Entrevue avec Woodkid | Bible urbaine

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Entrevue avec Woodkid

Entrevue avec Woodkid

L’âge d’or d’un jeune prodige

Publié le 1 juillet 2013 par Éric Dumais

Crédit photo : Mathieu Cesar

L’ex-Lyonnais et nouvellement New-Yorkais Yoann Lemoine, que l’on surnomme Woodkid, sera de passage ce soir au Métropolis dans le cadre du Festival international de Jazz de Montréal. Depuis sa prestation au Festival Musique et Arts Osheaga 2012, Woodkid a non seulement joui d’une renommée internationale, mais il a également réussi à provoquer un buzz autour de la démarche artistique de ses clips et de son premier album, The Golden Age.

«J’aime bien les artistes qui sont des artisans, qui sont capables de maîtriser leur art techniquement de manière aboutie. L’amour du travail bien fait, le fait d’arriver à fabriquer quelque chose avec ses mains, c’est exactement ce que j’essaie de faire avec mon travail. J’ai toujours eu cette approche passionnelle face à l’art technique, cet art abouti qui nous laisse entrevoir une dimension inaccessible», nous a confié Woodkid au sujet de sa démarche artistique. Ce jeune trentenaire bien articulé, qui a déjà dix ans d’expérience dans la réalisation de clips, n’a jamais fait les choses à moitié et c’est justement cette assiduité au travail qui lui a permis de créer, à l’aide de ses amis The Shoes et de l’opéra de Paris entre autres, une musique orchestrale et cinématographique qui allait devenir complémentaire à son amour pour le cinéma et ses nombreuses influences, allant de Wes Anderson à Alain Resnais et Andreï Tarkovski.

C’est justement cette passion pour le septième art qui a poussé Woodkid à retourner sur les bancs d’école à New York pour travailler en parallèle sur un projet de long-métrage, idée qu’il caresse depuis un moment déjà. «J’ai signé avec un agent et j’ai déjà commencé à travailler sur mon projet, mais pour l’instant je dois défendre Woodkid, c’est cela ma priorité.» Si Yoann Lemoine n’a pas du tout l’envie de faire un film à l’américaine avec un budget irraisonnable, cela ne l’empêche pas pour autant de faire confiance à ses envies et de réaliser un film français à son image, avec un budget modeste et sa dose de challenges. C’est la raison pour laquelle Woodkid n’a pas trouvé le temps ni le moment de composer de nouvelles maquettes. «Pour dire la vérité, j’ai envie de faire vivre mon album, de le développer sur scène, mais je n’ai pas du tout le goût de retourner en studio pour l’instant. J’ai trop de respect pour la création artistique pour la transformer en objet de marketing».

Œil artistique surdéveloppé, Woodkid a réalisé une véritable œuvre d’art avec The Golden Age. De la création de la couverture de son album à la réalisation de ses clips pour «Iron», «I Love You» et «Run Boy Run», tout a été réfléchi longuement. «Sur l’artwork, le photographe Daniel Sannwald et l’artiste Nasir Mazhar m’ont aidé à rendre mon visage comme une statue classique de marbre. On souhaitait représenter graphiquement cette espèce de paradoxe entre passé et futur, un thème récurrent sur l’album qui représente en réalité la construction de l’identité. L’idée était de représenter l’endurcissement d’un être mutant et futuriste dont le profil est tourné vers la gauche, vers son passé.» Véritable artiste dans l’âme, Woodkid n’a pas fini de nous épater, et son prochain clip, qui demeure toujours un secret d’État, sera en quelque sorte le point final à cette trilogie de l’enfance et de l’endurcissement de l’identité développé avec les clips de «Iron» et «Run Boy Run».

De passage ce soir au Métropolis de Montréal avec le groupe invité Mozart’s Sister, Woodkid nous promet une soirée aussi haute en couleur que celle offerte au Grand Rex de Paris, avec un total de huit musiciens sur scène. Des projections accompagneront sa prestation sur écrans géants et l’album sera interprété dans son intégralité, avec des morceaux allongés et quelques petites surprises au menu. Woodkid, c’est une expérience auditive et visuelle à voir au moins une fois dans sa vie.

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