«Dans la peau de...» Ambre Ciel, créatrice d'un univers sonore contemplatif | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» Ambre Ciel, créatrice d’un univers sonore contemplatif

«Dans la peau de…» Ambre Ciel, créatrice d’un univers sonore contemplatif

Un doux mélange de néoclassique, ambient et de chanson francophone

Publié le 18 décembre 2020 par Mathilde Recly

Crédit photo : Jean-Philippe Sansfaçon

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Cette semaine, nous avons interviewé Ambre Ciel, une auteure-compositrice montréalaise qui vient de sortir son single «Mirador», un doux et savant mélange de sonorités instrumentales, d'ambient et de chanson francophone.

Jessica, on te connaît maintenant sous le nom d’Ambre Ciel avec ton projet musical. Toi qui as étudié en musicologie et en interprétation au violon avant de te mettre à la composition des chansons de ton premier EP, on est curieux de savoir: d’où t’est venue la piqûre pour la musique?

«Ça remonte à loin! J’avais un piano à la maison et je passais beaucoup de temps à tenter de rejouer ce que j’entendais dans les films. À partir de là, ma mère m’a inscrite à des cours de piano puis, après, je me suis davantage intéressée au violon, alors j’ai commencé à étudier cet instrument dès le primaire dans une école qui avait un volet en musique

Tu sembles être sensible à des genres musicaux très variés (musique cinématographique, ambient, néoclassique, chanson francophone…) et aimer «briser les frontières» qui existent entre eux. Qu’est-ce qui t’a donné envie d’aller dans cette direction en tant qu’auteure-compositrice-interprète?

«Ça s’est fait naturellement. J’ai composé des pièces instrumentales, puis d’autres qui se rapprochaient un peu plus de la chanson. Je trouvais ça intéressant d’intégrer les deux dans le EP, dans le but de créer une expérience sonore à la fois variée et unifiée.»

«Aussi, le fait d’être une artiste indépendante et émergente enlève une certaine pression de devoir cadrer dans un genre musical en particulier, ou de devoir répondre à des attentes externes. J’avais envie d’assumer pleinement cette liberté-là dans la réalisation du EP, et ça m’a poussée à approfondir cette direction jusqu’à temps que j’en ressorte avec de la musique qui sonnait “originale” à mes oreilles.»

Ce 27 novembre, tu as sorti le single «Mirador», premier extrait de ton EP à paraître en janvier prochain. Peux-tu nous dire de quoi parle cette chanson, et quelles émotions tu as cherché à faire passer à travers le texte et les arrangements?

«On est dans une trame surréaliste, mais dans laquelle je parle du regard de l’autre, de la manière dont ça teinte notre perception de nous-même et comment ça peut déteindre sur nos relations. Mais, ça reste ouvert à l’interprétation…!»

«En général, quand j’écris, j’ai envie que les mots soient libres de communiquer quelque chose; j’aime ça que ce soit contemplatif, qu’ils nous sortent de notre réalité quotidienne.»

Parlant de cet opus à venir, pourrait-on avoir un avant-goût des thématiques abordées et des ambiances dans lesquelles tu vas plonger tes auditeurs grâce aux différentes pièces qui le composent?

«C’est pas mal contemplatif, mais avec beaucoup d’imprévisibilité dans la forme. Ça commence avec des sons et des textures qui nous font sentir un peu suspendu dans les airs, et ça termine avec des sons de terrain, dans la nature.»

«Entre ces deux extrêmes, les pièces varient entre l’instrumental, l’ambient et la chanson francophone. On y retrouve «Mirador» qui s’étire avec une suite instrumentale, et aussi «Visage nuée» que j’ai réarrangée complètement. Les textures sont ambiantes, et les cordes prennent une place centrale dans le mix. La voix est là, parfois, et repart, selon la trame musicale.»

«Pietro Amato, qui a fait le mixage et la prise de son, a ajouté beaucoup de chaleur et d’humanité en gardant les respirations des interprètes, ou encore des bruits de banc de piano qui se déplacent, ou de pédale qui est enclenchée. Ça rend le tout vivant, et balancé par rapport au reste de l’instrumentation qui est plus numérique.»

«Pour les thématiques, ça reste en général contemplatif, mis à part la pièce «L’incendie» qui parle de dépression. C’est un brouillard dans lequel je me suis sentie plongée dans un passé pas trop éloigné; j’ai écrit les paroles à ce moment-là et ça en a fait quelque chose de constructif (haha). L’absence de concret dans ma vie était difficile à vivre au quotidien. La musique en faisait partie et, ce qui n’est pas évident avec ce médium, c’est que non seulement on ne sait jamais vraiment quand l’oeuvre est finie, mais c’est aussi intangible.»

«Aussi, j’ai beaucoup d’attentes en termes de qualité que je souhaite atteindre, et le fait d’être confrontée à un idéal peut mettre de la pression… ce qui rend ça lourd. Je pense que c’est toujours une bonne chose de vouloir s’améliorer et se perfectionner sans cesse, mais j’ai fait un pacte avec moi-même: que jamais ça n’irait jusqu’à nuire au plaisir que j’ai de créer ou de jouer.»

Et si tu avais à faire un featuring avec un artiste que tu admires, à qui proposerais-tu l’opportunité, et pourquoi?

«Patrick Watson (!) Sinon, ça m’intéresserait beaucoup de créer de la musique pour les arts visuels ou de la poésie, mais je n’ai pas d’artistes en tête en particulier.»

Pour découvrir nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le www.labibleurbaine.com/nos-series/dans-la-peau-de.

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