif de sursauts et de mystères en offrant une histoire sur le rock ‘n’ roll, le catholicisme et les pouvoir infinis de l’électricité, laquelle, après de longues heures de patience de la part du lecteur, mène vers une tombée du rideau bien banale.

Et il est là le plus gros bémol de ce récent Revival, qui nous fait faire un saut en 1962 jusqu’au début des années 2000, car Stephen King prend toujours un soin appliqué à planter son décor au compte-goutte et à rendre attachant son protagoniste, qu’il nous présente sous toutes les facettes pour être bien sûr qu’on s’y attache. Et il ne fait nul doute; on apprend à l’apprécier ce petit Jamie, qui passera du petit garçon qui joue-à-la-guerre-avec-ses-figurines au guitariste-rythmique-qui-jouera-dans-plusieurs-bands et qui va tomber inévitablement dans la marmite du sexe, drogue et rock ‘n’ roll. Et il y passera cul par-dessus tête dans cette fameuse marmite.

Mais ce qui va surtout marquer sa vie, c’est l’arrivée du révérend Charles Jacob, nouvel espoir dans le village de Harlow, lequel va tenter, par sa fougue et son charisme, de redonner un boost de croyances et d’attachement aux fidèles croyants du Seigneur. Jamie va s’attacher rapidement à ce gentil personnage qu’est Charlie, et vice versa bien sûr, mais un drame tragique va plonger le révérend dans un état parent de la dépression rageuse, et leur relation en sera affectée à tout jamais. Après un retrait forcé de l’homme d’église et une expulsion obligée, Jamie ne reverra plus Charles Jacobs, du moins le croyait-il, sauf lorsqu’il sera au pire de sa condition, c’est-à-dire complètement défoncé et rachitique au point d’effrayer toute âme qui vive.

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Le temps a passé et le révérend, devenu désormais un faiseur de miracles à bon marché, a fait de sa passion pour l’électricité (il a quand même redonner sa langue à ce cher Terry) un remède pour soigner les malades. Sauf que ces spectacles qu’il donne de ville en ville, à la manière d’une foire ambulante, laissent des traces sur les cobayes qui ne deviennent pas tous des miraculés de la science… Jamie, devenu un adulte tentant de se reprendre en main, essaie tant bien que mal de retrouver son ami de jeunesse pour mettre un frein à ses machinations qui ne semblent pas seulement répandre le bien autour de lui, mais aussi le mal.

Arrivera-t-il à donner raison à l’ex-révérend qui mordait dans la vie avant le drame?

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Bien sûr, rien ne va plus, et il est là tout l’attrait du livre: la folie guérisseuse de Jacobs semble sur une lancée dangereuse, et King a justement travaillé fort-fort-fort pour que son lecteur veuille connaître la suite, et surtout comprendre ce que mijote Jacobs avec l’électricité. À la manière d’un Dreamcatcher où l’on apprend à connaître chacun des amis d’enfance avant d’être lancé dans une histoire fantastique en apparence apocalyptique, ici ce Revival nous plonge dans une petite vie à l’américaine qui ouvre une dimension sur un mystère qui paraît bien beige à côté de ce que Stephen King est capable d’offrir.

Et puis avouons-le franchement: le maître incontesté de l’horreur a perdu sa couronne depuis belle lurette, excellant toujours avec cette plume ensorceleuse et ces portraits complexes qui nous rend ses personnages toujours aussi vivants, autant dans leur moments de forces que de faiblesses. Sauf que la frayeur de naguère a laissé place à une poignée de scènes horrifiques modérées qui ne dresse plus les poils sur les bras, hélas! Fans de King, lisez-le, vous retrouverez vos vieilles chaussettes, nouveaux arrivants dans le domaine de l’horreur, découvrez Maxime Chattam ou encore Ryan David Jahn.

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