«Dans la peau de...» Mehdi Cayenne Club | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» Mehdi Cayenne Club

«Dans la peau de…» Mehdi Cayenne Club

«Comme le disait Cohen, le succès c'est de survivre!»

Publié le 14 août 2015 par Éric Dumais

Crédit photo : FLYNN

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste, qu’il soit chanteur ou musicien, écrivain ou humoriste, afin d’en connaître un peu plus sur lui et de permettre à ses admirateurs de se glisser dans sa peau, en 5 étapes faciles. Cette semaine, nous avons interviewé Mehdi Hamdad, qui a composé un poème à Dumas, avec lequel il offre une série de spectacles présentement.

1- À quel moment as-tu ressenti le besoin de t’exprimer par diverses formes d’arts et de quelle façon est né Mehdi Cayenne Club?

«D’aussi loin que je me souvienne, j’ai écrit mon premier poème à 6 ans. Quelque chose sur l’hiver 54, un hiver en France, où il avait fait si froid que beaucoup sont morts en dormant dans les rues… Je sais, quel sujet mignon!

J’ai toujours été attiré par le fait de dire mes poèmes et jouer mes tounes. J’ai toujours été autodidacte – dès que j’ai commencé à apprendre à jouer de la musique (sur un Casio CT-670, low-budget beubé!), je me suis mis à écrire des chansons. Je pense que c’est ma manière de donner du sens à ce qui m’arrive et à ce qui m’entoure. C’est comme un feu dans mon plexus solaire, je ne sais pas pourquoi il le faut, mais ça a toujours été un appel total et irrésistible.

Pourquoi Cayenne Club? À l’époque, je lisais «Papillon», l’histoire vraie d’un gars, accusé à tort, qui s’évade de prison, notamment celle de Cayenne, en Guyane. Pour moi, le Cayenne Club, c’est un club inclusif d’évadés de prison – une prison qui se trouve dans nos têtes! Plus tard, j’ai appris que la racine du mot Cayenne (en latin, yo) signifie maison ou demeure. Ah ben cibole! Aussi, c’est un terme marin qui désigne l’endroit où les marins vont en attendant une destination.

Le Cayenne Club, c’est mon vaisseau d’or, ouvert à tous et toutes.»

2- On peut déjà écouter le single «Je te vois» sur ta page Bandcamp, qui figurera sur ton nouvel album disponible à l’automne. Peux-tu nous expliquer le sens des paroles?

«C’est toujours boiteux d’expliquer ses paroles de chansons! Si j’avais des choses à dire dessus, je l’aurais dit dans la toune… C’est le genre de réponse qui n’existe que parce que la question est posée… Ha! J’veux dire, clairement, mes chansons ont un sens pour moi, elles sont le fruit le plus direct de mon âme! Mais généralement, je tisse mon histoire avec des images, avec un focus impressionniste plutôt qu’une trame narrative classique, un «message» ou même un «sens».

Mais un gars s’essaie: c’est une chanson d’amour insolite, un mélange entre le sacré et le profane. C’est un peu à l’image du nouvel album d’ailleurs: entre le rêve et le quotidien… C’est le premier chapitre de l’histoire – et tout le reste de l’album contribue à la narration. C’est un peu triste, un peu joyeux, un peu victorieux, et un peu loser… Très immédiat et avenant, mais aussi très intime et introspectif. J’aime mélanger les extrêmes – pas par anticonformisme, mais plutôt parce que la vie me semble faite ainsi.

Mais surtout, j’espère que tu feras ta propre idée, yo!»

3- Y a-t-il une chanson du répertoire francophone québécois que tu rêverais de refaire à la sauce Mehdi Cayenne Club?

«Wow! Ça me rend indécis ça! (voir photo ci-jointe: Mehdi est indécis quelque part à Sept-Îles). La sauce Mehdi Cayenne Club… Sauce brune, hahaha! Ah oui, alors, on pourrait faire «Brun» de Bernard Adamus!!! Avec un costume de concierge ou de chauffeur de taxi, en funk sale avec de la derbouka en 6/8 en train de passer la moppe: Brrrrrruuuuun, la couleur de l’amouuuuur!»

 

4- Si tu n’avais pas poussé la curiosité à faire de la musique une carrière digne de ce nom, quel emploi aurais-tu occupé autrement?

«Sûrement astronaute DIY. Dentiste amateur? Sûrement pas comptable! Eh shit… Ben en fait la seule vraie job que j’ai eue, à part faire gling-gling bla bla bla, c’était être animateur pour personnes dites «en déficience intellectuelle». Honnêtement, ça m’a appris à être humain, yo! Tsé, le verbal c’est 10 % de la communication, hein?

Apprendre à écouter par sa présence, à être ouvert à l’autre… C’est une chose d’accorder une guitare, mais c’en est une autre d’accorder son cœur. Chauffeur de taxi, pour les histoires du monde… Négociateur… Aussi, mon prénom en arabe signifie «homme guidé» ou «celui qui montre le chemin». Ça désigne aussi le Bien guidé, le Sauveur devant apparaître à la Fin des Temps. Pas de pression, hein?»

5- Ton agenda de concerts est drôlement chargé au mois d’août! Peux-tu nous expliquer, dans ta prose colorée et éclatée à quel point ça te fait plaisir de jouer aux côtés de Dumas pour nos lecteurs?

Gros trip avec Steve Dumas! Comme disait Cohen, le succès c’est de survivre!

15 ans sur la route et toujours l’oeil allumé, et le sourire aux lèvres. Ça ne fait que commencer. Je viens de le voir sortir faire son jogging. Il s’habille mieux que moi, mais je vais le rattraper. C’est le genre de gars qui te propose sa guitare et son ampli, qui t’recommande des endroits où manger. Plein de bons conseils et d’anecdotes croustillantes, toujours à son affaire et vraiment très humble. Un petit côté coach de hockey plein de bienveillance. Un ostie de showman, le genre qui donne envie de prendre des notes (ou au moins un solo de guitare). Tripeux de gear aussi – attention ça jase pédales içi. Mais aussi il a une sensibilité à fleur de peau qui me rejoint, le cerveau fébrile, l’oeil acéré. Un digne porteur du funk.

Je suis honoré de participer au party. Gros shoutout aussi au reste de la gang, Pascal aux drums, Charles à la basse et Christian au son. Super belle gang.

Suivez l’actualité de Mehdi Cayenne Club sur sa page Facebook et sa page Bandcamp.

 

Pour consulter nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», suivez le www.labibleurbaine.com/Dans+la+peau+de…

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