«Dans la peau de...» Marc Papillon, multi-instrumentiste et fin créateur | Bible urbaine

Musique_Entrevues

«Dans la peau de…» Marc Papillon, multi-instrumentiste et fin créateur

«Dans la peau de…» Marc Papillon, multi-instrumentiste et fin créateur

L'envie de faire la musique qui lui vient naturellement

Publié le 8 mai 2020 par Éric Dumais

Crédit photo : LePetitRusse (Marc-Étienne Mongrain)

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Cette semaine, nous avons interviewé Marc Papillon, l'ex-moitié d'Eli et Papillon, qui vole maintenant de ses propres ailes avec un projet solo de musique instrumentale qui offre déjà de belles promesses.

Marc, c’est toi qui incarnais la moitié Papillon dans Éli et Papillon, le duo indie-pop que tu as co-fondé avec ton amie Élise Larouche, aujourd’hui connue comme Eli Rose! En plus d’être musicien et compositeur à tes heures, tu es également multi-instrumentiste et arrangeur. À quand ça remonte ce désir de faire de la musique?

«Oui! Nous avons sorti deux albums d’Eli et Papillon entre 2012 et 2015. Je crois que j’ai toujours voulu faire de la musique. Je me rappelle qu’à ma fête de cinq ans, j’étais dans la voiture avec mes parents et on se rendait au chalet. J’entendais de la musique classique à la radio, et c’est ce qui m’a donné l’envie de demander un violon pour ma fête. J’ai commencé le piano à cinq ans aussi, car chez nous, tout le monde joue du piano, sauf mon père. Ma mère joue du piano et de la guitare. J’ai quatre sœurs. Trois grandes sœurs et une petite. J’ai donc été plongé dans un univers musical à la maison. Nous avons quatre pianos dans la maison familiale. Parfois, dans les fêtes de famille, avec les enfants de mes sœurs, on fait des improvisations à deux pianos.»

Puis, vers mes quatorze ans, j’ai eu envie de jouer de la guitare. J’étais un peu tanné de faire de la musique classique et de toujours devoir exécuter ce qui était écrit. J’ai donc commencé à apprendre la guitare par moi-même avec celle de ma mère et à m’amuser à jouer toutes sortes de riffs de Metallica, Rage Against the Machine, Stone Temple Pilots, Green Day, Nirvana, Blink-182, et j’en passe. J’ai développé un intérêt pour la composition. En fait, c’est venu naturellement! Mon père avait acheté un synthétiseur, on avait ça au chalet. Je pouvais passer des heures à jouer avec les sons. On dirait que chaque son m’inspirait une mélodie ou un style de composition. Lorsque j’ai eu ma première machine multipistes vers l’âge de quinze ans, un Zoom 10 Tracks, j’ai vraiment eu du plaisir à enregistrer toutes sortes de choses!»

«Quelques années plus tard, je suis allé au Cégep Saint-Laurent en guitare jazz, composition et arrangement. J’avais mon band Myxomatosis, on faisait du rock progressif. Ça rockait en masse, avec des influences venant de Tool, d’Incubus, de Dream Theater et de System of a Down… Voilà le Bandcamp pour les curieux

«J’ai aussi fait un baccalauréat à l’Université de Montréal en Interprétation jazz en guitare.»

Photo: LePetitRusse (Marc-Étienne Mongrain)

Mine de rien, Éli et toi vous semblez avoir vécu de belles années ensemble jusqu’à la dissolution de votre projet en 2017! Peux-tu nous confier pour quelle raison vous avez décidé de mettre fin à votre projet et fait le souhait d’emprunter des chemins différents?

«En effet, on a eu de belles années et je suis fier de ce qu’on a fait ensemble. J’ai d’ailleurs réécouté dernièrement quelques chansons du premier album d’Eli et Papillon, qui est mon favori. Je trouve qu’il me ressemble plus; il est plus organique et plus dans l’émotion. Le deuxième album est plus électro-pop, un peu plus radiophonique. Nous avons essayé de composer quelques chansons pour un troisième album, mais c’est là que nous avons constaté que nous n’avions plus les mêmes goûts musicaux.»

«Eli voulait aller de plus en plus vers la pop et l’électro, elle ne voulait plus de piano dans les chansons, de la musique presque toute faite à l’ordinateur. S’il n’y a plus de côté organique ou de vrais instruments, où est le Papillon dans tout ça? C’est là que nous avons pris des chemins différents. Nous avons aussi été un couple, nous nous sommes séparés à la sortie du premier album, on a quand même fait un deuxième album après la rupture et nous sommes maintenant de bons amis. On avait simplement envie de faire autre chose et de faire tous les deux nos projets solo. J’ai toujours voulu faire mon album de musique instrumentale et maintenant, je suis plongé là-dedans. Je prends le temps. Ça avance très bien, et je suis très heureux de pouvoir faire ça, ça me fait du bien. Je fais la musique que j’ai envie de faire, ce qui sort naturellement, avec aucune restriction de style ou de côté radiophonique.»

