«22h22», un cinquième album pour Ariane Moffatt | Bible urbaine

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«22h22», un cinquième album pour Ariane Moffatt

«22h22», un cinquième album pour Ariane Moffatt

Chuchotements, synthétiseurs et nuages de barbe à papa

Publié le 23 mars 2015 par Valérie Lachaîne

Crédit photo : Le Pigeon

Il est 22h22 au cadran. La voix qui chuchote, les yeux mi-clos. C’est dans la thématique du rêve qu’Ariane Moffatt offre 22h22, son cinquième album en carrière, lequel a été co-réalisé avec son ami Jean-Phi Goncalves, en collaboration avec François Lafontaine. Tout en douceur, le résultat navigue entre mère et amoureuse, entre jour et nuit, entre chiens et loups.

22h22 pour la paire. À sentir la délicatesse dans la voix de la chanteuse, on croirait l’entendre réciter les textes à ses jumeaux. C’est douillet, c’est tranquille, et on sent le bonheur planer à l’intérieur. Entièrement composé dans la langue maternelle de Moffatt, 22h22 rappelle ce sentiment de rêve éveillé, ou plutôt de nuits d’insomnie passées, autant par ses textes, appuyés par Tristan Malavoy et Frank Deweare, que par son ambiance sonore.

Sur 22h22, on oublie les guitares de Le cœur dans la tête et l’électro dansante de MA. Ici, c’est musique plastique, boutons, claviers et synthétiseurs. Le son est très minimaliste, voire expérimental, au point tel qu’on entend presque les silences. Il est aussi électro, mais surtout très dream pop, faisant parfois un bond dans les années 80. Le côté vaporeux de l’album est évoqué jusqu’à la pochette, avec ses teintes de roses rappelant les nuages de barbe à papa.

Ariane_Moffatt_Credit_Lepigeon

L’ouverture de l’album est bien choisie avec la pièce titre «22h22», laquelle nous invite à entrer dans ce rêve conscient, et l’enchaînement avec «Rêve» se fond logiquement à la suite. La remise en question du temps qui avance sur la pièce «Nostalgie des jours qui tombent» porte à réflexion. Son clin d’œil à l’art (plus particulièrement à La Joconde), qui elle ne vieillit jamais, est fort intéressant. S’ensuit le très accrocheur single «Debout». Jusque là, rien à dire.

C’est à partir du morceau «Les tireurs fous» que s’établit un certain clash dans l’album, une certaine perte de profondeur. Certes le texte est engagé, mais il manque de finesse. On dirait qu’il y a trop de texte en phrases complètes et que le tout n’est pas assez mis en musique. Même effet sur «Domenico», où les synthétiseurs compensent pour le manque de poésie. On dirait que toute l’énergie est mise sur «Miami», chanson très entraînante qui parle pourtant d’une amitié perdue.

Mention d’originalité à «Matelots & frères», où Ariane Moffatt s’amuse à faire du sampling de bruits de bouche de ses poupons. Un peu freak par moments… Gros coup de cœur pour la pièce «Les deux cheminées», super métaphore d’une histoire d’amour véritable. L’album se clôt enfin avec «Toute sa vie», où une chorale d’une cinquantaine d’internautes anonymes a répondu à l’appel lancé par la chanteuse sur les médias sociaux.

22h22 n’est clairement pas un album de singles comme ont pu l’être les précédents d’Ariane Moffatt. Il faut prendre ce nouvel opus dans son entièreté, l’écouter d’un bout à l’autre afin de bien le saisir.

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