Entrevue avec Daniel Boucher en spectacle au Café Campus le 30 novembre 2016 | Bible urbaine

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Entrevue avec Daniel Boucher en spectacle au Café Campus le 30 novembre 2016

Entrevue avec Daniel Boucher en spectacle au Café Campus le 30 novembre 2016

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Publié le 22 novembre 2016 par Charlotte Mercille

Crédit photo : Gracieuseté Karine Cousineau Communications

Plus de cinq ans se sont écoulés depuis le dernier spectacle à Montréal de Daniel Boucher. Le 30 novembre prochain, l’auteur-compositeur-interprète investira le Café Campus dans une nouvelle formule épurée où la musique sera reine.

C’est au chaleureux café Le Placard, situé à deux pas de chez lui, que Daniel Boucher nous a donné rendez-vous. Fidèle à lui-même, l’interprète de la Désise cultive son style sans prétention et son enthousiasme contagieux lorsqu’il jase de musique. Depuis la sortie de son album Toutte est temporaire en 2014, l’artiste est loin d’avoir pris une pause. «C’est une question que je me fais souvent poser et, en même temps, je n’ai pas eu l’impression d’arrêter de travailler». Entre la comédie musicale Les Filles de Caleb, l’émission La vie nous arrive et le bonheur d’être avec son fils, Daniel Boucher n’a jamais vraiment arrêté d’écrire et d’explorer les avenues musicales.

Au fil des concerts qu’il a donnés un peu partout dans la province, l’auteur-compositeur-interprète songeait depuis longtemps à retourner jouer dans sa ville. «Le Café Campus est la salle idéale pour ce que je veux faire; elle n’est ni trop grande ni trop petite. Tu peux faire ce que tu veux dans cette salle. L’esprit mythique et le style COOP dans la façon de gérer rendent l’endroit parfait.» Ceci dit, il suit surtout son instinct: «La salle que je sens, c’est le Café Campus», affirme-t-il.

L’ensemble de la discographie de Daniel Boucher sera revisité à la bonne franquette, en trio rock avec batterie, basse et guitare. «Ce n’est pas un spectacle avec du visuel ou d’autres artifices. C’est axé sur la musique, sur les toutes». Que ce soient les pièces plus récentes de Toutte est temporaire ou les classiques de Dix mille matins, aucune époque de son répertoire ne sera négligée. «La scène n’est pas trop grosse, donc on pourra facilement remplir l’espace avec le son et l’énergie du monde». L’interprète a ainsi bien l’intention de revenir à l’essentiel. «Je veux enlever tout ce qui n’est pas nécessaire à mon message».

Le chansonnier reste mystérieux lorsqu’on lui demande si du matériel inédit sera présenté pour la première fois. «Je ne dis pas oui, mais je ne dis pas non», dit-il, un sourire taquin en coin. «Ce n’est pas impossible, et c’est sûr que j’aimerais vraiment ça». Il faut dire qu’il écrit constamment. «Depuis quelques années, je n’ai pas connu de périodes alternant entre l’écriture et l’enregistrement. On dirait que tout se fait en parallèle dans ma vie présentement.»

De cette création continuelle naîtra un album, l’artiste en est convaincu. «Je veux sortir de nouvelles chansons. J’ai surtout envie de faire du studio», précise-t-il. Toujours aussi amoureux des cordes, Boucher espère également poursuivre ses expérimentations avec l’échantillon, «Il y en a dans presque tous mes albums. J’aime découper de l’audio qui existe déjà et bricoler avec».

Son plus grand défi s’est révélé au moment d’écrire. «Le temps passe et ça devient difficile de rester soi-même, de parler de choses qui te parlent, qui surgissent dans ton cœur, sans te répéter, sans sonner de la même façon qu’il y a vingt ans.» Se renouveler sans dénaturer la nature de son art aussi appelé «son groove intérieur», sera au cœur de son prochain opus, héritier d’une carrière déjà bien riche.

Daniel Boucher est aussi connu pour ses textes engagés. Le plus récent produit de sa réflexion politique s’est matérialisé en 2014 dans «La langue», composée autour d’un monologue d’Yvon Deschamps. Pour cette prestation, il préfère prendre le pouls de la foule. «Ça va dépendre ce qui se passe dans la salle. Quand je le fais, c’est habituellement en réaction aux effusions du public».

Si on doit retenir une seule chose de cette rentrée montréalaise, c’est qu’il peut arriver n’importe quoi. «On ne sait pas ce qui va arriver. Les musiciens et moi allons y aller avec l’énergie de la salle. Ça va être complètement spontané. On s’en va à l’aventure. Le but est de créer quelque chose qui n’existe pas. Sinon, autant aller prendre un verre avec les fans dans la salle en écoutant les albums!», s’exclame-t-il, enjoué.

En quelques mots, Daniel Boucher articule probablement ce que ses fans montréalais pensent tout bas: «J’ai vraiment hâte».

Daniel Boucher se produira le 30 novembre prochain au Café Campus à 20h. Les billets sont en vente à la billetterie de la salle.

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