En novembre dernier, tu dévoilais «Valse d’un papillon», un morceau à saveur néo-classique qu’on a adoré d’ailleurs, et qui présente un pan de ton nouvel envol musical. Peux-tu nous parler de cette nouvelle direction artistique et des inspirations qui t’ont mené à composer cette pièce?

«J’ai commencé à écouter Chilly Gonzales en 2010 environ, et j’ai vraiment aimé ça. Je me suis dit que c’était possible de se lancer en musique instrumentale, même si les radios ne diffusent pas beaucoup de ce genre. Il y a un auditoire pour cette musique-là. J’ai aimé aussi ce que Jean-Michel Blais a fait et Alexandra Stréliski. J’adore le côté électro de Bonobo, j’ai écouté plusieurs fois ses albums. J’adore aussi Ólafur Arnalds et Nils Frahm. J’ai découvert toutes sortes de musiques électroniques et instrumentales, avec Spotify. Je trouve ça bien qu’ils suggèrent d’autres artistes dans le même genre. L’application est super pour découvrir de la nouvelle musique. Par contre, il y a encore du chemin à faire pour la rémunération des artistes, qui est plus que ridicule.»

«J’aime beaucoup Kiasmos, Janus Rasmussen, Christian Löffler, Rival Consoles, Jon Hopkins, Johann Johannsson, Max Richter, Tycho, Peter Broderick, Dardust, Hans Zimmer, et j’en passe. Tout ça pour dire que je me dirige vers un album instrumental où je vais mélanger plusieurs styles de musiques classique, pop, électro et orchestrale. Je crois que ce qui va me démarquer des autres, c’est le fait que je joue de plusieurs instruments. Les styles seront variés sur l’album. Il y aura un côté rythmique et énergique qui apportera un vent de fraîcheur dans le monde de la musique instrumentale. Je m’amuse à faire du sampling, des sons et des beats avec toutes sortes d’objets ou de sons de mon quotidien. Parfois, ça sera juste du piano, plus calme et planant, comme la Valse d’un papillon

Au début de l’année, tu as eu l’occasion d’assurer la première partie d’Eli Rose, justement!, pour un premier concert en formule solo instrumentale, et ce, juste avant que le ciel nous tombe sur la tête… Ça a bien été? Et comment ça va la vie en confinement?

«Oui, on a joué à l’Église de Lavaltrie! C’était une belle soirée, ça s’est très bien passé. J’étais content de casser la glace. Drôle de hasard, c’était le premier show officiel de la tournée d’Eli Rose, et c’était aussi le premier show solo de mon projet! Je la remercie d’ailleurs de m’avoir invité. J’étais seul sur scène avec mon ordi pour les séquences, mon clavier, mon violon et ma guitare. J’ai hâte de pouvoir en faire d’autres. Pour l’instant, je travaille sur mes enregistrements dans mon studio maison pour avancer l’album. C’est moi qui fait tout, je compose et je réalise. Mon bon ami Patrick Goyette s’occupe du mix et m’aide avec tout ça, il est bon. C’est bien d’avoir une oreille extérieure. Il y a aussi Richard Addison qui s’occupe du mastering

«La vie en confinement va bien, pour l’instant je vois cela comme une opportunité de pouvoir replonger dans la création et de pouvoir avancer mon projet. Ça m’occupe et je suis motivé. C’est un projet qui me prend du temps à monter étant donné que je suis seul à tout faire. Avant le confinement, j’étais occupé avec d’autres contrats comme musicien pigiste, donc je ne pouvais pas y consacrer autant de temps que je voulais. Ça avance tranquillement et je prends le temps. Mais là, j’ai enfin le temps!»

Si on te donnait les moyens nécessaires pour réaliser ton rêve ultime où tout, tout, tout est permis… Ça t’inspire quoi? Laisse-toi aller!

«Wow, OK. Premièrement, j’aimerais avoir une équipe et une compagnie de disque qui pourrait m’aider avec mon projet. En ce moment, j’ai lancé deux extraits, je suis mon propre label et j’ai distribution Select qui s’occupe de la distribution. Ce n’est vraiment pas évident de tout faire tout seul et de s’occuper de la promo. Ce n’est pas ma profession! Je souhaite seulement trouver les bonnes personnes qui vont croire en mon projet et qui seront intéressées d’embarquer dans mon aventure. On verra bien! C’est lancé dans l’univers.»

«Sinon, eh bien, mon rêve ultime est de pouvoir vivre de ma propre musique. Étant donné que je fais de la musique instrumentale, il n’y a pas de restriction de langue et il y a un potentiel à l’international. J’aimerais voyager et jouer un peu partout dans le monde. J’aimerais aussi avoir une maison dans une place inspirante en nature sur le bord d’un lac, où je pourrais avoir mon studio et composer. Je souhaite avoir un pied en ville aussi. À part ça, je souhaite simplement la santé, l’amour, et de continuer d’être heureux, d’être en vie, et d’en profiter!»

Pour l’occasion, Marc Papillon a accepté le défi de composer une improvisation juste pour nous! Découvrez la pièce «Hope (piano impro)», qu’il a enregistrée en direct de son chalet. Pour découvrir nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le www.labibleurbaine.com/nos-series/dans-la-peau-de.

Nos recommandations :

Vos commentaires

Revenir au début