Entrevue avec Xavier Caféïne | Bible urbaine

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Entrevue avec Xavier Caféïne

Entrevue avec Xavier Caféïne

Pour la sortie de son nouvel album «New Love»

Publié le 7 mai 2013 par Isabelle Lareau

Crédit photo : Indica Records

Selon Balzac, l’amour n’est pas seulement un sentiment, il est un art aussi. Peut-être bien. Pour ce qui est de la douleur associée à la perte de cet amour, elle est définitivement une force créatrice.  

Le lancement de New Love a eu lieu le mardi 23 avril et Xavier Caféïne se sent soulagé et délivré maintenant que l’album est sorti. Sur la pochette, on remarque que le nom est Caféïne plutôt que Xavier Caféïne et ce n’est pas par hasard. Il y a le fait que c’est bien plus simple à prononcer en anglais et parce que c’est beaucoup plus facile à retenir. «Moi-même, je ne me souviens pas nécessairement des noms de groupes que j’écoute», admet le chanteur.

De plus, il s’agit d’un effort marqué de se réapproprier le nom de Caféïne, car les gens l’associent au groupe qu’il avait au début de sa carrière (à l’époque de Mal éduqué mon amour et Pornstar), alors qu’il a été le seul membre permanent, les autres musiciens n’ayant été que de passage. C’était son projet.

La dévastation causée par une rupture amoureuse a été la pierre angulaire de son plus récent album et c’était inévitable. Puisqu’il compose la musique avant les mots et que c’est au moment de l’enregistrement qu’il invente les paroles, elles sont toujours intimement liées aux émotions vécues à cette époque. Et cette période a été sombre puisqu’elle n’a pas uniquement représenté la dissolution de son couple, mais aussi des ruptures en amitié et un changement de gérant. Mais cet exutoire s’est transformé en cours de route: «C’était inévitable de parler de rupture amoureuse, mais c’est aussi devenu un défi, car je ne veux pas non plus que ce soit quétaine.»

Si exprimer le désespoir amoureux était une nécessité à un moment précis de son histoire personnelle, c’est instinctivement qu’il s’est dirigé vers le new wave, une passion de longue date. Par exemple, pour la chanson «New Love», il a décidé d’utiliser un synthétiseur plutôt que la guitare. Il aime le son des claviers et, bien qu’il leur reconnaisse un aspect synthétique, jamais il ne sous-estime cet instrument.

En vieillissant, il s’accorde le droit d’incorporer le new wave au rock, mélange qu’il affectionne particulièrement et qui le représente qui il est. À 37 ans, il assume pleinement ses influences: The Cure et Joy Division.

Pourquoi est-ce que ces groupes sont aussi importants maintenant qu’il y a vingt ou trente ans? «Parce que c’est bon. Peut-être que l’on n’a pas encore exploré toutes les possibilités avec ce genre. On a fait le tour des styles blues et rock classique… Le new wave a été un mouvement underground pendant très longtemps, ce n’est que récemment qu’il est devenu populaire… Il nous reste encore des choses à découvrir.»

Lorsqu’on lui demande de nous expliquer son évolution musicale, du son garage à une tonalité plus électro, il précise sa vision: «Je ne dirais pas que le son était garage. En ce qui concerne Gisèle, je dirais que c’est hi-fi, tandis que pour Bushido, c’est plutôt low-fi. Et New Love est plus new wave que électro…» Cependant, il se défend de suivre un chemin tracé d’avance, il ne s’agit aucunement d’une décision préméditée, car Xavier ne fonctionne pas comme ça.

Cependant, les réalisateurs Gus Van Go et Werner F ont eu un rôle prépondérant sur la nouvelle direction de Caféïne. Travailler avec Gus fut un enchantement pour Xavier, une occasion que les deux attendaient depuis dix ans: «Des fois, il y a une raison pour laquelle les choses arrivent à un moment et pas à un autre… Travailler avec lui c’était super, il me comprend et il sait ce que je veux faire… Tout a bien été, pas la moindre complication.»

Puisque que la majorité de la musique qu’il écoute est anglophone, il est plus naturel pour Caféïne de composer les paroles en anglais, d’abord, puis de les adapter en français par la suite. Selon le chanteur, lorsque l’on écrit en anglais, on peut exprimer plus facilement quelque chose de complexe, un sentiment qui a une signification profonde à l’aide de mots simples. Alors qu’en français, il faut décrire avec précision ce que l’on veut dire, sinon on ne parvient pas à bien rendre l’émotion que l’on veut exprimer.

Une des pièces qui se démarque sur le disque est «Lettre d’amour», qui est très poétique. Xavier nous explique qu’il est plus habile en français qu’en anglais, qu’il a une facilité avec les mots. «L’histoire derrière la chanson est simple: c’est le moment où tu décides de passer à autre chose, de ne plus être triste. Quand j’ai réaménagé chez mes parents, je suis tombé sur un livre dans lequel j’avais rangé les premières lettres d’amour que nous nous étions échangées au début de la relation. Tout ce qu’on avait vécu… et maintenant c’est fini et il ne reste plus rien. J’ai décidé de les brûler… Le feu, c’est un symbole, c’est puissant!»

*Vous pouvez lire notre critique de New Love et notre retour sur son spectacle-lancement, qui avait lieu aux Foufounes électriques le 23 avril dernier.

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