Entrevue avec la violoncelliste québécoise Jorane | Bible urbaine

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Entrevue avec la violoncelliste québécoise Jorane

Entrevue avec la violoncelliste québécoise Jorane

«35 mm», un album explosif à venir en 2016

Publié le 7 septembre 2015 par Yannick Déry

Crédit photo : Yannick Déry

Jorane est l’une de ces artistes inclassables, à l’univers explosif et des plus colorés. Elle roule sa bosse depuis plus de 15 ans, et compte plus de 15 albums à son actif. À l’aube de ses 40 ans – qu’elle célèbrera en octobre – Bible urbaine s’est entretenu avec l’artiste à l’occasion de la Fête de la Musique de Tremblant, où elle donnait un spectacle en après-midi.

Jorane, votre spectacle s’appelle En noir et blanc, mais ce que vous nous avez présenté était différent de votre spectacle au Savoy du Métropolis dans le cadre du Festival de jazz. Comment avez-vous préparé ce spectacle?

«Le festival s’appelle tout simplement la Fête de la Musique. Pour moi, ça me fait du bien. Ça ramène à l’essentiel, juste de la musique. On peut jouer ce qu’on veut, ce qu’on a envie d’être. Angèle Dubeau m’a demandé ce qu’allait être le titre de mon spectacle, mais je ne le savais pas. Moi, je suis toujours en mouvement, c’est toujours en changement. Je ne suis pas en tournée, ce n’est pas un spectacle fixe. Je lui ai dit: «Je vais faire le jazz, et après je vais savoir ce que je vais aller présenter». Au jazz, j’avais En noir et blanc et En couleur. Je lui ai dit qu’on allait y aller pour En noir et blanc, mais qu’au pire, ce serait En couleur. Finalement, c’était quand même assez coloré!»

Une belle carte blanche…

«Une belle carte blanche, oui! C’est certain qu’Angèle savait que je suis quelqu’un de perfectionniste et qui prépare bien ses affaires. Cette confiance-là, elle m’a fait du bien. Alors d’emblée, j’ai dit oui, sans savoir ce qui allait se passer.»

«Angèle m’a dit aussi: «Ça serait le fun que tu fasses des trucs du passé». C’est pour ça que j’ai apporté ma harpe, et que j’ai commencé avec «Pour ton sourire». Ça fait tellement longtemps que j’ai joué cette pièce-là! On me la demande souvent, il y a beaucoup de personnes qui l’aiment.»

Des trucs du passé, mais plusieurs nouveautés aussi?

«C’est principalement des nouveautés. C’est plus dans l’extrême, le contraire de Mélopée (son plus récent album, paru en 2014), qui était un album très méditatif, pour l’introspection. Là, c’est l’explosion!»

Le nouvel album est toujours prévu pour 2016?

«Oui, j’espère pour 2016. Ça reste à voir. Pour moi, c’est la suite de mon album 16 mm

15 ans plus tard…

«Oui! 15 ans déjà! Il est sorti en 2000. Ça serait probablement 35 mm, un album sans paroles, avec des couleurs expérimentales, mais vraiment plus dans l’explosion. Tout est dans les nuances… il faut accepter les nuances. C’est du Jorane non dilué, dans le fond. Des fois, c’est très doux, et des fois, c’est très fort, et ça passe de ça à ça dans la même chanson, pis c’est pas grave!»

En 15 ans, il y a eu une quinzaine d’albums, dont ceux composés pour les films Louis Cyr: L’homme le plus fort du monde et La guerre des tuques 3D. Il y a aussi eu la composition de musique pour le théâtre, avec Le journal d’Anne Frank et Albertine, en cinq temps. Comment se sent-on lorsqu’on revient à un album personnel?

«C’est tellement le fun. C’est tellement le fun! Ça déboule les demandes de musique à l’image ou pour le théâtre… Comme là, même hier, je suis allée faire des retouches pour Albertine, en cinq temps, puisque ça part en tournée en France, et après, j’avais une répétition pour mes nouvelles choses. Et ça, c’est grâce au fait que la prochaine production sur laquelle je vais travailler est en retard, donc je peux travailler sur mes affaires. Je suis vraiment dans une très très belle période.»

Est-ce que vous travaillez différemment lorsque vient le temps de composer pour votre propre album plutôt que pour d’autres?

«Oui, oui. Mais, que ce soit pour la musique à l’écran, même si je sais qu’éventuellement ça ne sera pas au violoncelle, je compose beaucoup avec le violoncelle, et après, je transpose sur les autres instruments. Ça me fait plaisir que les réalisateurs et les producteurs sachent maintenant que je peux composer autre chose que des pièces voix et violoncelle. Pour Louis Cyr, on se demandait «Pourquoi Jorane? ». Mais là, on ne m’a pas demandé de jouer le rôle! C’est pour la musique, et ça marche! Je l’ai cette drive-là. Jouer le rôle, ça j’aurais peut-être pas réussi!»

«À la base, je suis compositrice. La scène et tout ça, c’est un cadeau du ciel, c’est une façon extraordinaire que j’ai de montrer les couleurs que j’ai envie d’explorer avec la musique. Mais à la base, j’ai besoin de composer. Aller sur la scène, ça me donne un élan, une énergie. J’aime ça!»

«Mais je pense qu’à la base, la raison pour laquelle je suis allée étudier en musique, c’était pour composer.»

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