«Violence à l’origine» de Martin Michaud | Bible urbaine

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«Violence à l’origine» de Martin Michaud

«Violence à l’origine» de Martin Michaud

Chasse au Père-Noël en pleine canicule

Publié le 2 février 2015 par Éric Dumais

Crédit photo : Éditions Goélette

Martin Michaud est probablement la référence que tout amateur de polars qui se respecte devrait avoir en tête au moment opportun de s’évader de son quotidien. Et son plus récent roman Violence à l’origine ne fait aucunement exception à la règle et mériterait d’ailleurs sa place dans votre bibliothèque, au même titre que Je me souviens et Sous la surface, qu’il surpasse haut la main, cela dit, avec cette intrigue enivrante qui lui permet de manipuler son lecteur comme un marionnettiste sa marionnette.

Des cadavres sont retrouvés par le SPVM un peu partout à Montréal, dans une ruelle comme dans les égouts, avec toujours ces graffitis ludiques qui colorent les lieux. Or, nul doute que ces meurtres violents sont l’œuvre d’un seul et même désaxé, puisque sur chacun de ces dessins sont représentés un Père-Noël assassinant avec une arme différente à tous les coups sa prochaine victime. Ainsi, Victor Lessard et sa coéquipière Jacinthe Taillon se retrouvent au centre d’une affaire embêtante, puisque le tueur en série semble jouer au chat et à la souris avec la police. Et comble de malheur: il ne semble pas y avoir de lien direct entre les victimes, ce qui leur complexifie la tâche. Une chose est claire cependant: le Père-Noël sera bel et bien la dernière victime, comme le laisse présager les bouts de papier retrouvés dans la bouche des macchabées où repose toujours, vide, une bombe d’aérosol. Mais combien de malheureuses victimes ce tueur sanguinaire réussira-t-il à tuer d’ici à ce qu’il soit épinglé par les autorités?

L’inspecteur Victor Lessard brille à nouveau dans l’univers casse-tête de Martin Michaud, lui qui avait pris une légère pause depuis la brique Je me souviens. Et on renoue vite avec ces personnages, comme ces êtres chers qu’on revoit après des années et qu’on a l’impression d’avoir vu hier, car Michaud possède ce don de créer des personnages vrais, attachants et qui pourraient réellement crever l’écran. On a en effet le sentiment de les avoir déjà vus à l’écran, ou dans notre quotidien. Et les dialogues de la coéquipière Jacinthe Taillon, gourmande, colonne et lesbienne de surcroît, apportent toute la dose d’humour qui permet à Michaud de détendre l’atmosphère, surtout lors de moments plus heavy où elle réussit à lancer ses répliques assassines. Divisé en quelque 52 chapitres, sur une durée de 12 jours, il est fort intéressant de remarquer, au premier coup d’œil, que l’auteur a enlevé exprès le chapitre 1 du récit chronologique, préférant ouvrir l’appétit de son lecteur avec les chapitres 48 et 49, relayant cette première pièce du casse-tête à la page 399, seulement!

Bref, un thriller policier que l’on dévore d’une bouchée, qui s’inscrit dans un Montréal contemporain, avec un cadre réaliste sous la gouverne du fameux maire Coderre, ce qui situe encore plus le lecteur à la réalité à laquelle il est confronté. Du grand art!

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