«Dans la peau de...» Catherine Pogonat | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» Catherine Pogonat

«Dans la peau de…» Catherine Pogonat

«La musique prend tellement de place dans ma vie»

Publié le 12 février 2016 par Éric Dumais

Crédit photo : Courtoisie

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Cette semaine, nous avons interviewé Catherine Pogonat, une vraie de vraie passionnée qui carbure à la musique et qui a réussi à allier ces deux amours dans l'exercice de son métier, à savoir écouter et raconter.

1. Tu es probablement l’une des plus grandes mélomanes du grand Montréal. Quel âge avais-tu lors de ton baptême musical et à quel point la musique a-t-elle influencé ton parcours d’adolescente à jeune adulte?

«La musique prend tellement de place dans ma vie, comme si chaque chose que je vis, même les plus petits détails, avaient leur trame sonore. C’est bizarre, je ne m’explique pas pourquoi ni comment elle s’est infiltrée dans chaque sphère de ma vie. Mais d’aussi loin que je me souvienne, la musique est partout, chaque souvenir est accompagné d’une chanson. Ma mère en écoutait peu, mais moi je réclamais déjà les disques de The Police ou Michael Jackson pour les écouter en boucle. Je pense que j’avais cinq ans quand j’ai réalisé que l’activité que je préférais du haut de ma mini vie c’était écouter de la musique. Et parler. J’ai réussi à allier ces deux amours dans mon métier. J’écoute et je raconte.»

2. Avec tes collaborations à Ste-Catherine, Bande à part, Mange ta ville, Pogopop et C’est juste du web, entre autres, tu répands ta passion pour la culture musicale autant à la radio qu’à la télévision que sur le web. Quel médium te fait le plus triper et pourquoi?

«Chaque médium est hyper différent, ce sont des plaisirs qui se comparent à peine! La radio est mon premier coup de foudre, c’est le terrain de jeu que j’ai d’abord choisi. Il y a une liberté folle à la radio, tout passe par une voix, des mots, le reste est de l’ordre de l’imaginaire. C’est un contact direct et immédiat avec le public. La télé permet des aventures plus cinématographiques, de jouer avec la photo, de se servir de son corps, son image, son esthétique, du mouvement. Mais c’est un médium plus lourd et un processus beaucoup plus long. Et l’écrit, le web, les blogues, les chroniques papier, c’est complètement autre chose! Pour moi, l’écrit est un plaisir immense… quand c’est fini! Le pendant est plus angoissant, plus tortueux.»

3. Les 15 dernières années qui viennent de passer t’ont permis d’aller à la rencontre de bon nombre d’artistes d’ici et d’ailleurs. Quelles sont les rencontres qui t’ont le plus marquée et pourquoi?

«En première position, Michael Stipe, chanteur de R.E.M., mon idole d’adolescence. L’album Green est le tout premier disque que je me suis acheté avec mon argent à l’âge de 11 ans. Et à 16 ans, quand je rêvais de devenir animatrice un jour, je me suis promis que si j’y arrivais, je devais interviewer Michael Stipe. Ça m’a pris des années de travail (R.E.M. ne venant presque jamais à Montréal et n’accordant presque aucune entrevue), mais je l’ai fait! J’ai rencontré Michael Stipe à New York, au Rock’n’roll Hall of Fame, pour Mange ta ville. Mon cœur battait si fort, je suis passée près de l’explosion! Il y a aussi Beck, Charlotte Gainsbourg, Philippe Katerine, Diane Dufresne, Charles Aznavour et Jean Leloup parmi mes rencontres les plus marquantes.»

4. Toute bonne chose a une fin et on dirait que c’est surtout du côté de la culture que ce proverbe s’applique le plus, hélas! Toi qui as notamment collaboré aux défunts Mange ta ville et Bande à part, comment vois-tu l’avenir pour notre belle culture au Québec?

«La culture francophone d’Amérique se porte bien, elle est très vivante et évolue rapidement! Les moyens de diffusion étant plus accessibles, il y a beaucoup plus d’artistes franco qui arrivent à percer. C’est une roue qui tourne, plus il y a d’albums lancés, plus ça inspire d’autres artistes, ça place la barre plus haute, donc l’offre est abondante et de qualité. Ce qui est en profonde transformation, ce sont les façons de couvrir la scène culturelle. Les magazines culturels traditionnels radio ou télé n’existent presque plus; la diffusion des arts passe plus par le web, mais on est encore dans un entre-deux, en transition.»

5. Toi qui as le nez dans la musique au quotidien, quelles seraient tes recommandations musicales francophones comme anglophones de 2016 pour nos lecteurs?

  • Nekfeu – Feu (c’est mon dada du moment, je ne me lasse pas de ce rappeur de l’Hexagone)
  • Laurence Nerbonne – XO (premier disque à venir, tellement Pogopop!)
  • Bengale (groupe de Bordeaux que j’aime beaucoup)
  • Radiohead (of course)
  • The XX (le retour)
  • Animal Collective (je les attends toujours avec impatience!)
  • Navii (jeune blanc-bec français dont j’ai très hâte d’entendre le premier album)
  • P’aris (j’adore l’univers de ce groupe, qui rappelle CHVRCHES)

 

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L'événement en photos

Par Courtoisie

  • «Dans la peau de…» Catherine Pogonat
    Michael Stipe et moi, Waldorf Astoria, à New York, pour «Mange ta ville»
  • «Dans la peau de…» Catherine Pogonat
    Entrevue avec Charlotte Gainsbourg dans les studios de Radio-Canada pour l'émission «Bande à part» sur les créateurs
  • «Dans la peau de…» Catherine Pogonat
    Dans les coulisses du Théâtre St-Denis avec Beck pour «Mange ta ville»
  • «Dans la peau de…» Catherine Pogonat
    En compagnie de Jean Leloup aux studios Zèbre blanc pour Clin d'oeil
  • «Dans la peau de…» Catherine Pogonat
    Portrait: Catherine Pogonat

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