«Dans la peau de...» l'animatrice et auteure Melissa Maya Falkenberg | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» l’animatrice et auteure Melissa Maya Falkenberg

«Dans la peau de…» l’animatrice et auteure Melissa Maya Falkenberg

L'authenticité du folk-country

Publié le 8 juin 2018 par Michelle Paquet

Crédit photo : Marï Photographe

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d'en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d'être dans sa peau, l'espace d'un instant. Cette semaine, nous avons interviewé l'animatrice, auteure et fondatrice du studio d'enregistrement Studio Home Sweet Home, Melissa Maya Falkenberg.

1. En plus d’être une grande mélomane, on peut te lire un peu partout, notamment chez Châtelaine, URBANIA, Dinette Magazine (ou encore dans tes livres!), et voir tes photos sur Instagram. Peux-tu nous raconter un peu comment t’as commencé dans le milieu?

«Mon premier job d’écriture payé, c’est le Nightlife Magazine qui me l’a donné. La version papier… Tu te souviens, ou tu es trop jeune?! (NDLR: Malheureusement, c’était avant mon époque!) J’occupais le poste de chef Culture urbaine, une super école qui m’a appris à devoir résumer des idées de manière efficace et ludique, et aussi à développer ma signature, parce que c’est une publication qui tenait à ce que chaque collaborateur ait sa couleur.»

«C’est aussi là que j’appris le métier d’édition (éditer les textes des autres), ce qui veut dire devoir respecter autant l’idée globale d’un employeur que celle du chroniqueur qui, parfois, tient à chacun des mots qu’il a choisis…»

«La radio et la télé sont toujours là de manière parallèle. Pour moi, tout ça est un tout, c’est juste le médium qui change. Je me souviens, on me demandait parfois comment je faisais pour payer mes affaires, parce que Vox Montréal avait auparavant longtemps été une télé communautaire… Au contraire, on me payait bien pour parler de culture (yippee!) et, en plus, j’avais la plus belle liberté du monde. Beaux souvenirs!»

Crédit: Lucas Rupnik

2. On ne pourrait te parler ici sans mentionner la série Folk toi, Folk moi, qui porte sur les différentes facettes de la musique country, que tu as animée il y a quelques années. Qu’est-ce qui t’a le plus marqué de cette aventure?

«Folk toi folk moi, qui a d’abord été une émission de radio, puis une série web, puis transformée en émission de télé, a effectivement été une grande partie de ma vie. On pourrait même dire que Québec Western (le livre et le magazine culturel à Télé-Québec) en a été la suite en quelque sorte.»

«Alors, voici ce que j’ai appris: chaque chose qu’on fait finit par porter fruit et mène à une autre chose. C’est le feeling que j’avais quand je travaillais, mais disons que ça ne peut maintenant pas être plus concret. Oui, des milliers d’heures d’écoute de chansons, de préparation d’émissions, des road trips musicaux payés de mes poches… Mais tout ça me sert encore aujourd’hui et je n’ai aucun regret.»

«Le plus marquant pour moi, bien au-delà des prix et de la reconnaissance médiatique, c’est l’authenticité qui caractérise l’univers folk-country. Ça va m’inspirer toute ma vie et dans toutes les sphères de la vie.»

3. Dans le cadre de ton travail, tu es menée à faire plein de rencontres. Est-ce qu’il y en a une qui te laisse un souvenir particulièrement impérissable? Et, bien sûr, dis-nous pourquoi.

«J’ai fait des centaines d’entrevues et, pour vrai, même si ça va sonner quétaine mon affaire, chaque personne rencontrée m’a appris quelque chose, m’a laissé un petit souvenir sans le savoir. Mais si je dois absolument choisir, j’irais avec le roi du surf Dick Dale, rencontré brièvement à Las Vegas quand j’y étais pour Folk toi, et Lou Doillon, qui, après une heure d’entrevue, m’avait laissée la photographier sans même se regarder une seconde dans le miroir avant.»

«Des personnes humbles, vraies, pas artificielles pour deux cennes, et qui ne l’ont pas toujours facile malgré leur notoriété. En gros, j’aime les personnes sensibles capables de parler de leur vulnérabilité et qui, sans spotlight, restent passionnées.»

«Au Québec, c’est l’auteur-compositeur Louis-Philippe Gingras qui me touche particulièrement.»

4. Tu as été chroniqueuse invitée chez Châtelaine à la fin de l’année dernière et tes chroniques avaient un ton très personnel. Est-ce que cette expérience t’a donné envie de partager des réflexions du genre plus souvent?

«Oh! Bonne question. Non, je pense plutôt que c’est la maternité qui a provoqué ça. Surtout pour le deuxième enfant, alors que je commençais à prendre davantage conscience des défis et des inégalités que vivent les femmes en général. C’était aussi en pleine tempête médiatique et collective du #MeToo, du brassage d’idées au sujet de la charge mentale de la femme, etc.»

«Les expériences personnelles de chacun/chacune, qu’elles soient racontées dans les médias ou simplement entre ami(e)s, permettent de rendre certaines choses plus concrètes et contribuent à l’avancement, je trouve.»

Crédit: Sara Maude Photographie

5. Si on te donnait carte blanche pour réaliser une autre série ou un projet du même genre, qu’est-ce que tu aurais envie d’explorer?

«Hmmm…. Mayoche, ferme-toi la boîte! J’ai plusieurs idées très précises, et je suis en train de les développer avec des producteurs. ;)»

«Par contre, je peux dire qu’on devrait voir plus de femmes parler de musique à la télé (allo, hihihi) et que c’est aussi l’fun de se faire surprendre par des projets qui ne sont pas les nôtres. Cet automne, je ferai partie d’une nouvelle production à laquelle, disons ça comme ça, je ne m’attendais pas du tout…» (NDLR: la nouvelle série docu-réalité «Mères à boutte» chez Canal Vie).

«Sinon… Carte blanche, tu disais? Bob Dylan et moi dans un shack, il me chante des chansons toute la journée, et au magic hour on va faire un tour de moto. C’est juste ça le concept, c’tu correct? ;)»

Pour consulter nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le www.labibleurbaine.com/Dans+la+peau+de…

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