Analyse d'une oeuvre (mythique): l'album «Aquarium» d'Aqua – Bible urbaine

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Analyse d’une oeuvre (mythique): l’album «Aquarium» d’Aqua

Analyse d’une oeuvre (mythique): l’album «Aquarium» d’Aqua

Du bonbon à déguster au MTELUS le 23 septembre!

Publié le 24 août 2018 par Mathieu St-Hilaire

Crédit photo : www.evenko.ca

Vous vous rappelez où vous étiez lorsque vous avez entendu «Smells Like Teen Spirit» pour la première fois? Moi aussi. «Le dôme» de Leloup? Même chose. Il y a de ces œuvres des années 1990 dont le temps n’efface pas l’importance. Bien au contraire, elles s’incrustent dans une mémoire collective, bien accrochées à des souvenirs et bien rattachées à une époque. Lorsque je me suis aperçu que le groupe scandinave Aqua était de passage au MTELUS le 23 septembre prochain, je me suis dit que je profiterais de l'occasion pour replonger dans l’une de ces œuvres, soit leur tout premier album, Aquarium.

*Cet article a été commandité par evenko.

Parce qu’un événement aussi singulier se doit d’être souligné. Après tout, nous parlons ici d’un album tout spécial au bagage culturel indéniableVoilà donc pourquoi j’ai décidé de signer un article tout spécial sur le phénomène qui bouleversa l’existence d’un nombre ahurissant de jeunes filles (et de jeunes garçons, avouez les gars) de 13 ans et moins dans la deuxième moitié des années 1990: Aqua.

Pour chaque disque révolutionnaire, il est possible de retourner en arrière et d’y voir qui a pu paver la voie pour que quelque chose d’aussi marquant puisse voir le jour. Prenez Nevermind de Nirvana, par exemple: sans les Dinosaur Jr., Sonic Youth, Pixies ou autres Melvins, jamais un album de cette trempe n’aurait pu exister. Le grunge n’est pas apparu du jour au lendemain. Eh bien, l’eurodance non plus!

Pour qu’Aqua nous livre cette bombe appelée Aquarium (déjà, le titre est plutôt futé) en 1997, d’autres ont dû trimer dur pour préparer le terrain. Il faut leur rendre hommage.

Aqua in 1997 (L-R): Soeren Rasted, Lene Nystrom, Rene Dif, and Claus Norreen

Vous vous souvenez de ces artistes de génie qui ne voulaient que vous faire danser? Haddaway et son intemporel «What Is Love», qui secoua la terre jusqu’en Amérique du Nord? Tout comme La Bouche, venant d’Allemagne tout comme Haddaway, qui nous faisaient rêver avec «Sweet Dreams»? Que dire de Whigfield, cette blonde danoise qui a su s’emparer des palmarès en 1994? Et mieux que tout ça encore, comment libérer de notre esprit les tonitruants Rednex, dont le méga-hit, le scintillant «Cotton Eye Joe», a prit d’assaut les planchers de danse et les radios commerciales? Je commence à comprendre ceux qui disent sans cesse que la musique était bien meilleure dans l’temps.

Alors voilà qui nous amène à Aquarium. La première chanson, «Happy Boys & Girls» rayonne de bonheur. On fait alors connaissance avec Lene Nystrom et René Dif, qui s’échangent le micro de brillante façon, de quoi nous remémorer les grands duos de l’histoire de la musique pop. Visez-moi aussi ces paroles, qui ne sont que la pointe de l’iceberg de la multitude de thèmes touchés à travers les onze chansons: «Come On / Let’s go get it on» ou bien «Everybody, let’s go have some fun». Redoutable.

«My Oh My» va tout aussi en profondeur que la pièce d’introduction, sauf que les rythmes galopants nous font instantanément shaker de la patte. Ensuite vient le moment tant attendu: le classique «Barbie Girl». Rarement, dans l’histoire de la musique pop, a-t-on pu voir une critique aussi acerbe de la société de consommation et de l’hyper sexualisation de la femme. Le message est tellement fort que la compagnie Mattel a dû poursuivre le groupe pour avoir nui à la réputation de la fameuse Barbie. Les Sex Pistols n’ont qu’à aller se rhabiller. Un moment clé dans l’histoire de la pop.

«Good Morning Sunshine» fait penser à une chanson d’Ace Of Base, autre formation dont l’influence résonne encore aujourd’hui, même si on les oublie souvent. Les rythmes sont plus lents que les titres précédents, démontrant que le groupe avait cet instinct de faire un album s’écoutant bien d’un bout à l’autre. Et visez-moi ce rap de René Dif au milieu de la pièce! Du tonnerre. «Doctor Jones» a quelque chose de mystérieux: qui est ce fameux Jones? Indiana Jones? Ou est-ce que, comme John Lennon dans «Doctor Robert», le docteur en question est leur pourvoyeur en drogues? «Heat Of the Night» est une pièce exotique à saveur latine où le groupe nous susurre à l’oreille: «No need to worry / The tequila is here».

«Be A Man» est une ballade grandiose qui remet en question, vingt ans plus tôt, tous les débats que l’on entend aujourd’hui autour du genre. Bon, peut-être que je pousse l’analyse un peu loin ici. N’empêche que les paroles sont franchement intéressantes: «For once in your life / Be a man / Just tell me the words / ’Cause I know that you can». «Lollipop (Candyman)» est un autre très gros hit ayant fait danser la planète. À noter la présence accrue de René Dif sur cette pièce, criminellement sous-utilisée sur le reste de l’album.

«Roses Are Red» est inspirée et inspirante. Son contenu lyrique est à la fois surréaliste et réaliste, démontrant toute la versatilité des auteurs. «Turn Back Time» est une autre ballade puissante qui nous laisse en émoi. On revient à la fameuse question que plusieurs scientifiques se posent encore aujourd’hui: qu’arriverait-il si l’on pouvait voyager dans le temps? Aqua n’a malheureusement pas la réponse, mais déjà le questionnement mérite d’être souligné. «Calling You» ferme l’album avec un gros point d’exclamation. Rapidement, on constate que les quarante dernières minutes ne furent pas assez: on aurait pris encore plus d’Aqua.

Un album d’un tel impact fera des petits. Ainsi suivront les super formations Eiffel 65 et les Vengaboys, pour ne parler que de ceux-ci. Toute une génération sera marquée par la présence de ces groupes phares. Quant à Aqua, ils reviendront à la charge trois ans plus tard avec un deuxième album au titre tout aussi futé, Aquarius, qui n’aura malheureusement pas le même impact sur les palmarès que le précédent. La décennie suivante verra le groupe prendre une longue pause, avant de revenir avec Megalomania en 2011.

Aqua se réunit une fois de plus pour une tournée, qui s’arrêtera à Montréal, le dimanche 23 septembre prochain, au MTELUS.

Pour tout savoir sur le concert montréalais du groupe scandinave Aqua au MTELUS le 23 septembre 2018, consultez le site d’evenko au https://www.evenko.ca/aqua/mtelus. Les billets sont disponibles maintenant. C’est un rendez-vous!

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